Erbrée
Histoire d’Erbrée
Erbrée est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 1 723 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Arbraio en 1049; Erbreacensis en 1104; Arbreia en 1197; Erbreia en 1210, Herbreia en 1590. Selon Albert Dauzat, il s’agit d’un type toponymique gallo-roman basée sur le mot arbor « arbre », suivi du suffixe collectif -ēta, qui sert notamment à désigner un ensemble d’arbre appartenant à la même espèce, d’où le suffixe français -aie (chênaie, peupleraie, etc.). Le sens global est donc celui de « lieu planté d’arbres ».
Ce nom a dû désigner une plantation artificielle. Remarque: si la forme la plus ancienne est correcte, on peut penser à une formation initiale en -ētum qui a donné l’ancien suffixe masculin -ay de même sens (un chênay, etc.), féminisé par la suite. Dans ce cas, Erbrée est identique à Erbray (Loire-Atlantique, Arbreio 1160).
Cependant, dans les deux exemples, le seul suffixe véritablement identifié dans les formes anciennes est le suffixe gaulois -acum qui pouvait être utilisé de la même manière, d’où la forme Erbreac[-ensis] en 1104 (et Erbray, Arbraiacum 1123). On peut donc se demander s’il ne s’agit pas de ce suffixe, plutôt que de -ētum.
L’église et le presbytère d’Erbrée furent fondés en 1104 par les seigneurs du lieu. En 1199, Jean, chevalier, seigneur d’Erbrée, donna au prieuré Sainte-Croix de Vitré (qui dépendait de l’abbaye de Marmoutier) le tiers de sa terre, située dans la lande Pierre. Le manoir de La Haie a été le berceau de la famille de la Hay, qui était originellement seigneurs d’Erbrée. Paul Hay, en 1633, réunit cette seigneurie à celle des Nétumières et obtint l’érection de celle-ci en baronnie. Un mémoire de Jean de Gennes du Mée indique que son frère Bodynais de Gennes du Mée est mort le, en son manoir de la Brosse, paroisse d’Erbrée. L’ancienne église paroissiale Saint-Martin, dédiée à saint Martin, datait en grande partie du, mais fut détruite au milieu.
Le manoir des Bretonnières fut détruit pendant les guerres de la Ligue, mais il fut reconstruit en 1600 par la famille Morel, ainsi que sa chapelle, qui porte la date de 1598 sur sa pierre de fondation. En 1618, Jean Bonet, recteur de la paroisse, obtint, à la suite d’un procès qu’il intenta au seigneur des Bretonnières, le droit de percevoir les offrandes qui se faisaient dans cette chapelle. Les autres maisons nobles de la paroisse étaient la Ramerie, les Landes, la Huperie, la Tournelière, les Mottes et le Chardronet, cette dernière constituant une enclave de la paroisse d’Erbrée au sein de celle d’Argentré, qui fut annexée en 1790 par la commune d’Argentré. Aux et, les dîmes d’Erbrée, étaient partagées entre le recteur et le prieur de Sainte-Croix de Vitré. Il existait alors à Erbrée une confrérie, la confrérie du Rosaire, fondée de 36 livres de rentes. Six chapelles existaient dans la paroisse: la chapelle Saint-Jérôme du Boisblin (annexée en 1686 par la paroisse de Bréal; elle fut reconstruite en 1771), la chapelle Saint-André des Bretonnières, la chapelle Notre-Dame des Nétumières (qui datait du ), la chapelle Sainte-Magdeleine de Mondevert (devenue par la suite l’église paroissiale de Mondevert), la chapelle de la Picotière et la chapelle de la Haute-Maison (ces deux dernières déjà abandonnées depuis longtemps).
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Erbrée en 1778 Erbrée fait partie des communes déclarées totalement insurgées en 1793-1794. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Erbrée en 1843 Ces auteurs précisent aussi qu’il y avait à Erbrée quatre chapelles, qui n’étaient plus desservies en 1843. Le Journal officiel du indique que Louis Félix Ollivier, député des Côtes-du-Nord, a déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale une pétition hostile à la politique menée par le gouvernement d’Émile Combes signée entre autres par d’Erbrée. Le monument aux morts d’Erbrée porte les noms de morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux, deux (Alexis Fougères, Pierre Lemeslif) ont été décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre et cinq (Léon Diard, Louis Dufeu, Amand Hervagault, Pierre Pannetier, Ferdinand Renoux) de la Croix de guerre.
Cinq soldats (Pierre Bouthemy, Alexis Fougères, Pierre Gallon, Léon Guais, Jules Roulin) sont morts en Belgique dès 1914; deux sont morts dans les Balkans (Jean Desbois à Salonique (Grèce) et Joseph Guyon en Serbie, tous les deux en 1916; tous les autres sont décédés sur le sol français. En 1922, la « Société de distribution d’électricité de l’Ouest » mena une enquête publique sur la commune et quelques communes voisines envisageant la création d’un réseau électrique desservant la commune. Vers 1932, une veuve de guerre qui avait la charge de six enfants ayant décidé de retirer un d’eux de l’école privée catholique pour le mettre à l’école laïque fut attaquée en chaire par le vicaire et le curé la prévint qu’il allait la faire chasser de sa ferme, ce que décida effectivement son propriétaire; le fils se pendit. Le monument aux morts d’Erbrée porte les noms de huit personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux soldats originaires d’Erbrée (Michel Hervagault, Joseph Trotin) sont morts pour la France pendant la Guerre d’Algérie.
Patrimoine religieux
La commune compte un monument historique