Harfleur

Histoire d’Harfleur

Harfleur est une commune de Seine-Maritime, en Normandie, qui compte 8 315 habitants. C’est sans doute sous le nom de que le lieu est mentionné vers 300 dans l’Itinéraire d’Antonin. Il s’agit probablement d’un ancien nom celtique (gaulois), mais son identification est problématique. Peut-être doit-on rapprocher le premier élément du gaulois carato- / carata- qui avait le sens d’« ami(e) ».

La forme attestée serait une cacographie pour *Caratotinum ou *Caratacinum. La finale (latinisée) -inum se retrouve dans d’autres noms de lieux antiques de la Seine-Maritime comme Barentin (Barentini en 1006) et l’ancien nom d’Héricourt-en-Caux (Gravinum vers 300). A priori, le second élément -fleur est un appellatif toponymique, que l’on retrouve dans l’ancien normand fleu dont le sens est donné par un document du mentionnant le fleu de Lestre, c’est-à-dire « la rivière de Lestre », Lestre étant un village du Cotentin.

Le [r] final de -fleur qui n’apparaît que tardivement, s’explique par l’analogie avec le mot fleur qui se prononce de manière identique en dialecte normand: fleu, d’où cette réécriture « officielle » des noms en -fleu avec un [r] final. La prononciation populaire [arfly] est donc justifiée par l’étymologie.

église et maisons à colombages. La ville correspond au lieu Caracotinum de l’Itinéraire d’Antonin et se trouvait sur le territoire des Calètes en Gaule belgique. Les fouilles effectuées par les archéologues ne soulignent pas une occupation importante à l’époque gauloise, contrairement à Caudebec-en-Caux. À l’époque gallo-romaine, un vicus se développe, comme en témoigne la richesse des découvertes archéologiques. Des voies romaines sont établies et la ville devient le point de départ de la voie vers Troyes, via Juliobona (Lillebonne). Une autre voie (disparue pendant la guerre de Cent Ans) reliait Caracotinum à la Manche (vers Fécamp).

La présence d’un (sanctuaire de tradition gauloise à plan centré) dominant la Lézarde et la Seine est attestée depuis des fouilles sommaires réalisées en 1840 par Léon Fallue puis plus approfondie par Jean Lachastre en 1967. Il était entouré d’une enceinte de sur. La mesurait sur; elle était pavée d’une mosaïque. D’autres objets ont été exhumés comme un petit bouc et un trépied en bronze. Ce a été détruit lors des invasions barbares. Harfleur comptait également plusieurs fours de potiers des, une nécropole gallo-romaine à incinération.

En 1202, Jean sans Terre octroie une charte de commune. L’existence, au, d’une foire de second rang est attestée. Le port d’Harfleur est agrandi en 1281 et la ville devient la propriété du roi de France. Au début du une hanse de marchands catalans et portugais s’installe dans la ville, et en 1309 accorde des privilèges aux marchands portugais qui seront confirmés en 1341. De cette époque date le bâtiment nommé « le Prieuré » ou « Hôtel des Portugais ». De 1336 à 1340, fait armer plusieurs vaisseaux, à Harfleur et à Leure.

Cette flotte périt totalement lors de la bataille de L’Écluse le. William Shakespeare dans Henri V évoque cet épisode. Malgré la résistance de ses habitants pendant un mois, la ville tombe aux mains du roi d’Angleterre peu avant sa victoire à Azincourt. Cette victoire est largement évoquée dans la populaire Chanson d’Azincourt. De nombreux Anglais viennent s’installer comme colons. La réalisation principale de la première occupation anglaise est l’érection d’un « chastel », vraisemblablement une tour entre 1424 et 1429.

S’ensuit une riposte anglaise; les paysans sont massacrés et les villes reprises à l’exception d’Harfleur qui résistera jusqu’en 1447 et Dieppe, que les Anglais ne pourront jamais enlever. Harfleur n’est définitivement libérée par l’armée royale de, lors du recouvrement de la Normandie, le, après un siège de vingt jours, mais le port s’ensable déjà. En 2015, on a découvert ses vestiges. Un tronçon de parement courbe a permis de restituer son diamètre d’origine estimé entre avec une épaisseur de mur à la base d’environ, qui en fait l’une des plus imposantes de la France médiévale. Elle était construite en pierre de Caen et sa base présente un léger fruit. Des restes de substructions rectangulaires, saillant de et larges de correspondrait à une partie reliant la tour avec la porte aux Cerfs.

On a découvert également une salle basse de de diamètre avec le départ d’un escalier à vis, composé de quatre marches monolithes qui n’a pu être fouillée, et un conduit de latrines de reconnaissable à sa face en glacis en forte inclinaison côté intérieur de la tour, qui a lui put être vidé sur une hauteur de. À l’issue de la fouille, les vestiges ont été ré-enfouis sous le plateau piétonnier afin de les protéger. L’envasement progressif de la Seine et la fondation du Havre en 1517 condamnèrent définitivement l’activité portuaire. Les fortifications seront démantelées en 1621. De 1609 à 1615, pendant six années d’affilée, la peste fait de nombreuses victimes à Harfleur et dans tous les environs. Le quartier de Caucriauville est détaché d’Harfleur et intègre la commune du Havre.

Patrimoine religieux

La commune compte trois monuments historiques La base Mérimée répertorie au total, notamment

Informations Clés

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Population

8.315 habitants

Région

Normandie

Département

Seine-Maritime
(76)

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