Étrelles
Histoire d’Étrelles
Étrelles est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 2 640 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Straellae au, Estrailles au ou du latin strata (« voie pavée »), avec adjonction d’une fausse initiale (phénomène appelé prosthèse), et chute du -t intervocalique; le mot a été en outre doté d’un suffixe familier diminutif -ella. À du bourg d’Etrelles passait la voie romaine de Rennes au Mans appelée
plus tard le Chemin des Sauniers aujourd’hui la N157.
Une ancienne voie romaine de Rennes au Mans, appelée ensuite chemin des Saulniers passait à au sud de la commune. La maison du Tertre, à Étrelles, date de 1553; elle porte au-dessus de sa porte d’entrée une marque de marchand, probablement un tisserand, réunissant dans un écusson le long d’un axe vertical des initiales et le chiffre 4 terminé par une croix, ce qui est un signe adopté à partir du Moyen-Âge par les marchands chrétiens. Le fait le plus marquant de l’histoire est sans doute l’incendie du bourg le 21 novembre 1589 par sous les ordres de La Courdavon, gouverneur de Vitré, ville assiégée cette année-là par les Ligueurs; du bourg ainsi que Julien Caillel, curé de la paroisse, y trouvèrent la mort.
Un vitrail de l’église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul commémore cet événement. Le 21 novembre 1589 La Courdavon, gouverneur protestant de Vitré, fit une sortie avec ses soldats pour aller prendre Étrelles, prit par force le bourg, « prirent l’église et en fut tué dans ladite église dix sept; et ceux qui étaient au clocher se rendirent par composition et furent pris à rançon quelque partie, et les autres tués ou pendus (.); tuèrent dom Julien Caillet, curé de la dite paroisse, et pillèrent l’église et en emportèrent les richesses (.) croix, calices, chasubles, chapes et autres ornements » écrit le recteur de Saint-Martin de Vitré dans son registre des décès de l’année 1589.
En 1591, pendant les Guerres de la Ligue, « Champeaux, Châtillon, Izé, Étrelles, La Guerche, Domagné, Châteaugiron furent dévastés par les marches et collision [combats] des deux partis ». Selon une tenue rendue le 4 novembre 1603 par la baronnie de Vitré, les fiefs de la Masure-Macé et de la Masure Gouverneur, tous deux en Étrelles, devaient obéissance et payer chaque année une « rente amandable » à la seigneurie de Troussanaye, située en Pocé.