Épernay

Histoire d’Épernay

Épernay est une commune de Marne, en Grand Est, qui compte 22 001 habitants. L’historien et archiviste Auguste Longnon a recensé les différentes attestations du nom de la ville au cours de l’histoire, sur des registres locaux et nationaux. Sparnacus (VIe siècle); Sparneacum (1042); Sparniacum (vers 1114); Sparnai (1151); Spernacum (1152); Sparnaium (1163-1170); Esparnaium (1190); Esparnacum (1195); Esparnai, Espernai (vers 1220); Apargnai (1222); Sparnascum (vers 1223); Esparnoi (1248); Espargnei (1249); Pernascum (vers 1252); Pernacum (1257); Esparnay (1285); Espernayum (1302); Espernay (1308); Abbas Spernicensis (1346); Esparnaiz (XVIIe siècle). L’origine du toponyme Épernay a donné lieu à de nombreuses conjectures basées sur des légendes ou des faits historiques pas forcément avérés.

Ces explications sont rejetées aujourd’hui par l’ensemble des linguistes et des toponymistes. La légende veut que la ville ait été fondée au Ve siècle par deux frères tanneurs venus de Châlons et dont le nom était ‘. Ceux-ci se seraient installés sur les rives du Cubry pleins d’espérances dans leur tannerie, car l’eau du ruisseau était propre à assouplir les peaux.

On aurait donc donné à ce lieu le nom de « ‘ », qui serait devenu par la suite. D’autres explications de l’étymologie du nom de la ville, qui confondent des faits historiques avec le fait avant tout linguistique que représente le toponyme, sans toujours tenir compte des formes anciennes citées ci-dessus, ont été proposées par la suite par des érudits. Ainsi, pour Garnesson, le nom de la ville serait issu du nom d’un officier romain, appelé ‘ ou ‘, venu s’y implanter après la guerre des Goths.

Une autre interprétation fait référence à ‘ qui serait devenu ‘ puis Épernay.

Il n’a pas été retrouvé de documents concernant la fondation de la ville, mais on sait qu’à l’époque gallo-romaine, la Marne sert de délimitation entre la Gaule Celtique et la Gaule belgique. Épernay, étant sur la rive gauche, appartient à la Gaule Celtique. Elle apparaît dans certains écrits à partir du Ve siècle l’endroit étant déjà considérable en 445. Il semble pourtant que la fondation d’Épernay soit antérieure à l’installation des tanneurs comme le veut la légende. Des tombes datant du y ont été retrouvées, notamment rue de Bernon. Euloge se rend coupable d’un crime pour lequel Clovis le condamne à mort. C’est alors qu’il demande l’aide de saint Remi, qui réussit à convaincre le roi de Francs de le gracier. La légende raconte que pour remercier l’évêque de Reims, Euloge lui cède la ville.

Remi, qui refuse ce don, achète la cité pour d’argent. Il semblerait néanmoins qu’en réalité Remi désirait posséder le château d’Épernay et qu’Euloge ne put lui refuser. Épernay fut restituée à l’Église de Reims en 846, à la sollicitation de l’archevêque Hincmar. Elle reste sous leur influence jusqu’en 1284 où Jeanne de Navarre, dernière comtesse de Champagne, épouse le roi Philippe IV le Bel, lui apportant la seigneurie d’Épernay. Durant cette période, le comte Eudes II fait reconstruire le château, à proximité du Cubry. En 1166, Henri le Large, comte de Champagne, établit en franchise la « foire de la Madeleine ». En 1205, le pape Innocent III rappelle par une bulle que les comtes de Champagne sont les vassaux de l’archevêque de Reims, pour Épernay, Fismes, Châtillon-sur-Marne, Vertus, et Vitry-en-Perthois Quant au comte Thibault IV, il accorde à la ville une charte communale en 1231 ainsi que le droit d’organiser une compagnie d’archers.

En 1229, la ville est incendiée lors du conflit qui oppose le comte Thibault IV et Hugues de Lusignan au sujet des droits revendiquées par Alix, reine de Chypre au comté de Champagne. Lors de la guerre de Cent Ans, Épernay est plusieurs fois pillée: par Édouard III d’Angleterre en 1359, puis par le fils de celui-ci en 1366. Charles VI en fera cadeau à son frère Louis d’Orléans. Son fils Charles en hérite mais étant prisonniers en Angleterre pendant vingt-cinq ans la donne à son frère Jean et en 1467 elle revient à Charles de Valois-Angoûlème puis en 1496 à François. En 1508, François y institue la Compagnie des Chevaliers de l’Arquebuse, alors que règne Louis XII, elle est constituée de notables sparnaciens afin de leur permettre de s’exercer à utiliser cette arme, alors nouvelle, pour défendre la commune. Cette compagnie laisse son nom à la rue de l’Arquebuse. Sacré roi, la seigneurie d’Épernay est donnée à Louise de Savoie en 1515; elle fait bâtir de nouvelles fortifications car son fils est en guerre contre Charles Quint et la ville est une porte d’entrée en France, ces constructions obligent à détourner le cours du ruisseau Le Cubry de son lit originel vers celui qu’il a encore aujourd’hui, mais il sert ainsi à baigner les remparts.

Elle fait aussi paver la rue centrale, de Châlons à Paris, en 1522 fit confirmer par édit royal trois foires franches à la mi-carême, la Sainte-Croix et la Toussaint. Louise de Savoie meurt en 1532 et la ville se trouve réunie à la couronne jusqu’en 1536, qui la donne en usufruit à Claude de Lorraine, duc de Guise. Celui-ci meurt en 1550 et la ville revient en usufruit à Pierre Strozzi qui meurt en 1558; elle passe alors à Philippe Strozi, puis Diane de Castro, François de Montmorency. Malgré la protection de ces remparts et arquebusiers, la ville subit les ravages des guerres Car tu es bien adroit, et de vaillant courage Tesmoing est de ton cœur cette jeune fureur Dont tu voulus pres Marne assaillir l’Empereur, Lequel ayant passé les bornes de la Meuse

En 1591, la ville tombe aux mains du baron de Rosne; Henri IV décide alors de la reprendre et le maréchal de Biron, fidèle du roi, meurt lors du siège de la ville, le 26 juillet 1592. La ville est finalement reprise par Henri IV, le 9 août 1592. Le 1 octobre 1615, le prince de Condé s’empare de la ville. Il l’obtient finalement par traité en 1616.

Il cède la ville à Henri II d’Orléans-Longueville, comte de Saint-Pol, qui la conserve jusqu’à sa mort en 1631. Étant sur le trajet de nombreuses invasions, la ville a longtemps et régulièrement servi de garnison. C’est ainsi qu’en 1629, fatigués de loger des troupes en raison des incessantes guerres prenant Épernay à partie, les habitants de la ville jettent de nombreux cavaliers du régiment Saint-Simon dans les puits publics; la commune dut verser une amende sur 80 ans en réparation. En 1634, c’est la révolte nobiliaire contre Richelieu, menée par le comte de Soissons, qui s’empare d’Épernay. Après la chute de l’Empire, Épernay s’installe dans une période d’accalmie qui lui permet de se consacrer à son organisation (en 1837, les rues de la ville sont nommées et ses habitations numérotées) et ses équipements. Malgré ces tourments, la ville s’agrandit et, en 1900, est construite la première usine électrique, modernisée en 1912 pour fournir le courant alternatif; elle n’est plus suffisante pour la demande dès 1934. En 1878, le de chasseurs quitte la ville. Pourtant, la ville réclame rapidement une nouvelle présence militaire pour la protéger mais malgré son insistance, le de dragons ne s’installe que le 15 sur des terrains au lieu-dit les Terres Rouges.

En 1907, c’est le de dragons qui s’installe jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Se sont ensuite succédé le de chasseurs portés, une unité d’artillerie spéciale ( d’artillerie), deux régiments de génie ( du génie puis après la dissolution de celui-ci, le du génie) avant que les terrains ne soient attribués à la communauté de communes du fait de la compression des effectifs militaires. Le 27 juillet 1903 la ville est reliée à Montmirail par le train des C.B.R, puis à Ambonnay le 8 pour pouvoir aller à Reims ou Châlons. Lors de la Première Guerre mondiale, la ville est détruite aux deux-tiers. Elle est occupée, pendant la retraite de la Marne, du 4 au 11 septembre 1914 par l’armée allemande qui fait sauter le pont de la Marne lors de sa retraite. Le 5 septembre 1914 au matin, le maire, Maurice Pol Roger, est pris en otage et emmené en voiture jusqu’à Cuis pour être interrogé sur la disparition de parlementaires allemands. Il est finalement libéré dans la soirée et regagne sa mairie à pied.
Elle devient par la suite une ville d’arrière-front, le front s’étant stabilisé de fin 1914 à mai 1918 vers Reims, à au nord. À ce titre, elle est un point de passage des troupes qui y stationnent en grand nombre; ainsi Épernay devient un important centre hospitalier.

Sa proximité avec le front lui fait subir de nombreux bombardements, surtout à partir de 1917, et lui fait craindre de tomber aux mains ennemies lors de l’offensive allemande de mai 1918.
Le 27 mai, l’armée allemande du général von Boehn passe l’Aisne puis la Vesle et pénètre dans le Tardenois. Du 2 au 18 juin 1918 Épernay est bombardée par l’artillerie et l’aviation puis à nouveau du 14 au 25 juillet. La rue du Paulmier et l’église Notre-Dame sont également gravement endommagées. Les troupes de von Boehn parviennent à franchir la Marne et un engagement meurtrier a lieu vers Montvoisin, sur la commune d’Œuilly. Attaquées sur le flanc par les troupes du général Mitry, les troupes de von Boehn repassent la Marne et reculent, dégageant ainsi Épernay définitivement. La ville est décorée de la Croix de guerre le 8 février 1920, par le président de la République Raymond Poincaré, pour sa résistance aux souffrances de la guerre.

Il en profite pour inaugurer le nouvel hôtel de ville, ancien hôtel Auban-Moët. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Épernay est évacuée le 12 juin 1940 à l’aide de convois ferroviaires. Elle subit l’arrivée des nazis à partir du 14 juin dans une ville morte où seuls quelques rares habitants ont demeuré malgré les mises en garde. La prise fût sans bombardement massif, à l’exception du pont routier sur la Marne rapidement remplacé par un pont de bois.
Épernay est libérée le 28 août 1944 par la Armored Division, conduite par le général Silvester, de la 3e armée (États-Unis)| du général Patton. Un habitant a par ailleurs été admis parmi les 4281 Justes parmi les nations de France pour avoir sauvé des personnes juives persécutées par le régime nazi et le gouvernement de Vichy: Jean Royer. Épernay, c’est la ville du vin de Champagne. L’histoire d’Épernay est étroitement liée à celle du vin de Champagne. Son vin est connu dès l’époque gallo-romaine sous l’appellation « vin de rivière ».

Cependant cette économie fondée sur la vigne est régulièrement et durement frappée lorsque les récoltes ne permettent pas de vendre le vin pour acheter des denrées alimentaires. En 1698, la ville est frappée par la famine. En 1778, dans son Almanach général des marchands, négociants, armateurs et fabricants de la France et de l’Europe, l’éditeur parisien Grangé recense parmi les principaux négociants en vin de la ville, ce qui fait sept maisons de champagne importantes. Cette production donne un fort essor économique à Épernay. De nombreux hôtels particuliers abritant les grandes maisons de champagne sont construits entre la seconde moitié du XVIIIe siècle et la fin du XIXe siècle, dotant la ville d’un patrimoine riche. En 1911 se déclenche la révolte des « Cossiers ». Les vignerons durement touchés par les ravages du phylloxéra et les fluctuations du marché assistent impuissants à l’importation frauduleuse par les négociants de vins venus d’autres régions. Des mesures complémentaires pour lutter contre cette fraude tardent à se mettre en place.

Dans une région où la vigne est une activité essentielle, la crise mobilise les populations. Le 19 janvier 1911, les vignerons se révoltent contre les négociants, le vignoble de la vallée de la Marne est en état de siège. La crise ne s’arrête qu’après l’occupation militaire de la région et une forte répression. Le régiment de dragons, en garnison à Épernay, et des éléments de renfort de quatre autres régiments, dont un bataillon des 132e régiment d’infanterie de ligne| et régiments d’infanterie de ligne, interdisent l’accès d’Épernay et, montant la garde à la gare et chez des négociants, se répartissent entre Ay, Cumières, Damery, Hautvillers et Venteuil.

Patrimoine religieux

Pillée, brûlée ou partiellement détruite plus de vingt-cinq fois au cours de son histoire, la ville ne conserve que peu de vestiges du passé mais elle abrite de beaux hôtels particuliers du et compte 149 sites recensés dans la base Mérimée. La ville a établi une ZPPAUP pour protéger ce patrimoine que l’office du tourisme propose de découvrir en diffusant deux brochures sur des circuits dits Épernay, nez en l’air…. De ce patrimoine architectural, on peut citer quelques éléments En outre, d’autres éléments de la ville sont inscrits aux monuments historiques. Une façade Renaissance, au 7 rue du Docteur-Verron, qui se trouvait rue Flodoard à l’origine puis dans le parc de l’ancien hôtel de ville.

La référence à Louise de Savoie est une pure allégation. Cette façade qui a été inscrite au titre des monuments historiques le 19 mai 1993. De par son style, elle a certainement été construite vers 1540. (7 rue du Docteur-Verron), façade. Un immeuble particulier inscrit depuis le 8 septembre 1949 pour ses boiseries intérieures (38 rue du Général-Leclerc), qu’on appelle improprement l’« hôtel de Rohan ».

Ces maisons possèdent des immeubles du de style Renaissance ou classique. Dès 1894, la plupart des grandes maisons actuelles ont déjà leur siège sur cette avenue creusées dans la craie, d’une profondeur d’environ même si quelques-unes atteignent Elles permettent ainsi de stocker d’énormes quantités de bouteilles de vin de Champagne; la valeur numérique de ces stocks lui donne parfois le surnom davenue la plus riche du monde Outre le stockage du vin, elles servent d’abri pendant les différentes guerres et abritent même une course de voitures en 1950 organisée par les usines Renault lors de la présentation de la 4CV. En 1951, au 5 rue Henri-Martin est construite La Maison de la Champagne qui abrite le Comité interprofessionnel du vin de Champagne.

Habits de Lumière est une manifestation culturelle qui a lieu sur l’avenue de Champagne tous les deuxièmes week-ends de décembre. La première édition a eu lieu en décembre 1999. Il comporte notamment une grotte artificielle avec cascade, une île artificielle, un temple de l’amour, le parc de la Maison Gallice et le jardin de la société d’horticulture et de viticulture réalisé en 1873 ou le jardin de la société d’horticulture et de viticulture sont aménagés avec des jeux pour enfants.

Informations Clés

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Population

22.001 habitants

Région

Grand Est

Département

Marne
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