Gif-sur-Yvette
Histoire de Gif-sur-Yvette
Gif-sur-Yvette est une commune de Essonne, en Île-de-France, qui compte 22 352 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Gito. Il s’agit d’un toponyme obscur, probablement prélatin qu’il convient peut-être de rapprocher de Gien. Le nom de la rivière l’Yvette est issu de l’ancien français ive, eve (du latin aqua) signifiant « eau », suivi du suffixe diminutif -ette, d’où le sens global de « petite eau ».
La mention du nom de la rivière fut ajoutée en 1932.
La présence humaine est attestée sur le plateau de Moulon dès le néolithique grâce à une fouille archéologique préventive, au cours de laquelle les restes d’un village celtique, datant de la fin du au début du, furent découverts sur le territoire communal, en. Il s’agissait d’un assez gros village composé d’une quinzaine de bâtiments construits en bois, sur pilotis, avec des murs en torchis. Des bâtiments secondaires à vocation agricole (grange, étable, grenier) et peut-être artisanale ont été découverts à proximité de ces maisons. Ce village s’inscrivait dans un paléo-paysage agricole, et possédait peut-être une capacité défensive grâce à son implantation en rebord de plateau. Après la conquête romaine (de -58 à -51), la commune se trouva sur le passage de la voie romaine entre Lutèce et Autricum.
Au fut mentionnée l’existence de l’abbaye du Val-de-Gif, tenue par des bénédictines qui disposait alors d’un domaine de dix hectares. L’abbaye bénéficia d’une restauration commandée par l’évêque de Paris Maurice de Sully. Des vestiges d’habitations dans le bourg actuel, datant du et du, ont été mises en jour lors de fouilles réalisées en 2011. Durant la guerre de Cent Ans, le territoire et l’abbaye furent dévastés. Au, l’abbaye proche du jansénisme fut disgraciée et le domaine partagé. Deux familles se succédèrent à la tête de la seigneurie, les Mérault puis les Débonnaire.
À cette époque, le bourgeois parisien Gilles de Trapu fit construire le château de Belleville. En 1754, Claude Mérault commanda la construction du château de Button, qu’il ne vit jamais fini puisqu’il en fut achevé qu’en 1771 alors que la famille Débonnaire avait pris possession du domaine. Lors de la Révolution, l’abbaye fut dissoute et vendue le à un bourgeois versaillais qui démantela les bâtiments pour en vendre les pierres. Au, Gif restait un village agricole cultivant en particulier la fraise dans la vallée et les céréales sur les plateaux. Des équipements importants furent ajoutés, des lavoirs, une école, un marché. En 1859, Napoléon III offrit à la paroisse un tableau de Louis Dauberon représentant un Ecce Homo.
En 1867, Gif fut reliée à la Ligne de Sceaux et sa Gare de Gif-sur-Yvette fut inaugurée le. Celle de Courcelle (la maison du garde-barrière qui a été agrandie) a été inaugurée le. En 1831, le baron Claude François de Méneval, secrétaire de Napoléon fit construire le château de l’Ermitage. En 1882, l’écrivain et salonnière Juliette Adam s’installa dans l’ancien domaine de l’abbaye et y organisa des fêtes littéraires. Elle participa ainsi à la mode des résidences secondaires, construites par les bourgeois parisiens dans la vallée de Chevreuse. En 1912, Édouard Noetzlin, directeur de la Banque de Paris et des Pays-Bas, acquit le château de Button.
Pendant la Première Guerre mondiale, le château de Courcelle devient un Hôpital auxiliaire pour convalescents militaires (HACM). Après la guerre qui vit la perte de quarante-cinq Giffois, la commune de Gif connut une importante croissance démographique. La ville prit le nom de Gif-sur-Yvette en 1932. Le fut inauguré le monument aux morts communal. En 1922, le château de Belleville fut transformé en école agricole et ménagère par sa propriétaire Léontine Thome. En 1938, la commune acheta le château de l’Ermitage pour y installer la mairie.
En 1946, le Centre national de la recherche scientifique racheta au fils d’Édouard Noetzlin, le géologue, la propriété de Button pour y construire des laboratoires de recherche, dont le Phytotron. Des logements de fonction du Commissariat à l’énergie atomique furent construits dans la propriété du Val Fleury, acquise en 1947. En 1952, Fernand Léger acheta l’ancienne guinguette du Gros Tilleul pour y installer son atelier. La même année, le duc de Windsor et Wallis Simpson y acquirent une maison de campagne, Le Moulin de la Tuilerie, vaste demeure créée à partir d’un ancien moulin et de plusieurs granges (ils vivaient à Paris villa Windsor). Ce fut le seul bien immobilier que posséda le couple ensemble, et ils y passèrent leurs week-ends pendant une vingtaine d’années, y recevant de nombreux invités célèbres, parmi lesquels Richard Burton et Elizabeth Taylor, Cecil Beaton et Marlene Dietrich. Dans les années 1960 et 1970 Gif connut un important développement démographique.
Au début des années 1960, la municipalité décida la construction d’un vaste ensemble de logements mêlant HLM, « immeubles à loyers normaux » et appartements en accession à la propriété. Elle acquit alors un terrain vierge de à l’emplacement du potager de l’ancienne abbaye. Selon Robert Trimbach, maire de 1959 à 2001, il s’agissait de créer « un jardin au sein duquel on habite et on vit », les voitures seraient parquées à l’écart et les immeubles s’ouvriraient sur des espaces verts avec cheminements pour piétons. Les premiers habitants de ce programme de s’installèrent en 1967. Des équipements collectifs suivirent: centre social en 1968, école en 1969, bibliothèque en 1970. Un autre projet d’envergure prit naissance en 1969: la création d’une zone d’habitation majoritairement pavillonnaire « à l’américaine » sur le plateau sud de la vallée, qui allait devenir le quartier de Chevry.
La zone envisagée se trouvait sur trois communes: Gometz-la-Ville (52 %), Gif-sur-Yvette (42 %) et Gometz-le-Châtel (5 %). Les trois communes créèrent une zone d’aménagement concerté (ZAC), dont le rattachement entier à Gif-sur-Yvette fut finalement décidé en 1974. En 1975 s’installa sur le plateau du Moulon l’École supérieure d’électricité, confirmant encore la vocation de la ville dans les domaines des sciences et de l’enseignement. En 1976, elle compléta l’acquisition du quartier de Chevry en achetant à la commune de Gometz-la-Ville le château de Belleville pour y installer une maison des associations. En 1985, l’église Saint-Rémi bénéficia d’une campagne de restauration. En 2003, la commune racheta le château du Val Fleury.
La ville subit un très fort orage entraînant une crue imprévue des cours d’eau, nécessitant l’évacuation de deux cents personnes. Le quartier du centre-ville, où coule la Mérantaise fut inondé, l’eau y atteignant deux mètres par endroits.
Patrimoine religieux
Le patrimoine architectural de Gif-sur-Yvette est constitué de divers bâtiments