Goussainville
Histoire de Goussainville
Goussainville est une commune de Val-d’Oise, en Île-de-France, qui compte 30 693 habitants. Gunsane Villa en 832, Gunsanevilla en 862, Gunseivilla en 1137, Gunzavilla en 1173, Gonsenvilla au, Gosseynvilla en 1221, »Guossenvilla en 1247. Gunsane Villa en 832, c’est la ferme de Gunza.
Dans les carrières de Goussainville et des environs (Fosses, Le Plessis-Gassot…) foisonne toute une faune de coquillages fossilisés, notamment des huîtres, dont les origines remontent à plusieurs millions d’années. D’autre part, trouvés en surface de terres cultivées, de nombreux silex taillés, outils et armes rudimentaires tels que grattoirs, haches et pointes de flèches, outillages agricoles du Paléolithique au Néolithique témoignent de la présence d’hommes préhistoriques dans la région depuis. Des fouilles dans les plaines environnantes ont mis au jour des thermes, des cimetières, des fosses-dépotoirs de villas gallo-romaines du. Des monnaies romaines ont notamment été découvertes dans des jardins du village. D’autres preuves matérielles, comme des fragments de poteries, de céramiques, de tuiles à rebord et d’amphores, confirment l’existence à cette époque d’une petite agglomération rurale et agricole, où se trouvaient probablement mélangées des populations d’origines gallo-romaine et germanique. L’origine du nom de Goussainville remonte probablement à cette époque où les domaines ruraux prenaient généralement le nom de leurs propriétaires.
Ce domaine qui s’appelait alors « Gunsanevilla », c’est-à-dire « villa de Gunsana » (ou Chusana?), pourrait avoir appartenu à l’une des épouses de Clotaire, fils de Clovis et roi des Francs de 511 à 561. La plus ancienne charte où il est fait mention de Goussainville. Rédigée par les moines de l’abbaye de Saint-Denis, alors propriétaire des terres, elle concernait des redevances en nature à fournir par les paysans à cette abbaye. Une deuxième charte semblable est approuvée par le roi Charles le Chauve le. Dans une charte de 1125, Gazon de Burote jouissait d’un fief sur l’église, qu’il tenait de Mathieu le Bel. Il s’agit de la partie romane de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul dont il ne reste aujourd’hui que les deux travées du collatéral sud sous le clocher.
En 1137 apparaît le nom de Rocius, seigneur de « Gunsanevilla », qui fit don d’une partie des terres de son fief à l’abbaye du Val, près de Mériel. Ce don est celui du lieu-dit la Grange des Noues où les moines cisterciens construiront une ferme avec grange (charte de ). La grange actuelle et le bâtiment d’habitation datent. Au, les seigneurs locaux portent le nom de Goussainville, comme l’attestent leurs sceaux ou leurs blasons. On peut ainsi citer Gachon de Gunseinvilla en 1221, Renaud de Gunsonville en 1238, Guyard de Gonseilla en 1247. Certains blasons, se présentant sous la forme d’un écu triangulaire orné d’une croix signalent leur participation aux croisades sous saint Louis.
En 1331, pendant la guerre de Cent Ans, Guy de Goussainville perd la moitié de ses terres au profit du roi qui les donne à Charles de Montmorency. Les descendants de Guy s’allieront avec la famille d’Aunoy et la seigneurie ne sera de nouveau réunie qu’en 1468, lorsque Catherine de Montmorency épousa Philippe d’Aunoy. En 1520, Anne Baillet, petite-fille des seigneurs précédents, épouse Aymard Nicolaÿ, premier président de la Cour des comptes. À partir de 1550, les Nicolay, grâce à leur importante fortune, entreprirent l’agrandissement de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, dans le style Renaissance. L’influence du château d’Écouen, construit à la même époque, se fait sentir, notamment dans l’ordonnance du retable, pièce maîtresse de l’église. Les travaux se poursuivirent jusqu’au.
Sous l’édifice, se trouvent d’anciennes caves du château dont l’une est voûtée d’ogives., fait ériger Goussainville en marquisat en faveur de Nicolas de Nicolay, en 1645, qui nommé marquis fit construire un pigeonnier, fondre une cloche pour l’église du nom de sa fille Nicole-Élisabeth. Son petit-fils Aîmar Jean projeta d’édifier un nouveau château, mais le déclin de sa fortune ne lui permit pas de le réaliser à l’exception des écuries. Le blason des marquis de Nicolaï fut adopté plus tard comme emblème de la commune. Pendant la Révolution, le « cahier de doléances » de Goussainville fut soumis aux états généraux de 1789. Les Goussainvillois se plaignaient des lapins qui dévastaient leurs cultures, des impôts, des corvées et du problème du transport des récoltes.
Sous la Terreur, les cercueils en plomb des seigneurs furent sortis de l’église et fondus, les emblèmes religieux et seigneuriaux détruits, les cloches fondues à l’exception d’une seule, l’église transformée en temple de la Raison, les biens de l’église vendus ainsi que ceux des émigrés, le curé obligé de prêter serment. Aymard Chrétien de Nicolaï et Aymard Charles François de Nicolaï moururent sur l’échafaud le et leurs biens furent confisqués au profit de la Nation. En 2012-2013, l’église fait l’objet d’une restauration et d’une nouvelle illumination. Aymard-François de Nicolaï, comte d’Empire, chambellan de Napoléon et dernier seigneur de Goussainville fut le maire de la commune de 1807 à 1812. Le domaine seigneurial fut vendu par ses héritiers à qui fit bâtir vers 1860 une maison bourgeoise dans le parc de l’ancien château. Ses héritiers sont toujours en possession des écuries.
En 1866 l’abbé Morel, curé de Goussainville créa une confrérie des dames de sainte Geneviève. En 1870, les Prussiens occupèrent Goussainville, détruisirent une partie des archives de la commune, incendièrent des maisons et la distillerie. Rappelons que jusqu’au milieu du Goussainville se limitait au village et à la Grange des Noues. La création de la ligne de chemin de fer amena des activités artisanales et industrielles près de la gare. En 1905 une sucrerie, du groupe Béghin-Say fut ouverte qui fonctionna pendant et marqua fortement l’histoire de la ville et son peuplement par l’apport de main-d’œuvre saisonnière. Vers 1913, avec la création d’un premier lotissement au lieu-dit la Chapellerie débute la transformation progressive d’un village rural de en une ville de un siècle plus tard.
D’ à, le 69e régiment d’infanterie| s’installe à Goussainville puis un cantonnement est établi dans le village pour des soldats au repos et à l’entraînement. Trente-deux garçons de Goussainville sont morts pour la France dans les tranchées dont quatre d’une même famille. Après la guerre, un monument aux morts fut inauguré par le maire et conseiller général Ernest Harmand. En 1923, les terres de la Grange des Noues sont divisées en parcelles de et vendues à des ouvriers et petits épargnants. Il s’agit d’une grosse opération immobilière puisque trouvent acquéreurs. En vingt ans, dans l’entre-deux-guerres, le village s’est transformé en ville de.
En 1927, l’abbé Mercier construisit lui-même la chapelle Saint-Michel, grâce à une souscription et l’aide de ses paroissiens. L’église actuelle, située sur le même emplacement, fut érigée en 1956. La Seconde Guerre mondiale fut également meurtrière avec dix-neuf déportés ou fusillés, dont une famille. Après la guerre des grands ensembles se construisirent pour faire face aux nombreuses demandes de logements, d’abord les HLM de la gare (1959), puis la Cité Ampère (1966), les Grandes Bornes (1968). Cette urbanisation s’accompagne de la construction de la salle Paul-Éluard, du théâtre, de gymnases et de nouvelles écoles. La mairie du village fut transférée en 1964 au centre de la nouvelle ville, place de la Charmeuse dans une ancienne maison, puis en 1995 un nouvel hôtel de ville fut bâti pour mieux répondre aux besoins d’une ville importante.
La création de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle provoqua le déclin du village ancien, celui-ci se trouvant soudain dans l’axe d’une piste et d’une zone de nuisances sonores très élevées. Les habitants ont déserté les lieux, par décret, Aéroports de Paris a dû obligatoirement acheter les maisons mises en vente et les conserver (il ne s’agissait donc pas à proprement parler d’expropriations), la proximité d’une église classée Monument historique interdisant leur démolition. Pendant le Salon du Bourget, un Tupolev 144 s’écrase sur la ville et détruit une quinzaine de maisons mais aussi une école — heureusement fermée ce jour-là —, tuant les six membres d’équipage et huit personnes au sol. La vie économique goussainvilloise a d’ailleurs évolué pour partie, une grande part des entreprises implantées dans la localité depuis le milieu des années 1970 ayant occupé des emplacements qui ne pouvaient plus être utilisés pour le développement urbain. Plus de privés sont répertoriés sur Goussainville, au sein d’un tissu de nombreuses petites entreprises, la plus importante ne comptant en effet qu’un peu plus de. La proximité de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle se traduit par l’implantation d’entreprises de service dont l’activité dépend pour partie de celle de la plate forme, notamment dans le domaine du gardiennage, principal pourvoyeur d’emplois locaux avec les différents segments de l’hôtellerie et de la restauration.
L’activité commerciale de Goussainville est toutefois réelle, la ville ayant une population relativement importante et se trouvant, en outre, aux limites de l’agglomération parisienne – de sorte que la zone de chalandise des commerces locaux couvre certaines des communes rurales ou en voie d’urbanisation du pays de France.