Douarnenez

Histoire de Douarnenez

Douarnenez se situe dans le département du Finistère, en région Bretagne, et compte environ 14 163 habitants. La commune est ouverte sur la baie qui porte son nom, dans l’ouest de la péninsule armoricaine. Son toponyme, attesté pour la première fois sous la forme Douarnenectz en 1505, proviendrait de l’expression bretonne Douar an enez, qui signifie « la terre de l’île », en référence à l’île Tristan voisine dont dépendait initialement le site. Une autre hypothèse rattache le nom directement à celui de l’île, Tutuarn enez ou Toutouarnenez en breton.

Avant de prendre le nom de Douarnenez en 1541, le port a été désigné sous l’appellation de « hameau de Saint-Michel », puis de « bourg de l’île Tristan » en 1520. Au XVIIe siècle, le père Maunoir nomme la localité en latin terra insulæ, soulignant la dépendance du lieu au prieuré de Saint-Tutarn situé dans l’île Tristan. Les habitants portent le nom de Douarnenistes, ou plus rarement Douarneziens; leurs voisins les appellent parfois Penn Sardin, en référence au travail des ouvrières des conserveries qui consistait notamment à couper la tête des sardines, penn signifiant tête en breton. Cette désignation rappelle l’importance prise par la pêche sardinière dans l’histoire économique de la ville. En breton, la forme moderne du nom est Douarnenez. Une stèle de l’âge du fer, découverte dans une nécropole à l’entrée de la ferme de Kerru en Ploaré, témoigne d’une fréquentation ancienne du territoire; elle est aujourd’hui conservée au musée de la préhistoire finistérienne de Saint-Guénolé en Penmarc’h, à proximité du Cap Caval.

À l’époque gallo-romaine, le site de Douarnenez faisait partie du territoire des Osismes, peuple gaulois de l’Armorique. Le port et la ville, dont le nom antique demeure inconnu, semblent avoir eu une certaine importance, comme l’attestent les nombreuses traces archéologiques retrouvées: tuiles, statues, poteries et monnaies. Le noyau central se trouvait au lieu-dit du Guet, mais des établissements de salaison produisant du garum existaient également le long de la rive droite de la rivière en Pouldavid, ainsi qu’aux Plomarc’h, au Ris et en plusieurs autres points proches. Plusieurs voies romaines convergeaient vers Douarnenez. Un piège à poisson, ou gored en breton, formé d’une digue de pierres entassées fermée par une grille, se trouvait au lieu-dit Ar Gored, dans une crique proche des Plomarc’h. Le poisson était rabattu dans cette enceinte de roches à marée haute, puis capturé à marée basse. L’abondance de la sardine durant l’Antiquité a entraîné la création de nombreux établissements de traitement du poisson le long de la baie. Des cuves de salaison ont été retrouvées à l’Aber de Crozon, à Telgruc-sur-Mer, à Saint-Nic, à Plonévez-Porzay, à Douarnenez même, de la plage du Ris à Tréboul, ainsi qu’à Poullan-sur-Mer et à Audierne. Les analyses sédimentaires ont confirmé une pêche centrée sur la sardine: le poisson était salé pour être conservé, tandis que les abats et une partie du poisson servaient à produire le garum, condiment proche du nuoc-mâm asiatique, par macération en couches successives de sel, de poisson et d’épices, puis filtration. La préparation finale se présentait sous forme d’un liquide et d’une pâte, l’un et l’autre commercialisés.

Le site antique de salaisons de Plomarc’h Pella est l’un des mieux conservés d’Europe et le plus important de la région. Les cuves, réparties en trois unités de production regroupant une trentaine d’éléments creusés dans le sol, abritaient le poisson pilé et salé en cours de macération. Le site fut détruit à la fin du IIIe siècle, peut-être en 276, année qui vit la côte ouest de l’Armorique ravagée par des raids de pirates venus du nord de l’Europe. Le premier Douarneniste connu est d’ailleurs un Romain, Caius Varénius Varus, probablement issu de la Narbonnaise, dont le nom est inscrit sur une stèle votive conservée au musée départemental breton de Quimper. L’ensemble de Plomarc’h Pella comprenait quatre édifices répartis dans le vallon et les hauteurs avoisinantes, construits avec des pierres trouvées à proximité et liées avec un mortier de sable et de chaux naturelle. Un seul bâtiment de l’ensemble, consacré à la préparation du poisson, a été restauré: il mesurait quinze mètres sur huit et comprenait quinze cuves desservies par un large couloir, dont dix enduites de mortier d’étanchéité pour le stockage du poisson et du garum, et cinq en pierres apparentes pour le produit fini conditionné. Les bâtiments étaient couverts de tuiles plates à rebord, ou tegula, et de tuiles semi-rondes, ou imbrex, reposant sur une charpente en bois, conformément aux techniques romaines de couverture. Le site fut réoccupé à partir du Moyen Âge par une forge, et le lieu est resté occupé par quelques cabanes et un cimetière jusqu’au XIXe siècle, témoignant de la continuité de l’usage du site malgré la disparition de l’activité antique. La baie de Douarnenez, dont le nom même évoque le rapport au littoral et à l’île Tristan, a ainsi été le théâtre d’une activité halieutique et industrielle continue depuis l’Antiquité jusqu’à l’âge industriel des conserveries du XIXe siècle.

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Population

14.163 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
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