Évian-les-Bains
Histoire d’Évian-les-Bains
Évian-les-Bains est une commune de Haute-Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 9 214 habitants. Le nom d’Évian-les-Bains est composé du toponyme Évian et du déterminant complémentaire -les-Bains, qui fait référence à une ville station thermale. Le nom de la commune devient officiellement Évian-les-Bains par décret. La première mention de la paroisse remonte à 1150 sous la forme latinisée ou franco-provençal Evi-an (< *Eve-an), cas régime de eve « eau » et désignant un « lieu où il y a de l'eau ».
Aqua a régulièrement donné le mot eau en français par l’intermédiaire des formes eve, ewe en ancien français et eve en franco-provençal. En toponymie, il se superpose à son homonyme celtique (gaulois) ava, eva ou eve. En francoprovençal, le nom de la commune s’écrit Évyan (graphie de Conflans) ou Èvian / L’Èvian (ORB).
Située sur le trajet de pèlerinages en direction de l’abbaye territoriale de Saint-Maurice d’Agaune, Évian aurait été tout d’abord une halte, notamment grâce à son port. Elle fut une des cités de l’ancien duché de Savoie et de la province du Chablais. Elle fut notamment une des résidences des ducs de Savoie. Un historien, mentionne des sources selon lesquelles la cité d’Épaone, rendue célèbre en 517, aurait été la même qu’Évian. Il indique dans son ouvrage que lorsque Sigismond accède au trône après s’être converti au catholicisme, les évêques se réunissent en concile d’Épaone, sur les bords du Léman, en Chablais, là où se trouve aujourd’hui Évian. Selon une étude de 2012, la vague du tsunami de 563 aurait eu à Évian (Épaone) une hauteur de.
En 1265, le comte de Savoie concède à la cité une charte de franchises:. L’acte de 1265 mentionne un marché qui était déjà établi dans la ville et crée à l’occasion une foire en rachetant des terres agricoles. De 1536 à 1569, la ville, chef-lieu du bailliage d’Evian, est sous domination valaisanne. Elle est rendue à la Savoie par le traité de Thonon. La ville va se développer entre le et le avant de rentrer en sommeil et de connaître un nouvel âge d’or aux, grâce au développement du thermalisme. Les quelques sources qui font surface à Évian sont encore très peu connues à l’époque de la Révolution française.
Analysée en 1807 et en 1808, l’eau d’Évian démontre des qualités pour le traitement des voies urinaires. L’accès à Évian est facilité par la création de son port, puis le passage de la route qui relie Paris à Milan (1809). Un Genevois, fonde la Société des eaux minérales d’Évian en 1823. Il acquiert les deux sources dont la plus connue, la source dénommée Cachat, du nom de la famille qui les cède, le. La société de, après avoir fait faillite, est reprise en 1859 et l’on construit l’Hôtel des Bains. Viennent s’ajouter plusieurs autres établissements, l’hôtel des Quatre Saisons, l’hôtel de France, l’hôtel des Alpes Le cadre offert par la proximité du lac permet diverses attractions (promenades en canots, balades).
La Société anonyme des Eaux minérales de Cachat, créée le par des investisseurs parisiens, assure la vente de l’eau d’Évian. Dès l’année suivante la société Cachat inaugure l’Hôtel des Bains, le premier établissement de lu, dont 280 dans le village. Le duché est réuni à la suite d’un plébiscite organisé les 22 et où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France? La petite ville des bords du Léman affiche sa nouvelle vocation en devenant Évian-les-Bains.
Plusieurs sources suivent la principale, la source Cachat, et offrent leurs services: Guillot, Bonnevie, Corporau. Les expériences et l’utilisation de l’eau permettent de confirmer ses propriétés et de préciser les modes d’administration. En même temps que la Troisième République s’installe, les voies de communication, route et voie ferrée, permettent le développement du tourisme et l’accès à la station thermale. Un tramway le dessert depuis la gare ferroviaire pendant jusqu’à l’ouverture du funiculaire. De nombreuses villas sont également construites et bordent le lac. Un théâtre et le casino (dessiné également par Hébrard et construit par Jules Clerc (1883-1885)) occupent les curistes et les écrivains de l’époque (Anna de Noailles, Frédéric Mistral, Marcel Proust).
La ville gagne du terrain en aménageant un quai sur le lac. L’établissement thermal, enfin, est construit à proximité de la résidence des frères Lumière (1902), laquelle fut transformée en Hôtel de ville. Une population touristique internationale fréquente Évian entre les deux guerres. De nombreuses têtes couronnées, des écrivains et personnes mondaines sont aperçues dans la ville (l’Aga Khan III, le maharadjah de Kapurthala, le président français Albert Lebrun.). Le Tour de France cycliste y fait également halte à plusieurs reprises, le premier départ en province de la Grande Boucle est donné à Évian (1926). En 1929 la mairie décide de construire, en plein centre-ville, un gymnase et des bains-douches municipaux et gratuits pour la population avec piscine.
Le bâtiment a été dessiné par l’architecte Henri Jacobi et inauguré en 1933. La salle en haut jouait le rôle de salle polyvalente et y accueillit de nombreuses réunions et festivités jusqu’en 1956 et l’inauguration du nouveau Palais des Congrès. Le bâtiment a été utilisé par le club de Gymnastique (1933-2015), de Judo (1965-1983) et de boxe. Le bâtiment a été démoli en dans le cadre du projet immobilier du Carré Saillet. En juillet 1938, se tient à Évian une conférence initiée par le président américain Franklin Roosevelt pour traiter de la question de l’afflux de réfugiés, principalement juifs, fuyant le régime nazi en Allemagne et en Autriche récemment annexée. La conférence d’Évian réunit une trentaine de délégations internationales à l’hôtel Royal.
Après la guerre, l’activité hôtelière redevient florissante jusqu’en 1950, mais la Seconde Guerre mondiale a démodé le thermalisme et détourné de nombreux touristes vers d’autres destinations. Les hôtels sont transformés en résidences, la fréquentation baisse et la renommée s’estompe. Les accords d’Évian, après des négociations dans ce lieu, ont été signés entre les représentants du Front de libération nationale algérien et ceux du gouvernement français, préparant l’indépendance de l’Algérie. Cet événement permet à la station d’exister à nouveau, sous l’impulsion de Camille Blanc, maire de l’époque; il est assassiné dans la nuit du 30 au, attentat attribué à l’OAS qui faisait pression pour que les négociations entre les deux parties ne se déroulent pas à Évian. Squatté, le bâtiment dépérit et la Société des Eaux finit par le faire démolir en 1983. À sa place est aménagé un parc.
Évian-les-Bains a accueilli le sommet du G8, du. Le ministre du Tourisme, Léon Bertrand, inaugure la partie congrès du palais Lumière. Évian-les-Bains doit accueillir le sommet du G7 en juin 2026.