Fleurines

Histoire de Fleurines

Fleurines est une commune de Oise, en Hauts-de-France, qui compte 1 827 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Florinas en 1061; villam nuncupatam Florinas (1061); Florinoe (1061); de Florinis (1095); Fleurennes (1260); Flourannes (1260); Florisicurtis (vers 1300); Florines (1478); Flourines (vers 1510); Fleurine (1617); Fleurines (1667); eccl. de Florinis (1700); Fleurinne (1728); Fleurines en Halatte (1789). Des hypothèses anciennes ont été formulées sur l’étymologie du toponyme Fleurines.

Il a été supposé qu’il pourrait être issu du latin figula « poterie » ou bien encore de Flor Arenarum « fleur des sables », étant donné l’existence de la « montagne de sable » à Fleurines (près de la piscine). Or, la forme ancienne disponible et la connaissance des lois de la phonétique invalident ces théories. En effet, on ne voit pas comment d’hypothétiques mentions latines (dont on ne conserve aucune trace) *Figula (ou plutôt un dérivé *Figulinas) ou *Florarenarum auraient pu être latinisées en Florinas, ni pourquoi d’ailleurs.

En revanche, l’évolution phonétique de Florinas en Fleurines est tout à fait régulière en langue d’oïl. Albert Dauzat et Charles Rostaing émettent l’hypothèse d’une formation en -īnum, à savoir -īnas à l’accusatif féminin pluriel, basée sur le nom de personne latin Florus, au sens global de « propriété, lieu de Florus » (voir à ce sujet les formations toponymiques de l’Antiquité tardive et du début du Moyen Âge en -iacas qui ont donné -ies dans le nord de la France et en Belgique). Jacques Chaurand et Maurice Labègue reprennent cette thèse et suggèrent également le nom commun flor- « fleur », suivi du même suffixe, au sens de « lieu des fleurs ».

Le village de Fleurines est nettement moins ancien que la plupart des autres villages de la région, et son existence n’a laissé aucune trace écrite avant le. Un ancien chemin gaulois traverse cependant le village d’est en ouest. L’origine du hameau de Saint-Christophe ne peut être datée avec exactitude, pas plus que celle de Fleurines, mais remonte au moins à l’. La colline de Saint-Christophe portait alors le nom de mont Hermenc, d’après celui d’un propriétaire qui possédait également une villa qui s’y trouvait (dans des textes rédigés en latin médiéval « villa nomine Hermane »), et fut déjà le siège d’une petite abbaye, appartenant au chapitre de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, relevant de l’évêque de Beauvais. Les moines ne possédaient que quelques parcelles de la forêt d’Halatte se situant sur le diocèse de Senlis, et n’en tiraient que des revenus insuffisants. En 1061, ils décidèrent donc d’offrir l’abbaye à l’écuyer Waleran ou Galeran de Senlis, apprécié par le roi Philippe, qui en fit son grand chambellan, puis son ministre des finances. La stratégie des moines se révéla payante, car Waleran se montra en échange d’une grande générosité. Il finança la construction d’une église et d’un nouveau monastère, offrit à l’abbaye des terres, des vignes, des bois, deux métairies et des immeubles à Meaux, et mit à sa disposition des serfs.

Le roi à son tour accorda à l’abbaye une charte d’immunité. Waleran avait toutefois négligé l’effet que leur soudaine richesse aurait sur les moines, entraînant des débordements. Afin de résoudre ce problème, il décida de rattacher le monastère au prieuré clunisien de La Charité-sur-Loire, choix apparemment motivé par le fait que son fils Pierre y fut moine. Waleran procura encore au prieuré de Saint-Christophe ainsi créé en 1083 les revenus de la commanderie des Templiers et de la cure de Lagny-le-Sec. Pendant le Moyen Âge, c’est encore le hameau de Saint-Christophe qui est au centre de l’histoire, grâce à son prieuré, et non le village. En effet, les rois de France ayant droit de gîte au prieuré, ils l’utilisent souvent comme relais de chasse. La situation de Fleurines sur une grande route n’est pas toujours avantageuse pour son développement, car elle expose le village davantage aux pillages commis habituellement par des soldats de passage. Les villageois se voient obligés de fournir un contingent de soldats à Philippe Auguste pour la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214.

Pendant le siège de Senlis lors de la huitième guerre de religion, en 1588, les armées de la Ligue commettent des exactions à Fleurines. Le premier plan de Fleurines est dessiné en 1602, en tant qu’élément des fresques peintes par Toussaint Dubreuil dans la galerie des Cerfs du château de Fontainebleau. Le village connaît alors un essor, qui est dû au développement favorable de l’activité tuilière, attestée par des documents depuis le. La route des Flandres, appellation locale de la nationale 17, ainsi que la rue de l’Église et la rue des Frièges sont pour la première fois pavées. Les tuiliers, de plus en plus nombreux, prélèvent la terre d’argile en forêt d’Halatte, ce qui occasionne des dommages à la forêt. Après l’envisagement de plusieurs solutions pour mettre les tuiliers à contribution, ils s’engagent en 1670 de verser une somme de dix livres annuellement, système qui reste en vigueur jusqu’en 1839. La Révolution française ne provoque aucune réaction particulière à Fleurines; tout au plus, les habitants commentent-ils les événements dans la capitale et les nouveaux décrets promulgués à la sortie de la messe dominicale. Pour la fête de la Fédération le 14 juillet 1790, quarante citoyens du district de Senlis sont choisis pour participer aux cérémonies à Paris, dont un habitant de Fleurines.

À son retour, ce dernier, Pierre Nicolas Lavoisier, est toutefois accueilli par des chants patriotiques. Trois mois plus tard, le palais prieural de Saint-Christophe est vendu comme bien national et adjugé à Jean Charton. La rapidité de la dissolution du prieuré s’explique sans doute par l’absence de moines pendant les dernières années avant la Révolution. N’était resté qu’un fondé de pouvoir du prieur commendataire, continuant d’encaisser les revenus dont la raison d’être avait été le financement de l’entretien des moines. En octobre 1793, la société populaire de Fleurines rebaptise bon nombre de rues aux noms à connotation religieuse ou évoquant l’Ancien Régime. Les symboles ecclésiastiques sont supprimés partout, sauf à l’intérieur de l’église, y compris statues, calvaires et la croix de cimetière. L’église de Fleurines devient Temple de la Raison et l’église prieurale simplement « temple ». Elle conserve son clocher, refait vingt ans auparavant, mais celui de Fleurines est démoli, un seul clocher étant désormais autorisé par commune.

Toutefois, la nef et les bas-côtés de l’église de Saint-Christophe sont utilisés comme carrière de pierres. En même temps, Charton, impliqué dans la fusillade du Champ-de-Mars, est arrêté et guillotiné le 27 juin 1794. Ceci n’empêchera sa veuve de récupérer le « château », où elle finira ses jours longtemps après. Le village reste à l’abri des événements accompagnant les périodes agitées du Consulat et de l’Empire. Mais à la chute de ce dernier en 1815, les troupes françaises en retrait traversent Fleurines, et avec leur lot de malades et blessés, confrontent le village avec la réalité des événements. Les troupes d’occupation allemandes et anglaises font fuir les habitants dans la forêt et pillent plusieurs maisons. En 1837, l’industrie tuilière emploie cent cinquante personnes dans quatorze tuileries. L’effectif permanent d’une tuilerie se compose typiquement de deux hommes, trois femmes et trois enfants, rémunérés à la pièce.

La production annuelle s’élève à quatre millions de tuiles, trois cent mille carreaux et autant de briques, ainsi que huit mille faîtières. La production a toujours recours aux gisements de marne verte autour de Fleurines, riche en argile. Le nombre de fours de tuilerie augmente encore et atteint dix-sept à son apogée, mais l’activité décline au début du comme conséquence de l’industrialisation. Ainsi en 1927, seul reste en fonctionnement le four de Léon Havy. Le Second Empire est bien accueilli par les Fleurinois, qui acclament largement Napoléon III. En décembre 1870, pendant un hiver particulièrement rude avec en décembre, le village est occupé par les Prussiens qui commettent des pillages. Après le retour de la paix, la contribution de guerre exigée par eux finit de ruiner le village. Au début de la Première Guerre mondiale, quand les villes voisines comme Senlis, Creil et Pont-Sainte-Maxence sont incendiées par les Allemands, Fleurines échappe de peu à un destin semblable.

En effet, le soir du 7 septembre 1914, l’escadron d’uhlans qui venait de dévaster Creil arrive à Fleurines et demande à boire dans les bars et cafés du village. Bien que le maire ait conseillé aux habitants de renoncer à toute provocation, les soldats menacent de mettre le feu au village. Arrive alors une deuxième unité, dont le capitaine, John Evann, est un peintre qui avait souvent travaillé à Fleurines et joué aux cartes avec les habitants le soir. Il salue le futur maire, et ordonne aux soldats d’épargner Fleurines.

Patrimoine religieux

La commune compte deux monuments et deux objets répertoriés à l’inventaire des monuments historiques d’une petite église de la seconde moitié.|Église de l’ancien prieuré Saint-Christophe; chœur et chapelle nord.

Informations Clés

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Population

1.827 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Oise
(60)

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