Ernée
Histoire d’Ernée
Ernée est une commune de Mayenne, en Pays de la Loire, qui compte 5 576 habitants. Dès le, une charte du mont Saint-Michel mentionne le nom de Territorium Ernei. Le terme Ernacéen est parfois utilisé.
L’occupation humaine sur le territoire de la commune est attestée dès le Néolithique comme en témoignent les deux monuments mégalithiques encore visibles (dolmen de la Contrie, allée couverte de la Tardivière). Le site sommital de Charné est le seul à disposer de mégalithes. Il est situé sur une voie néolithique reliant la baie d’Avranches. Une autre voie au sud rejoint l’embouchure de la Rance. Seule la petite cité de Montenay rayonne entre Diablintidunum (oppidum de Moulay) et les cités d’Alet ou d’Ingena (oppidum d’Avranches) à l’époque celtique. Vers la fin du, le territoire dépend de la cité de Jublains, une des huit cités de l’ouest de la province de Lyonnaise.
Si des habitations de cette époque sont attestées, l’existence probable en tant que ville reste encore hypothétique faute de fouilles approfondies. Saint Ernée ou Ernier a été considéré comme le fondateur de la ville en 532. Il vivait à l’époque de Clovis et faisait partie des ermites qui ont évangélisé la région, envoyés par l’évêque du Mans saint Innocent. Des traces d’un établissement gallo-romain ont été identifiées au début du, au village de Boisières, sur la route de Carelles. La ville se trouve sur le tracé de la voie romaine rejoignant Jublains à Corseul (près de Dinan). Ernée fait partie de la Neustrie qui se forme à partir du sur les restes du royaume de Syagrius entre la Bretagne et la Belgique.
Au, un château est construit pour faire face aux incursions des Bretons. Pendant la guerre de Cent Ans, comme toute la région, la ville d’Ernée est dévastée et ruinée. En 1487, les habitants d’Ernée adressent à Jean d’Armagnac-Nemours, baron de Mayenne et de Sablé, une requête où ils lui demandent que la taille à « esmage et à vis » de soit réduite à la somme de, parce que les guerres précédentes avaient obligé les habitants à s’enfuir et avaient tellement ruiné leur ville que de de contribuables à cette taille, il n’en restait qu’une vingtaine. 1800 maisons ou feux correspond à une population de 7 à. D’autres sources indiquent, correspondant à une population d’environ. À la fin du, au cours de la guerre qui aboutit à la conquête de la Bretagne par la France, les Bretons de Fougères envahissent le pays d’Ernée et s’emparent de la ville, à laquelle ils mettent le feu.
Durant les guerres de religion, la paroisse est ravagée à deux reprises, en 1592 par les Anglais du comte d’Essex, puis en 1596 par des bandes de pillards. L’industrie de la chaussure et du cuir se développe et prospère jusqu’au milieu. Ernée était desservie par la ligne de chemin de fer départemental reliant Laval à Landivy. Cette ligne fut ouverte le et son déclassement fut décidé par le conseil général le. En 1902, la gare d’Ernée-Ville avait accueilli, ce qui en faisait la plus fréquentée du réseau juste après Laval-Ville. La halte d’Ernée-Échange avait accueilli cette même année.