Grand-Fougeray

Histoire de Grand-Fougeray

Grand-Fougeray est une commune d’Ille-et-Vilaine, dans la région Bretagne, qui compte 2 462 habitants. Son nom est attesté sous la forme Felkeriac au haut Moyen Âge. Le type Fougeray représente la fixation toponymique de l’ancien français fougerai, « lieu où poussent des fougères », avec ses variantes régionales Feugré, Feugueray, Fougerets, Falgueyrat. Ce mot est issu du bas latin filicaria « fougère », normalement suivi du suffixe collectif -etum qui désigne un ensemble d’arbres et de végétaux appartenant à la même espèce, d’où le suffixe -aie (de -eta), celui de chênaie, saulaie et autres. Cependant, étant donné la récurrence des formes anciennes en -ac, il faut sans doute y voir le suffixe gallo-romain -acum d’origine celtique, équivalent du plus répandu Épinay (Spinetum). Le gaulois Sparnacum a pour exact correspondant le breton Spernec.

La graphie proposée par l’Institut de la langue gallèse est Foûjerai. Le nom de la commune en breton est Felgerieg-Veur. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 6 % des toponymes de la commune sont d’origine bretonne, ce qui place Grand-Fougeray à la frange linguistique entre Bretagne bretonnante et Haute-Bretagne gallèse. La commune appartient à l’arrondissement de Redon et au diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo. Sa position aux marches de la Bretagne, à proximité du pays nantais et angevin, explique son rôle historique de place forte des Marches.

Une voie romaine, qui allait de Condevincum (Blain) à Juliomagus (Angers), connue sous le nom de « Chemin de la duchesse Anne », traverse la commune; selon A. Marteville et P. Varin, elle était en 1843 en bon état de conservation, son pavage demeurant intact en de nombreux endroits. Cet axe antique illustre l’antériorité de l’occupation et l’inscription du territoire dans le réseau de communication gallo-romain. Il est possible que la bataille de Jengland, qui en 851 opposa les troupes franques de Charles le Chauve aux Bretons d’Erispoë, se soit déroulée au Grand-Fougeray. Selon le Cartulaire de Redon, Erispoë fit cette année-là donation de quelques rentes qu’il possédait sur la paroisse, alors dénommée Fulkeriac, à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon.

En 903, la paroisse est nommée Fulkeriac Major (Grand Fougeray), signe de son importance dès cette date: elle comprenait alors les communes actuelles du Grand-Fougeray, de La Dominelais, de Sainte-Anne-sur-Vilaine et de Mouais. Cette étendue paroissiale primitive témoigne du rang occupé par la cité dans l’organisation ecclésiastique du haut Moyen Âge breton. En 1202, Brient IV Le Bœuf, sire de Nozay, possédait la seigneurie du Fougeray, mais la première mention historique du château ne date que du milieu du Moyen Âge, même s’il est très probable que ce château, une forteresse imposante des Marches de Bretagne, existait bien avant. Une tradition le dit même fondé par le roi Arthur, mais il aurait peut-être été construit en 1189 par Olivier de Tournemire. Son donjon date du Moyen Âge.

Le château du Grand-Fougeray, occupé par les Anglais avec une troupe sous les ordres du capitaine Bembro, probablement un membre de la famille de Robert Bemborough, dans le cadre de la guerre de Succession de Bretagne, fut repris par Bertrand du Guesclin en 1354: il serait entré, accompagné de deux hommes, dans le château par ruse, déguisé en bûcheron venu vendre des fagots, en l’absence du capitaine anglais, et surprit la garnison. Du Guesclin fut légèrement blessé pendant les combats. Une fois le château pris, il tendit une embuscade pour surprendre le capitaine Bembro sur son chemin de retour; lequel fut tué ainsi qu’une bonne partie des soldats anglais qui l’accompagnaient, les survivants étant faits prisonniers. Cet épisode constitue l’un des hauts faits attribués au connétable breton et inscrit Grand-Fougeray dans la mémoire militaire de la guerre de Succession.

Louis de la Trémoille et son épouse Marguerite d’Amboise vendirent à Françoise d’Amboise, leur belle-sœur et sœur, la terre et seigneurie de Fougeray, ainsi qu’une rente de trois cents livres sur les châtellenies de Fougeray, en raison de son mariage vers 1530 avec Anne de Montjean, qui hérite de son frère René de Montjean. Après le décès d’Anne en 1562, ces biens deviennent la propriété de René de la Chapelle, seigneur de La Roche-Giffart. René de la Chapelle de la Roche-Giffart, décédé en 1577, seigneur de Fougeray depuis 1562, comme d’autres nobles de la région, se convertit à la religion protestante en 1563. Il fut imité par certains de ses vassaux, comme le seigneur de la Garrelaye et de Launay-Bazouin (Jacques Le Maistre), celui de Cahan (La Villevoisin), celui du Plessis (Jean Le Mesnager) et plusieurs familles paroissiales.

Un ministre du culte huguenot venu de Rieux, invité par le seigneur de Fougeray, fonda l’église protestante de Sion, qui incluait Fougeray et Saint-Sulpice-des-Landes. Deux missions catholiques furent organisées à Fougeray, l’une en 1642 prêchée par des Récollets, l’autre en 1685 prêchée par l’évêque de Nantes, monseigneur de Beauveau, en personne, qui aboutirent à l’abjuration d’une partie des convertis à la religion réformée. Lors des Guerres de religion, des Ligueurs attaquèrent les protestants locaux et Louis de la Chapelle, fils de René de la Chapelle de la Roche-Giffart, fut tué devant son château en 1595. Son petit-fils Henri de la Chapelle de la Roche-Giffart, né vers 1616, qui avait obtenu l’érection de la seigneurie de Fougeray en marquisat, fut tué lors de combats livrés aux côtés du Prince de Condé à la Porte Saint-Antoine à Paris. Un petit collège fut fondé en 1554 par le recteur Maurice Boutin, qui subsista jusqu’à une date proche de la Révolution française.

Informations Clés

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Population

2.462 habitants

Région

Bretagne

Département

Ille-et-Vilaine
(35)

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