Ennery (57)
Histoire d’Ennery
Ennery est une commune de Moselle, en Grand Est, qui compte 2 262 habitants.
Ennery est un endroit très ancien, déjà cité en 898 dans les annales de Gorzco Hartulars. En 881, Ennery a dû être détruit par les Vikings. Ennery appartenait avec toutes les terres d’alentour à l’église de Metz. En 1065, Ennery est tombé au pouvoir d’une famille seigneuriale du nom de Enntry. En 1172, Frédéric de Pluvoise, évêque de Metz, fait l’acquisition d’Ennery pour l’évêché (partie Haut Châtel et donjon). Puis, la possession de l’église de Metz, fut donné en fief à des particuliers.
En 1236, Ennery devient la propriété de Robert, comte de Fleuranges, qui prend le titre de « Sires de Florehanges et d’Annerey ». Dans la première moitié du, Ennery a été partagé entre les seigneurs de Fenetrange, de Florchinger et de Rodemachern. Au commencement du, Thiébault de Heu, maître-échevin de la ville de Metz, fait l’acquisition du village. En 1360, Thiébaut de Heu acquiert la totalité du domaine d’Ennery. Le château-haut d’Ennery que Wernzel de Luxembourg avait détruit en 1380 est reconstruit par Nicolas de Heu en 1390. Nicolle IV de Heu offrit à Ennery la place du village (actuellement place Robert Schumann).
Scellé dans le mur d’une maison, en prolongement de la mairie, on peut voir un cartouche discret, pouvant passer inaperçu, car placé à environ du sol. En le regardant, on ne saisit pas de prime abord de quoi il est question, car écrit en latin, et l’on pourrait passer son chemin sans chercher à comprendre. Pourtant, ce cartouche se révèle d’une grande importance pour les habitants d’Ennery tant sur le plan historique que sur celui de la vie actuelle puisqu’il est question de la grande place du village que Nicolle IV de Heu a bien voulu mettre à la disposition de la population d’hier et d’aujourd’hui. Le village disparu d’Angeldorf était situé sur le ban de la commune, mentionné pour la dernière fois en 1406. La commune appartient Colignon de Heu en 1420. Elle appartiendra à cette famille jusqu’à son extinction, vers la fin.
Ennery était avant la Révolution une paroisse catholique de l’archiprêtre de Rombas. Appartenaient à la paroisse jusqu’en 1808, Chailly, et jusqu’en 1828, Rugy. Lieu de résidence de nombreux juifs, Ennery disposait d’une synagogue. Construite en 1819, elle était située 7, rue des Jardins, à l’arrière d’une maison d’habitation. La galerie des dames, en bois avec de beaux motifs décorés, est encore en bon état et représente un élément important du patrimoine local. Le bâtiment du culte, devenu propriété privée en 1963, sert à présent de remise.
On y accède par une demeure qui servait autrefois et au ministre officiant et de centre communautaire à partir de 1823. En 1937, il ne restait que sept familles juives à Ennery et le dernier office a été célébré à Pâques 1940. Le consistoire décida de dissoudre la communauté d’Ennery et de rattacher les familles restantes (notamment les familles Baron, Lévy et Moïse) à celles d’Hagondange. La synagogue a été désaffectée en 1957 et inscrite sur l’inventaire des monuments historiques en 1984. Le cimetière, situé à la sortie du village en direction de Flévy, abrite les corps des membres de la communauté ainsi que ceux des localités voisines. Ce cimetière a été ouvert au lorsque l’ancien cimetière, utilisé par la communauté de Luttange, fut abandonné.
En 1935, Jules Barbe, exploitant agricole et maire du village, entreprit d’extraire d’un de ses prés le sable qui s’y trouvait à faible profondeur. C’est ainsi que furent mises au jour les premières sépultures mérovingiennes. En l’absence de règlementation archéologique, les travaux se poursuivirent quelques années, mais de manière épisodique, jusqu’à ce que les autorités allemandes fassent procéder à une fouille en règle, sous la direction d’Emile Delort. Les travaux durèrent trois mois et demi, du. La nécropole mérovingienne était localisée à environ à l’ouest du village, à du carrefour des routes Metz-Thionville et Maizières-lès-Metz-Ennery, au lieu-dit « les trois arbres », aujourd’hui dans une zone industrielle. Cette nécropole comprenait 83 tombes, dont une sépulture double, toutes orientées vers l’est.
Parmi le mobilier retrouvé, deux épées longues, des scramasaxes, haches, pointes de lances, boucles et plaques en bronze et une grande quantité de verrerie et de céramique, ainsi que des monnaies. La nécropole a été implantée sur une petite terrasse – en fait un ancien bras de la Moselle qui coule à présent à à l’ouest – dominant un ruisseau. Ainsi s’explique l’existence de sable, omniprésent sous à peine un mètre de terre. Mais ce n’est pas qu’une nécropole mérovingienne qui fut découverte par hasard en 1935, c’est un site occupé depuis une bonne dizaine de siècles. En effet, les tombes n’avaient pas été établies sur un sol vierge, tant s’en faut. Les objets trouvés dans les tombes et à proximité permirent d’établir que le site d’Ennery était occupé depuis l’époque gallo-romaine.
Les fouilles réalisées par le service régional de l’archéologie de Lorraine en 1990, 1991, 1992 et 1993 sur les diverses zones industrielles implantées sur le ban communal d’Ennery, ont permis la découverte de plusieurs sites intéressants. Ces sites ont révélé la présence de nécropoles du Néolithique et de l’âge du fer, des traces d’occupation du Néolithique moyen et final, du bronze final et de l’âge du fer ainsi que des habitats de l’âge du bronze final, de l’âge du fer et de l’époque romaine. Depuis 1990, le service régional de l’archéologie de Lorraine entreprend des fouilles préventives sur les différents sites industriels. Ces opérations ont permis de découvrir de nombreux sites archéologiques recouvrant plusieurs périodes, depuis le Néolithique moyen (4500 ans avant Jésus-Christ) jusqu’au, illustré par la tombe militaire. La dernière découverte faite à Ennery s’inscrit parmi les plus importantes de ces dernières années. Il s’agit d’une statue menhir qui constituait la stèle funéraire d’une nécropole.
C’est la plus ancienne trace d’art figuratif retrouvée en Lorraine, puisqu’elle date de 2500 ans avant Jésus-Christ. Il s’agit d’un mégalithe d’un poids de environ en grès rose, décoré de bandes hachurées obliques limitées par un trait continu ainsi que par des ronds et des traits pouvant ressembler à une spirale et un poignard. Lors de ces dernières fouilles, la présence de quelques artefacts en pierre témoignent des premiers passages de l’homme aux époques paléolithique et mésolithique, c’est-à-dire juste avant la période néolithique.
Patrimoine religieux
Lorsque l’on venait par la route de Hauconcourt, on apercevait un petit édifice qui abritait une croix et qui porte le nom de la Belle-Croix. Cet édifice se compose d’une voûte en croisée d’ogive appuyée contre quatre contreforts angulaires, et dont les nervures, se coupant à angle droit, se prolongent, sans tailloirs ni chapiteaux, jusqu’à une base octogonale reposant sur le sol dans chacun des angles de la petite chapelle. La croix, renversée par les jours néfastes de la Révolution, a été rétablie au début. Elle n’était pas dénuée d’une certaine élégance, mais son style n’était pas assorti avec celui de l’édicule qui l’abritait.
En 1921, l’édifice fut classé au répertoire des monuments historiques de France. Durant la Seconde Guerre mondiale, la croix fut enlevée pour être mise en sécurité dans une maison, mais elle ne fut jamais retrouvée. En 1976, des jeunes du village redonnèrent un peu de vie à cet édifice en retrouvant deux statuettes. Les quêtes faites aux messes dominicales permirent de racheter une nouvelle croix.
Le dimanche 12 décembre 1976, le monument restauré est béni. En 1978, le doublement de la route départementale, qui passe à l’entrée du village, rend obligatoire son déplacement. Il est réédifié à de son ancien emplacement. L’église d’Ennery occupe le fond d’une place plantée d’arbres et bordée sur le côté droit par des bâtiments d’une belle uniformité, dont la mairie.
Cette place fut donnée aux habitants par Nicolas IV de Heu, conseiller de l’empereur Charles V dit Charles Quint, en 1537. Une plaque apposée sur la façade de la maison Folny, 4 place Robert Schuman, rappelle cette donation. Cette église a été construite par les templiers à la fin.