Guichen
Histoire de Guichen
Guichen est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 8 995 habitants. La localité est attestée sous les formes Guischen en 1101, Guichenium et Guicheim en 1122, Guichen en 1158 et au, prononcé [ɟiʃɛ̃]. En breton, la forme normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 12,5 % des toponymes de la commune sont de langue bretonne.
Un site Internet présente de manière détaillée l’histoire de Guichen. L’église paroissiale aurait été implantée primitivement au niveau du hameau de Saint-Marc, aujourd’hui partie intégrante du centre-ville. Selon Jean-Baptiste Ogée les maisons nobles étaient en 1300 la châtellenie de Bagals, haute, moyenne et basse justice, à Guillaume Bagals; en 1440 à Henri de la Ville-Blanche (et en 1778 à M. de la Bouexière); cette juridiction s’excerçait au Pont-Réan, qui est une annexe de Guichen; en 1380, la Guerlissionnaye [Grésillonnais], qui appartenait aux seigneurs d’Acigné, en la possession desquels elle était encore en 1530; les hauts justiciers avaient alors le droit de juger les criminels en dernier ressort, et il y avait même des seigneuries qui avaient leur bourreau: par exemple la seigneurie de la Massais, située dans la paroisse de Goven, devait en fournir un à celle de Guichen; les seigneurs ont joui de ces droits jusqu’en 1536. En 1380, la Prévotaye appartnait à Thomas Priel; le Bois-Billy, à Guillaume Bavezin et en 1450, à Jean de Cacouvet, qui poffédoit encore la Thébaudaye; Glanroeit, à Jean Chevalier; en 1380, Champlegéart, à Guillaume de Champlegéart; la Tiquedaye, à Jean de Castonnes. Dans ce temps, plusieurs gentilshommes de la province avaient leurs hôtels à Guichen: on y connaissait ceux de Jean de Trélan, Jean Séjourne, etc.
Guichen possédait encore les terres nobles de la Lande, du Portai et du Mener; cette dernière appartenait, en 1440, à Pierre de Bonabry. d’Olivier Aulion représentant la Vilaine au niveau de Pont-Réan et de son moulin (La Vilaine de Rennes à Redon, 1543). Le recueil « Cours de La Vilaine de Redon à Rennes », daté de 1543, aurait été réalisé par le peintre enlumineur Olivier Aulion. En 1592, le château de la Massaye, qui était fortifié, est pris en 1592 par les Ligueurs. En 1624 Richelieu fit démolir le château, qui fut reconstruit au au même emplacement (en gardant les douves). L’église actuelle est construite en 1620 par maître Jacques Blouet, puis reconstruite en 1838, et finalement tronquée durant la Seconde Guerre mondiale.
Après l’incendie de Rennes de 1720, les carrières de Guichen et des paroisses avoisinantes, notamment celle de Malroche, furent très actives; les pierres étaient convoyées par bateaux via la Vilaine. de la paroisse de Guichen et de ses environs (1786). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Guichen en 1778 L’assemblée des notables de la paroisse se réunit le pour la préparation des États généraux de 1789; elle est présidée par Joseph Bougeard, procureur fiscal de la juridiction et châtellenie de Guichen et réunit 46 paroissiens qui élisent leurs représentants â l’assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Rennes: François Blouet (sieur de Launay), Jollivet, Joseph Pithois et Joseph Divay; ils rédigent aussi un cahier de doléances dont le contenu est consultable sur un site Internet. Pierre-François Jehannin fut recteur de Guichen à partir de 1782, mais il refusa, ainsi que ses vicaires, de prêter serment à la Constitution civile du clergé et devint donc prêtre réfractaire; on ne sait pas ce qu’il devint pendant la Terreur, mais il redevint recteur de Guichen après le Concordat entre 1803 et 1816. Un prêtre constitutionnel, Livinec, fut nommé en, mais on ne sait rien de plus le concernant; en 1797 il n’y avait plus aucun prêtre à Guichen.
Le château de la Grésillonnais, qui appartenait à M. de Talhouët, fut, le attaqué, pillé et incendié par des habitants de Guichen et de paroisses voisines. Des pièces importantes telles que des chartriers concernant les terres de la Grésillonnais et d’autres lieux furent détruits. Trois gardes nationaux (Jean-François Bidard, domicilié au Gai-Lieu et commandant de bataillon de Guichen, son domestique François Poussin et Julien Gazon, de Bourg-des-Comptes), tués par des royalistes non loin du château de Blossac fin furent inhumés à Guichen le. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Guichen en 1843 Paul Féval écrit en 1844: « De Pont-Réan à Guichen il y a une lieue (.).
Le paysage est beau tout le long de la route: à droite, dans la direction de Maure, s’étendent, à perte de vue, d’immenses forêts d’ajoncs, que parsèment de vastes clairières, où le sol rocheux et complètement brûlé, ne peut même pas nourrir la stérile végétation des landes. À gauche, c’est un pêle-mêle de petites collines, groupées tumultueusement et séparées par de microscopiques vallées, où le pommier trapu élève à peine sa tête ronde et verte au-dessus de l’or verdoyant des moissons. Çà et là, une loge couverte en chaume (.). Quelquefois, entre deux collines, on aperçoit la Vilaine qui montre timidement un lambeau de son timide ruban de satin ». Les halles de Guichen appartenaient à la famille du Bouëxic jusqu’en 1854, date à laquelle les héritiers de Agathe Félicité du Bouëxic, les vendent à la commune, le maire étant alors Henry Charles Marie de la Bourdonnaye de Montluc. Une école privée de garçons fut tenue par les Frères de Ploërmel jusqu’en 1889, date de la laïcisation du corps enseignant (une nouvelle école fut construite dans la décennie 1880); une école des filles existait également; le sous-préfet de Redon imposa en 1903 à la municipalité la construction d’une école publique de filles à 4 classes à Guichen, ainsi que d’un groupe scolaire de 2 classes à Pont-Réan, fut enterré selon le rite protestant en fonction de ses croyances religieuses, ce qui provoqua des polémiques, le curé ayant refusé d’organiser les obsèques qualifiées à tort d’enterrement civil par le journal Le Courrier de Rennes.
Le château de la Massaye, situé près Pont-Réan, communes de Guichen et Goven (comprenant « le château proprement dit, maison de garde, communs, pelouse, jardins potager et d’agrément, verger, douves, avenues, parc, futaies et ses réserves comprenant terres, prairies, landes, carrières et bois taillis, le tout d’un seul tenant, d’une contenance totale de 66 hectares 58 ares 04 centiares ») et ses dépendances, ainsi que la ferme de la Massaye et plusieurs autres fermes, sont mis en vente par licitation en 1913. Des réfugiés venant de Belgique et du département de l’Aisne furent un temps hébergés dans la commune au début de la guerre. 18 prisonniers de guerre allemands, hébergés à Bagatz, vinrent participer aux travaux agricoles à partir de l’été 1915. L’épidémie de grippe espagnole fit 28 décès à Guichen en 1918. Foires et marchés étaient très actifs à Guichen à cette époque. Durant la Drôle de guerre, Pont-Réan connut la présence anglaise.
un corps de troupe s’installa en au château de la Massaye. La débâcle française de marqua pour eux, vers le, une fuite étalée de quelques heures seulement. Quarante huit heures après, les colonnes allemandes traversaient en trombe nos campagnes et occupaient la commune. Le monument aux morts de Guichen porte les noms de 29 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles Louis Bougault, Auguste Heligon, Pierre Courtin, Hervé Jarret, Michel Ogée, Alexandre Pithois et André Rabadeux, soldats morts lors de la Campagne de France au printemps 1940; Pierre Gourdel est mort le à Beyrouth (Liban); Victor Greffier est mort le en Allemagne; Édouard Lerusse est une victime civile de la guerre (tué le à Rennes); Henri Bougeard, résistant FTPF, a été fusillé au camp de la Maltière en Saint-Jacques-de-la-Lande le; Pierre Pavoine, résistant, a été fusillé comme otage à la prison de l’abbaye de Fontevrault le; Arsène Pavoine, lui aussi résistant, est mort en déportation au camp de concentration de Buchenwald le. Un soldat (Pierre Corce, sergent du bataillon français de l’ONU) originaire de Guichen est mort pour la France pendant la Guerre de Corée. La Massaye fut un centre de formation de la Marine nationale entre 1944 et 1958.