Gestel

Histoire de Gestel

Gestel est une commune du Morbihan, dans la région Bretagne, qui compte 2 592 habitants. Son nom est attesté sous les formes Istel en 1382, Jestell en 1387 et Yestell en 1416. En breton, le nom de la commune s’écrit Yestael, prononcé eʃtœl par les locuteurs locaux. Les noms français et breton de la commune, Gestel et Yestael, n’ont pas une origine certaine: Gestel pourrait venir du breton guestel ou guerved (gîte des cerfs), tandis que Yestael viendrait du breton iost-hael (juste et noble). Sur la commune de Gestel, comme sur les autres communes de Lorient Agglomération et plus généralement du Morbihan et de la Bretagne, les nouveaux panneaux de signalisation routière, notamment de ville et de directions, comportent régulièrement des indications bilingues associant les toponymes français et breton.

Le dolmen de Lonch Torrigan, dit aussi dolmen de Kerledan ou dolmen En Tri Men, se trouve au sud de la commune: il est en granite local et constitué d’une table soutenue par trois piliers. Le nom Torrigan est une déformation du mot Korrigan et illustre une ancienne croyance selon laquelle les dolmens étaient la demeure des korrigans. Plusieurs stèles de l’âge du Fer ont été signalées sur le territoire de la commune, mais seulement deux sont aujourd’hui visibles. Au château du Verger, des fragments de tegulae ont été retrouvés, témoignant d’une occupation gallo-romaine du site.

Gestel appartient primitivement à la paroisse de Quéven. Les paroisses de Quéven (Quetguen en 1387) et de Bihoué (Bevoy en 1387) furent autrefois partie de la paroisse primitive de Ploemeur. Au Moyen Âge, un monastère situé au lieu-dit Moustoiric est une dépendance de l’abbaye de Saint-Maurice de Carnoët. En 1387, Gestel s’unit à Bévoy (Bihoué) pour former une paroisse unique. La paroisse de Gestel aurait été unie à celle de Lesbin dans le courant du Moyen Âge. Au XVIIIe siècle, Gestel dépend toujours de l’ancienne paroisse de Lesbin à Pont-Scorff, et ce jusqu’à la Révolution. La commune appartient au diocèse de Vannes.

En 1649, Henry du Lain fit rebâtir la nef de la chapelle de Kergornet, dont une des sablières portait la date de 1464 avant sa destruction pendant la Seconde Guerre mondiale. Les seigneurs du Lain possédaient une chapelle prohibitive (chapelle privée), qui fut reconstruite en 1773. La seigneurie du Lain ou du Lein fut la propriété successive des familles Le Lain, Lantivy, Guyardet et enfin Monistrol. Cette transmission seigneuriale traverse plusieurs siècles et témoigne de la stabilité du tissu nobiliaire local jusqu’à la Révolution. Gestel est érigée en commune en 1790, dans le mouvement général de réorganisation administrative entrepris par l’Assemblée nationale.

Le maire de Gestel, François du Liscouët, accusé de complicité avec le chef chouan Julien Videlo dit Tancrède, fut arrêté le 19 prairial an IX, dénoncé par le chef chouan Dominique Miller dit La Bretagne, qui avait été arrêté précédemment. Dans la nuit, le directeur et le substitut se rendirent à Kerlarmet en Gestel, avec une escorte de gendarmes et de grenadiers, et firent de fructueuses découvertes dans la maison même du maire. Ils y saisirent en effet 900 cartouches, des barils, des bouteilles, des cornes et des bambous remplis de poudre, quatre sacs de balles dont l’un pesait pas moins de 250 livres, cinq fusils et quatorze baïonnettes. Ils mirent en état d’arrestation, comme complices, receleurs ou commissionnaires des chouans, Duliscouët et son fils aîné, puis Maurice Rio de Keroch en Quéven et sa fille Marie. François Duliscouët fils et Marie Rio furent remis en liberté plus tard. Après onze mois de détention dans les prisons de Lorient et de Vannes, une longue maladie et trois procédures, le maire de Gestel, dit Kernabat, fut enfin acquitté par le Tribunal criminel.

Les forces de l’ordre avaient déjà tenté de l’arrêter, ainsi que d’autres chouans, lors d’une opération antérieure qui avait échoué: les chouans qui se terraient dans les hameaux de Loquion, Kergornet, Kerlarnet et Kerousseau étaient parvenus à s’échapper. En 1818, le village de Gestel est représenté sur le plan cadastral par quelques habitations entourant l’église et le long de la route de Lesbin à Quéven; la paroisse de Gestel est créée à cette époque. En septembre 1863, le chemin de fer arrive à Gestel avec l’ouverture du tronçon Lorient-Quimper de la ligne de Savenay à Landerneau. La voie traverse la commune d’est en ouest et la gare de Gestel est construite à proximité du village; cette arrivée d’un nouveau moyen de transport provoque la construction de quelques maisons et de plusieurs hôtels. En 1871, Théophile Viollet du Breuil, inspecteur général des Ponts et Chaussées, achète le château du Lain; il fait dessiner à partir de 1875 le jardin du parc paysager et fait construire un nouveau château à l’emplacement de l’ancien manoir, qui avait été vendu en 1809 à François Buret puis avait été la propriété de sa fille Bonne-Marie Buret.

Patrimoine religieux

L’édifice paroissial actuel, au plan en croix latine, est une reconstruction de 1959, sur le site de l’église détruite lors de la Seconde Guerre mondiale en 1945, avec des éléments réutilisés, notamment la base et les colonnes du chœur, les colonnes des bas-côtés et les sacristies. Le plan cadastral daté de 1818 figure, au même endroit, une ancienne église, qui fut elle-même reconstruite en 1896. Située sur un point haut du bourg, l’église actuelle comporte un enclos abritant le monument aux morts de la commune et une croix monumentale dont le socle porte l’inscription 1660. L’église conserve une statue en bois polychrome de Notre-Dame des Fleurs et une bannière en soie brodée. Le bâtiment qui figure sur le cadastre de 1818 n’existe plus: il est remplacé par le presbytère actuel, construit en 1828 et agrandi en 1892. Une ancienne chapelle de style néo-roman, datée des années 1870, fut détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et reconstruite sur le site en 1952; elle abrite une statue de sainte Flamine et une bannière en soie brodée la représentant, et le site comporte une fontaine édifiée en 1875 au nord-ouest de l’ancienne chapelle ainsi qu’une croix contemporaine. La chapelle Sainte-Anne, dont l’édifice actuel date de 1952, fut reconstruite avec les éléments réutilisables de l’ancienne chapelle classée monument historique, détruite en 1944. Édifiée au village de Kergornet par les seigneurs du Vergier et de Bizien, une sablière du chœur portait l’inscription « En l’an mil CCCCXLIII fut fait ce bois ». En forme de croix latine, elle possède deux bas-reliefs représentant des animaux; sa nef, qui a un porche au nord, fut agrandie en 1649, et le clocher carré à l’ouest, de style Renaissance, fut construit en 1786.

Informations Clés

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Population

2.592 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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