Écully

Histoire d’Écully

Écully est une commune de Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 18 361 habitants. La localité d’Écully était primitivement couverte d’une forêt de chênes, soit en latin Aesculus. Déformé en Esculiacus, le nom de la commune connaîtra plusieurs transformations: Excolliacus, Escullieu, Escully, Ecuilly.

Le territoire où s’implantera Écully, à l’origine couvert d’une immense forêt, est à l’époque préhistorique un lieu, sinon d’habitation prolongée, du moins de passage d’êtres humains. En effet, lors du creusement d’une tranchée en 1860 pour l’ouverture du chemin des Tilleuls, un silo, rempli de cendres et d’ossements calcinés de corps humains a été découvert ainsi que, non loin, plusieurs haches en pierre polie, des débris de poterie et une pierre creusée en forme de bassin ou de mortier. Des silex taillés ont été trouvés dans le bois de Serres. Le développement de la colonie romaine de Lugdunum, devenue la capitale des Gaules, exige la construction de grandes voies rayonnant dans les différentes parties de la Gaule. Construites par Marcus Vipsanius Agrippa, deux d’entre elles traversent Écully, celle qui rejoint Roanne et celle qui, passant par Vaise, se dirige vers Mâcon et au-delà: Via Agrippa (Saintes-Lyon). La colonie romaine a également besoin d’approvisionnement massif en eau. Les aqueducs qui l’amènent du Mont d’Or et de la Brevenne, traversaient Écully. Le premier qui partait de la source des Gambins aboutissait au hameau de la Sauvegarde, au lieu-dit Tartre et de là un tuyau menait l’eau plus loin.

L’aqueduc de Brévenne arrivait sur le territoire d’Écully au niveau du chemin des grandes terres. Au lieu-dit le Rafour, commençait probablement le siphon qui par un pont, aux deux rangs d’arches superposés et de dimensions considérables ( environ de longueur, de largeur, avec une hauteur du tablier au-dessus du ruisseau de ) traversait le vallon de Grange-Blanche et aboutissait au rampant et réservoir de fuite des Massues à Tassin-la-Demi-Lune. Les vestiges de ces aqueducs ont pratiquement disparu, détruits ou écroulés (lors du tremblement de terre de 803 ou de glissements de terrain) mais sur le territoire d’Écully, les restes de quatre piliers existent toujours dans le fond du vallon traversé par le ruisseau des Planches sur l’ancienne propriété Récamier-Laporte. La présence de tels aqueducs attirait à proximité, des villas ou des villages gallo-romains. Il semble qu’au quartier de la Sauvegarde se soit élevé un village ou tout au moins une villa spacieuse avec d’importantes dépendances. Un atelier de fabrication de briques est aussi cité.• La découverte, le long de la montée de Balmont, de fosses remplies d’ossements, d’armes et de monnaies de la fin du IIe siècle, a fait émettre l’hypothèse que le champ de bataille où, en l’année 197 après Jésus-Christ, les armées de Clodius Albinus et de Septime Sévère s’affrontèrent, comprenait une portion du territoire d’Écully. Une inscription funéraire chrétienne du IVe siècle se trouve sur le porche de l’église.

Le nom de la commune apparait pour la première fois en 980 dans un document d’un cartulaire de l’abbaye de Savigny: un certain Vuido et sa femme Rotildis, vraisemblablement d’origine burgonde, donnent à l’abbaye trois enclos ou curtils de jardins, vignes et vergers, cultivés par des tenanciers, in fine de Excoliaco villa c’est-à-dire à la limite du domaine d’Écully. Limitrophes de ce domaine, des terres sont citées comme étant la propriété de plusieurs églises de Lyon. Au cours du Moyen Âge en effet, ces seigneurs ecclésiastiques, l’archevêque de Lyon et son chapitre en premier lieu, mais aussi l’abbé d’Ainay, de Savigny, les chanoines de Saint-Just, l’église Saint-Paul, agrandissent, échangent, donnent leurs possessions d’Écully. A Lyon, la puissance politique et financière du clergé provoque l’opposition des bourgeois de la ville et une situation de guerre civile. Le cloître Saint-Jean est occupé par les bourgeois, celui de Saint-Just est assiégé et le 29 novembre 1269, une centaine de bourgeois lyonnais et de membres des corporations se ruent sur le village d’Écully et aux cris de Lion le Melhor mettent le feu à l’église où s’était réfugiée la population. D’autres villages dont les habitants, comme ceux d’Écully, étaient sujets du Chapitre de Lyon, furent pareillement attaqués. Après cette tragédie, l’église incendiée qui, selon la tradition, se trouvait à l’angle sud des chemins d’Écully à la Demi-Lune (aujourd’hui rue Terver) et du Randin, et le village primitif développé autour sont déplacés. La nouvelle église se dresse sur un tertre, au treyve de Marlieu (peut-être place Charles de Gaulle), à au nord des ruines de la chapelle incendiée.

L’autorité du Chapitre de Lyon sur la juridiction d’Écully s’exerce enfin par son administration de la maladrerie ou léproserie située sur son territoire de Balmont à la limite de Vaise. Les relations d’Écully et de Lyon semblent rester difficiles: au XIIIe siècle, Écully (alors Esculeu) figure parmi les paroisses qui n’ont pas payé leur cotisation due à une œuvre d’utilité publique, la construction d’un pont sur le Rhône. Aussi on ne s’étonne pas qu’au moment où le Lyonnais est rattaché à la couronne de France, Écully soit au nombre des villages ayant donné leur adhésion à cette annexion. Durant la guerre de Cent Ans et même après, les obligations infligées par le Consulat lyonnais, le Chapitre de Lyon ou le représentant du Roi aux villages voisins de participer à la défense de la ville sont refusées par les habitants d’Écully. Écully profite du développement économique de Lyon. De riches marchands, des échevins, des notables y achètent les terres et y font construire de belles demeures, attirés en particulier par un régime fiscal favorable, obtenu dès 1485 et confirmé par Henri IV en 1594: l’exemption de la taille. Le Castel du Prince ou de la Greysolière est l’une des plus belles demeures anciennes d’Écully. Située chemin de Grandvaux, elle date de la fin du -début du XVIe siècle.

Des remaniements ont eu lieu au début du XVIIe siècle (portes) et au XVIIIe siècle. L’édifice est de plan trapézoïdal aux façades sud et est ornées de croisées et demi-croisées à meneaux du XVIe siècle. Les pièces intérieures ont conservé leur décor et disposition d’origine. La frise à personnages de la chambre sud-ouest et la cheminée à volets intérieurs d’une pièce du premier étage sont du XVIe siècle. La propriété, bien restaurée, possède encore un nymphée et, d’après un plan du XVIIe siècle, il y avait en outre une chapelle, un puits, un lavoir qui ont disparu. Dépendant du castel de la Greysolière, le colombier de Jos (chemin du Plat), de forme ronde et surmonté d’une lanterne, est daté de 1575. Cette demeure a appartenu à plusieurs échevins de Lyon sous l’Ancien Régime (Ferrus, Masso de la Ferrière, Barrety…). De construction plus tardive, une partie de la maison d’habitation remonte au règne d’Henri IV, et le reste à celui de Louis XIII, elle est inscrite partiellement aux Monuments historiques.

Elle a subi de nombreuses modifications. D’autres exemples existent: le château de Fontville qui devient au XVIIIe siècle la propriété des Pères Lazaristes de Lyon, la villa des Lions, la maison forte du Randin. La population d’Écully n’est plus exclusivement rurale. La localité est devenue l’un des séjours privilégiés des riches Lyonnais. À proximité de la route de Paris par le Bourbonnais, Écully devient un lieu de passage fréquenté par les commerçants, les marchands de soie, de draperies, de vaisselle d’étain et d’argent, d’épices qui se rendent aux grandes foires de Lyon qui duraient quinze jours, quatre fois par an, aux Rois, à Pâques, le 4 août et le 3 novembre. Les corps d’armée allant guerroyer en Italie traversent aussi le territoire. Des personnages célèbres s’y arrêtent: en 1584 par exemple, le roi Henri III passe une nuit au chevet de l’un de ses favoris, le duc d’Épernon, gouverneur de Guyenne, blessé à la suite d’une chute de cheval et hébergé au domaine de Guillaume de Fontville, seigneur des « Planches-lez-Écully ». Écully est soumis à trois niveaux de pouvoir.

L’autorité royale s’y exerce par un subdélégué de l’intendant du Lyonnais mais son action semble se faire peu sentir. Les archives de cette intendance signalent les réparations faites à l’église en 1786, la construction d’un tronçon de la route de Paris en Provence par le Bourbonnais au lieu de Grange-Blanche et sur la nécessité de faire des travaux sur la de Paris par la Bourgogne au niveau de la montée de Balmont. L’autorité seigneuriale est partagée. Il y a une douzaine de fiefs pour l’ensemble de la paroisse parmi lesquels domine celui des chanoines comtes de Saint-Jean. Seigneurs d’Écully au moins depuis le, ils exercent leurs droits seigneuriaux jusqu’au 4 août 1789. Retenus le plus souvent à Lyon par leurs fonctions, en particulier par les offices de la Primatiale, ils confient l’exercice de ces droits à un officier, le « châtelain » chargé de l’administration et de la justice (pour les causes qui n’excédaient pas 60 livres). Écully leur fournit des revenus par les abbénévis ou contrats de louage des terres, eaux et prés et par les droits perçus sur les ventes immobilières, les lods. Les sommes sont importantes puisque le chapitre a un receveur spécialement chargé de l’administration de sa rente noble d’Écully.

Le chapitre exerce aussi sur Écully le droit de haute-justice, le partageant un temps avec le chapitre de Saint-Just. La circonscription judiciaire d’Écully est étendue, elle comprend également une partie de Vaise, Pierre-Scize, l’Observance, le Greillon, les Deux-Amants, Champvert, Gorge-de-loup, Grange-Blanche et Montribloud. Le chapitre de Saint-Just est « patron d’Écully » ou « seigneur du clocher ». C’est lui d’autre part qui perçoit les dîmes, sujet de discorde avec les curés qui au cours de l’Ancien Régime se plaignent toujours de l’insuffisance de la portion que les chanoines leur laissent. Une décision de la sénéchaussée de Lyon en 1704 finit par donner raison aux curés et condamner les chanoines. L’histoire d’Écully est ponctuée par les querelles entre les chanoines de Saint-Jean et ceux de Saint-Just à propos de leurs droits réciproques. En dessous de cette administration seigneuriale, une administration municipale existe dont les responsables, les consuls, sont élus en présence du châtelain. Les décisions prises sur la gestion de cette municipalité rurale ne font pas l’objet de traces écrites, un seul document est cité, le procès-verbal d’une élection: le 11 novembre 1675, en présence de Guillomon capitaine châtelain d’Écully, sont élus consuls pour l’année 1676 Pierre Pinet et Benoit Luiset auxquels furent attribués deux adjoints.

Les familles dont les noms sont évoqués au sont les Prost, seigneurs de Grange-Blanche, les Péricaud propriétaires du domaine de Villeneuve et leurs successeurs les Pingon et Jouffroy d’Abbans dont Claude François Jouffroy d’Abbans (1751-1832) qui demeurait dans cette propriété lorsqu’il expérimenta, sur la Saône, le 15 juillet 1783 son invention le « Pyroscaphe », premier bateau mû par la vapeur. La paroisse à la veille de la Révolution a comme curé un prêtre zélé, l’abbé Genevrey (1744-1827). Quand éclate la Révolution, Écully suit l’évolution générale. Une municipalité provisoire est élue. Dès sa première séance le 20 décembre 1789, elle décide de demander à tous les propriétaires de faire une déclaration de leurs biens en vue de la répartition de l’impôt pour 1790. Une milice nationale est créée, le commandement en est confié à Agnese Giro, maître de pension et une cérémonie officielle avec bénédiction du drapeau, messe célébrée sur un autel de la patrie, Te deum chanté dans l’église, a lieu le 24 mai 1790. Les biens ecclésiastiques devenus biens nationaux sont mis en vente. Comme dans beaucoup de municipalités, le curé d’Écully refuse en mars 1791 de prêter serment de fidélité.

Obligé de vivre dans la clandestinité, l’abbé Genevrey finit par se réfugier avec d’autres prêtres réfractaires dans une famille de Saint-Étienne. À Écully, la question religieuse est une des préoccupations du conseil municipal: le prêtre constitutionnel qui succède au Père Genevrey est mal accepté, les messes et offices qu’il préside sont parfois l’occasion de troubles. Le culte proscrit continue à garder ses fidèles, des cérémonies religieuses se déroulent par exemple sur le domaine de Fontville sous la direction des pères Lazaristes. Le conseil doit protéger le culte officiel. Parmi les personnes inquiétées, outre le curé Genevrey, on relève principalement la famille de Jouffroy et l’instituteur, J.-F. Pernet, accusé « d’inconstitutionnalité », n’a plus l’autorisation d’enseigner. Jusqu’en 1792, les problèmes à régler par la nouvelle municipalité restent mineurs. Elle s’attache surtout à organiser la Garde nationale et à mettre en place le collecteur d’impôts.

L’année 1792 est marquée à Écully par la crainte d’émeutes en raison de la disette, par la confection du cadastre foncier que l’on confie à Roche (Péricaud l’acquéreur du domaine de de Jouffroy est le premier déclarant). Quand la patrie est déclarée en danger accompagnée de la levée en masse, Écully fournit 11 hommes. Le siège de Lyon en 1793 n’épargne pas la commune: des escarmouches entre les assiégeants et assiégés ont lieu dès le mois d’août sur son territoire; dans la nuit du 16 au 17 septembre, des soldats de l’armée conventionnelle occupent Écully et y cantonnent; en octobre une ambulance y est établie pour soigner les blessés des attaquants. La période dite de la Terreur, depuis fin de l’année 1793 jusqu’à la chute de Robespierre en juillet 1794, est marquée par des mesures prises sous la pression des autorités de Lyon, « La Commune-Affranchie » ou de la Société populaire des sans-culottes d’Écully: réquisitions diverses, en particulier de blé pour les 1200 personnes d’Écully « réduites à l’horreur de la famine », vente des objets de culte et appel aux particuliers pour des dons d’objets en métal précieux afin de combler le déficit du budget communal, organisation d’une Fête de la Raison, etc. Dans l’ensemble, la population et les officiers municipaux ne font pas preuve de convictions très révolutionnaires. Ce que certains vont même payer de leur vie. C’est ainsi qu’accusé de menées contre-révolutionnaires, le maire, Gaspard Margaron, est guillotiné à 74 ans le 29 décembre 1793 [35], deux semaines après que son gendre, François Lupin, eut été fusillé à Lyon pour les mêmes motifs [36]. Le retour au calme se rétablit vite après l’exécution de Robespierre.

Écully retrouve dès le Consulat et le Premier Empire sa vie paisible. Le maire, nommé en juillet 1800, est l’un des notables, Bernard Deschamps et son adjoint est Claude Luizet. Peu après, la garde nationale est réorganisée, un notaire résident est nommé, c’est propriétaire à Écully, Honoré Guitard. Déjà un établissement d’éducation de Lyon, dirigé par un certain Condamine, choisit Écully avec « la beauté de ses promenades » et « son air pur » pour installer son pensionnat dans la maison Frezet. La signature du Concordat en juillet 1801 permet le rétablissement officiel du culte catholique. Le curé placé à la tête de la paroisse est l’abbé Balley qui s’y était réfugié pendant la Révolution. Jusqu’à cette date, le culte se faisait encore clandestinement: le jeune Jean-Baptiste Vianney, futur « curé d’Ars », natif de Dardilly mais venu habiter chez ses grands-parents au hameau du Point-du-jour, avait fait sa première communion dans la maison de de Jouffroy, probablement en 1799, dans le hangar converti en chapelle. C’est en avril 1802 que la délimitation de la commune avec celle de Dardilly est établie.

En 1805, Claude Antoine Roux succède à Bernard Deschamps comme maire d’Écully. Ancien chanoine de Saint-Nizier, prédicateur et mathématicien, membre puis secrétaire de l’Académie de Lyon, il garde son mandat de maire jusqu’en 1810. Lors de la chute de l’Empire, le territoire d’Écully sert de théâtre à l’un des derniers combats des soldats de Napoléon. Le maréchal Augereau tente de défendre Lyon contre les Autrichiens et établit ses troupes en avant de la ville à Limonest. Le front de séparation des deux armées suit la ligne passant par Charbonnières, Limonest, Dardilly, le ravin des Planches, Écully, la Demi-Lune, Grange Blanche, la Duchère, Balmont et Roche-Cardon. Le 20 mars 1814, les habitants d’Écully assistent à l’entrée des Autrichiens qui, ayant bousculé les troupes d’Augereau, s’avancent vers Lyon. Sur le sol d’Écully, des sépultures de soldats autrichiens et un boulet, retrouvés postérieurement, attestent de combats avant l’entrée dans Lyon et la signature de sa capitulation. Le scénario se reproduit presque à l’identique en 1815: après la bataille de Waterloo, les alliés arrivent aux portes de Lyon que défend le maréchal Suchet dont le quartier général est installé à Grange Blanche.

La période de la Restauration est une période paisible. Sous le mandat d’Antoine Lacène, maire entre 1822 et 1828, les chemins sont réparés et élargis, les opérations du cadastre terminées et la reconstruction de l’église votée. Lui-même, membre de la Société d’agriculture et de la Société linnéenne de Lyon, s’adonne à la culture des fleurs, à la taille des arbres fruitiers, notamment des pêchers. À son initiative, une exposition florale est organisée chaque année à Lyon. Le curé, Balley, a, quant à lui, la joie de pouvoir avoir comme vicaire, l’abbé Vianney, son ancien élève au lendemain de l’ordination en 1815 de ce dernier. Balley meurt en 1817, son vicaire refuse de prendre « un poste si important » mais accepte peu après celui de curé d’Ars. À Écully, le successeur de l’abbé Balley est l’abbé Laurent-André Tripier, originaire de Neuville-sur-Saône. Curé et maire, ensemble, s’inquiètent de plus en plus des lézardes de l’église qui a deux cents ans et qui est devenue trop petite.

Tous deux demandent dès 1823 à Chipiez, adjoint au maire, d’établir plans et devis pour la restauration de l’édifice. Le projet reste sans suite comme celui présenté en 1827 au Conseil municipal par l’architecte Hotelard. L’abbé Tripier ne peut voir avant sa mort en 1831 la réalisation de ce qu’il désirait mais son successeur, l’abbé Jean Pierre Brondelle (1797-1878), le reprend sous le mandat d’un nouveau maire Jean-Baptiste Royé-Vial (deux mandats au, avait épousé Marguerite Pardon). Son petit-fils Raymond de Veyssière sera aussi maire d’Ecully de 1881 à 1923(durée record), une avenue d’Ecully porte son nom. Finalement une nouvelle église est plus avantageuse que la restauration et l’agrandissement de l’ancienne. La décision est prise et les travaux exécutés par un maçon de Saint-Didier-au-Mont-d’or, Solignat. En cours d’exécution la silhouette du clocher est modifiée, pour s’inspirer de celui de la Basilique Saint-Martin d’Ainay; il sera équipé en 1864 de huit cloches. Courant 1844 le culte est installé dans l’église nouvelle qui sera consacrée en octobre 1846 par le cardinal de Bonald.

Écully connaît une destinée prospère. Les moyens de communication avec Lyon se sont améliorés puisqu’une ligne d’omnibus est mise en service dès 1829 joignant la place Neuve-des-Carmes à la place de la Pyramide à Vaise. Les notables lyonnais, riches soyeux ou négociants choisissent de plus en plus son territoire comme lieu de villégiature à la belle saison: ils y construisent des demeures cossues, entourées de parcs magnifiquement plantés d’arbres aux essences rares et variées. On y vit agréablement, on y reçoit beaucoup. Madame Lacène, la femme du maire accueille ainsi dans sa propriété Madame Récamier, Madame de Staël et le Duc de Montmorency! Signe de cette attractivité d’Écully: en 1847, on y transfère la Pépinière départementale qui occupait jusque-là le Clos des Cordeliers de l’Observance. En 1851, elle devient École théorique et pratique d’horticulture et se transforme en 1880 en École pratique d’agriculture. Écully sous le second Empire conforte sa position de commune paisible, malgré le fait divers d’avril 1854 appelé accident du Pont d’Écully qui a un retentissement national: l’éboulement dont sont victimes deux ouvriers puisatiers lors de leurs travaux dans l’une des propriétés d’agrément.

Engloutis à sous terre mais restés en vie, ils sont l’objet d’une longue et périlleuse opération de sauvetage qui émeut toute l’opinion publique et même l’impératrice. L’un d’eux, Jalla, succombe cependant après huit jours de souffrances; le second Giraud est sorti du puits vingt jours après sa chute mais meurt quelques semaines plus tard des suites de l’amputation qu’il avait dû subir. Écully a sa part d’épreuves au moment de la guerre de 1870. Vingt-cinq hommes sont incorporés dans le bataillon du de marche campé à Sathonay et commandé par Duringe, habitant lui aussi d’Écully. Ce bataillon se distinguera pendant le siège de Belfort. La guerre coûte à la commune cinq de ses fils. La fin du XIXe siècle est marquée par de nouvelles améliorations des moyens de transport: les vieux omnibus sont remplacés par le chemin de fer et le tramway: en 1876 la Compagnie de Lyon à Montbrison crée la station d’Écully-la-Demi-Lune; en 1879, la route conduisant du Pont d’Écully au village est ouverte, deux arches permettent le franchissement du ravin du ruisseau de Chalin; une ligne de tramways à chevaux Bellecour-Pont-d’Écully est mise en place en 1880 empruntant la route nationale de Paris par le Bourbonnais; en 1894 la ligne de tramway électrique, allant du Pont-Mouton à Écully est ouverte. Plus rapidement que la plupart des autres communes de la région lyonnaise, Écully a ses chemins éclairés au gaz, un réseau de distribution d’eau et un réservoir.

À la veille de la Première Guerre mondiale, Écully compte moins de trois mille âmes. 137 disparaissent dans la boucherie des tranchées, comme en témoigne le monument aux morts. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands réquisitionnent les belles propriétés des Monts du Lyonnais. Plusieurs faits de résistance sont signalés, et des maquisards du mouvement Franc-Tireur arrêtés. Le régime de Vichy y crée, spécialement pour les jeunes filles, l’école nationale des cadres féminins d’Écully. Parmi plus d’une soixantaine d’écoles de cadres, c’est avec celles d’Uriage et de La Chapelle-en-Serval l’un des trois établissements d’envergure nationale. Malgré son développement résidentiel, la commune conserve une part importante de terres agricoles, principalement au nord-est dans le quartier du Pérollier. À partir de la fin des années 1960, une grande partie de celles-ci disparaissent afin de permettre la construction de l’autoroute A6 reliant Paris à Lyon.

Patrimoine religieux

L’édicule ou fontaine Renaissance, située dans l’ancienne propriété Laporte-Récamier, n’est pas à l’origine un monument d’Écully. C’est l’entrée et la vasque (cette dernière est en pierre noire de Saint-Cyr) de la célèbre grotte de La Claire à Vaise. Elles en furent enlevées, au moment de la disparition vers 1860 de cette villa, par les membres de la famille Laporte qui en étaient propriétaires. La réédification sous la forme actuelle a été faite en 1880 pour orner le parc de la nouvelle demeure qu’ils faisaient alors construire à Écully.

Informations Clés

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Population

18.361 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Rhône
(69)

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