Gardanne
Histoire de Gardanne
Gardanne est une commune de Bouches-du-Rhône, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 21 174 habitants. Gart Ana: gart, mot d’origine germanique, hérité des Francs et de Charlemagne, signifiant « jardin », et ana, provenant du latin, signifiant « marais » ou « eau ». Les mots « jardin » et « eau » signifiant « terre fertile ». Ce sont les lettres G et A que l’on retrouve dans les armoiries données à la ville par le roi René (Armorial général de 1697).
En microtoponymie, le devens signifie anciens communaux. En provençal, la langue régionale, son nom est Gardana selon la norme classique et Gardano selon la norme mistralienne (phonétique). Le nom de Gardanne, attesté Gardana en1022 et Guardana en 1034, pourrait être issu du nom de personne germanique Werdan suffixé au féminin -a pour *Wardana (villa ou terra).
Une autre hypothèse fait venir le nom de Gardanne de la racine pré-indo-européenne *gar, attachée à l’idée de « pierre, rocher », allongée en -d-ana, comme pour le roc de Jardane près de Serres (Hautes-Alpes).
Un site néolithique, où des vestiges datant du IVe millénaire av. ont été mis au jour en 2003, permet de penser que l’occupation du territoire de l’actuelle commune de Gardanne est très ancienne. Mais il semble que la naissance de la ville date du Moyen Âge, avec la construction d’un castrum sur le versant sud de la colline du Cativel. Dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, il est fait mention dès le de ce castrum, de l’église paroissiale Notre-Dame qui y fut transférée, et des terres appartenant à l’abbaye. Pendant tout le Moyen Âge le bourg enfermé dans ses remparts et la seigneurie de Gardanne appartiennent à différentes familles nobles. Dès le, les habitants revendiquent des franchises et libertés par l’intermédiaire de leurs magistrats communaux.
En 1359, André de La Fare, damoiseau originaire de la Celle (baillie de Brignoles) acheta plusieurs terres situées à Gardanne pour. Il fut coseigneur de Gardanne tandis que son père, le chevalier Boniface de La Fare, était coseigneur de La Roque d’Anthéron. Par la suite, André de La Fare fut condamné à mort et ses biens furent confisqués. Il eut au moins un fils, prénommé Jean, coseigneur de Gardanne en 1379, qui prit part pour Charles Duras. Le roi René, roi de Sicile, comte d’Anjou et de Provence, devient propriétaire du domaine communal et l’administre de 1454 à sa mort en 1480. Le pavillon de chasse, qui existe toujours, communément appelé « Pavillon du Roi René » ou « Pavillon des Quatre Tours » n’a jamais été la propriété du roi René puisqu’il a été construit entre 1573 et 1583, soit après la mort du souverain.
Ce bâtiment a été restauré récemment par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le château du roi René à Gardane (Graphie du ) est aujourd’hui entièrement détruit. Il se situait non loin de l’hôtel de ville actuel. Le roi aimait s’y rendre pour s’adonner avec ses hôtes à ses passe-temps favoris: l’agriculture, la culture de la vigne, l’élevage et la chasse. Il y entretenait entre autres un troupeau comptant jusqu’à. La ville passe ensuite sous contrôle de la famille de Forbin, dont l’un des membres, Claude de Forbin, deviendra corsaire de Louis XIV.
En 1676, les habitants obtiennent du roi le rachat de leur domaine pour le prix de et se défont de la tutelle seigneuriale. C’est aussi à cette époque que commence l’exploitation, individuelle, du charbon de terre, qui affleure par endroits à la surface. Rapidement, le charbon est recherché pour compenser la pénurie de bois qui frappe la région. Au, l’exploitation du charbon se modernise et alimente les industries marseillaises (huileries, tuileries, savonneries) très gourmandes en énergie. Le village, essentiellement agricole, se métamorphose avec l’extension du centre-ville, la couverture du ruisseau Saint-Pierre qui le traverse et la construction d’une gare (voie ferrée Marseille – Aix-en-Provence). Le peintre Paul Cézanne y habite quinze mois entre 1885 et 1886 et y peint des tableaux considérés comme précurseurs du cubisme.
L’installation de l’usine d’alumine Pechiney et le fonçage du puits de mine vertical à Biver, à la fin du, marquent le virage industriel pris par la commune. La population augmente rapidement ( en 1809, en 1900, en 1946, en 1999) et accueille une main-d’œuvre immigrée venue d’Italie, de Pologne, de Tchécoslovaquie, d’Arménie, d’Espagne et d’Afrique du Nord. Chassés de leur pays d’origine par la misère et la guerre, ces nouveaux arrivants s’intègrent en travaillant à la mine, à Péchiney ou en ouvrant des commerces. Les effectifs à la mine atteignent un maximum en 1949 ( pour l’ensemble du bassin minier) puis décroissent jusqu’à l’arrêt de l’extraction en février 2003. En 2003, Pechiney, dont faisait partie l’usine de Gardanne, est racheté par le groupe canadien Alcan. En 2007, Alcan est racheté par le groupe anglo-australien Rio-Tinto.
En 2012, l’usine est finalement reprise par le groupe Alteo créé par le fonds d’investissement américain (en) HIG. Fin 2019, l’usine d’alumine Alteo de Gardanne est mise en redressement judiciaire. La production d’aluminium est très énergivore. L’après-guerre voit naître une importante centrale thermique fonctionnant au charbon, d’une puissance initiale de constituée de trois tranches de chacune; elle sera agrandie en 1967 par l’adjonction d’une tranche 4 de fonctionnant toujours au charbon, puis en 1981 par l’adjonction d’une tranche 5 de après la fermeture des trois premières tranches, devenues trop vétustes. En 1995, la tranche 4 rénovée, abrite la chaudière LFC (lit fluidisé circulant) la plus puissante au monde. Elle est de nouveau rénovée de 2012 à 2016 pour fonctionner à la biomasse mais avec une puissance réduite à.
En 2005, la tranche 5 est équipée d’unités de dénitrification et de désulfuration afin de limiter les rejets respectivement de NOx et de SOx. Le projet de transformation de la centrale thermique en une des plus importantes unités européennes de production d’énergie alimentée par la biomasse est l’objet de controverses quant à son aspect démesuré, son efficacité énergétique et aux risques de déforestation et de déstructuration de la filière bois locale. La ville doit cartographier et gérer les séquelles industrielles et environnementales minières et passer à l’après-mine; elle entame alors une nouvelle mutation dont le point de départ est l’installation du centre microélectronique de Provence (CMP) de l’École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne. Début 2021, seule la tranche fonctionnant à la biomasse d’une puissance de est en service. La dernière tranche fonctionnant au charbon a été définitivement arrêtée en, soit deux ans. En décembre 2025, la préfète des Bouches-du-Rhône signe un arrêté de prescriptions complémentaires qui régularise la centrale à biomasse de Gardanne.
Patrimoine religieux
Pavillon de chasse du Roi René.jpg| Pavillon de chasse du Roi René RD7 Gardanne Bouches-du-Rhône.JPG| Pavillon de chasse du Roi René à Gardanne.jpg| La Luynes Pavillon de chasse du Roi René Gardanne.JPG|
La Luynes au pavillon de chasse du Roi René à Gardanne.jpg|