Harnes
Histoire d’Harnes
Harnes est une commune de Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, qui compte 12 317 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Harnæ en 966, Harnes en 972, Arnes, Harnie en 1210, Harnnes en 1287, Harmesau. Le nom de la ville en flamand est Harne.
Premières huttes installées sur pilotis. Les premiers habitants se nourrissaient grâce à la pêche et la chasse. Alors abondaient le cerf, le chevreuil, l’ours, le loup, le sanglier. On dit que les lieux étaient déjà habités avant l’âge de la pierre polie. Les Celtes, venus de Perse et d’Asie Centrale, apportent le bronze, le cuivre et le fer. Harnes, pendant la période gauloise, fait partie de l’Atrébatie. De la période gallo-romaine, ont été mis au jour, hors du terrain bourbeux, des fragments de vaisselle, des urnes funéraires, des vases, des lances, des objets en fer, de nombreux ossements.
, comte de Flandre; l’Artois est donné en dot. Le rattachement du comté de Harnes à l’abbaye Saint-Pierre de Gand en 963, par Arnoult le Vieux, comte de Flandre (donation confirmée par le pape, en 1145) durera sans interruption. En 1180, c’est le, grâce à la dot d’Isabelle de Hainaut, fille du comte de Flandre, à la couronne de France. Au début du, seigneur de Harnes, participe à la « guerre sainte » de Jérusalem. Il revient de la croisade contre les Albigeois en 1208: c’est l’un des dix-neuf chevaliers d’Artois porte-bannière.Il repart, neuf ans plus tard, pour la cinquième croisade. En 1304, Harnes est ravagée et brûlée par les Flamands. Sous les comtes de Bourgogne (1384-1482), guerres civiles et étrangères se succèdent. combats, famine, peste et épidémies s’abattent sur la région. En 1438, Harnes est réduite à et. Le village est si pauvre qu’il est exempté d’impôts. L’Artois abandonné à l’Autriche par Charles VIII, en 1477, puis à partir de la mort de Marie de Bourgogne, revendiqué par les rois de France, Charles VIII, François, Henri II. En 1493, sous le règne de Philippe le Beau, fils de Marie de Bourgogne, les Autrichiens attaquent la France, campent à Harnes et rançonnent les habitants.
à renoncer à sa suzeraineté sur la Flandre et sur l’Artois. Au début du, en 1608, la seigneurie d’Harnes est détenue par Marcus Stappens, époux d’Anne de Zinneghem. Elle va rester dans cette famille, qui détient par ailleurs plusieurs fiefs dans la châtellenie de Bourbourg en passant de père en fils: Jean Stappens, époux de Marie van Alloeu, fils des précédents en 1660, François Adrien Stappens, fils de Jean en 1669. François Adrien de Stappens épouse Anne Barbe Van de Woestyne. Le couple a un fils Ignace Adrien de Stappens (1691-1730), écuyer, seigneur du Fléchinel (Fléchinelle sur la commune d’Enquin-les-Mines?), du Mont, du Doncq. Il nait à Bruges en février 1691 (baptisé le ), achète la bourgeoisie de Lille le. Mort le, il est inhumé à Lille. En 1648, Condé gagne la bataille de Lens.Les Robespierre Robert père et fils chargés de l’administration locale gagnent Carvin, siège de la principauté voisine d’Épinoy où ils fondent la branche carvinoise de la famille. Le 7 novembre 1659, le traité des Pyrénées met fin à l’occupation espagnole. En 1713, le traité d’Utrecht confirme la possession par de l’Artois et de la Flandre. Les États d’Artois sont formés. Ils votent les impôts et les dépenses. Leurs députés, qui exercent une grande autorité aux États généraux, sont convoqués à Versailles en 1789. C’est le 2 novembre 1789 que, l’Assemblée nationale ayant voté la loi de nationalisation de tous les biens religieux, Harnes se trouve libérée de la tutelle de l’abbaye Saint-Pierre de Gand. Toutes les terres qui appartenaient au monastère sont mises sous séquestre, pour être vendues, en 1793, comme biens nationaux.
Les fermiers, qui les occupaient, les achètent.–> La ville de Harnes, située dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais se trouve entièrement sur la concession de la Compagnie des mines de Courrières. Sur la commune de Harnes à proximité de Fouquières-lès-Lens, le puits 9 est creusé de 1891 à 1896. Le fonçage débute comme les autres puits mais ce n’est pas l’eau abondante qui pose des difficultés mais le terrain qui se désagrège. On décide de foncer par congélation des sols. À la nationalisation, elle devient la première concentration des charbons gras de Courrières du fait de sa position centrale dans le groupe mais aussi par son exploitation de faible profondeur. En avril 1949, le 17 s’arrête pour moderniser son chevalement. Le bâtiment d’extraction ainsi que la machine sont démontés.
Le nouveau chevalement ainsi que la machine d’extraction proviennent de la fosse 2 de Billy-Montigny. De l’ancienne à la nouvelle machine on passe de à. Le puits 17 reprend du service en 1951 équipé de deux skips d’une capacité de. Le faux carré du chevalement est étanche pour permettre le retour d’air. En décembre 1951, c’est le 9 qui s’arrête pour moderniser la recette et aménager les cages pour accueillir des berlines de au lieu de. En janvier 1952, le nouveau siège est opérationnel, ce qui permet la concentration de la fosse 23 sur le 9/17. Mais le 9/17 est concentré sur la fosse 21/22 de Harnes en 1967 et s’arrête d’extraire en 1968. Le puits 9, profond de, et le 17, profond de, sont remblayés en 1970.
Les chevalements sont abattus en 1973. De nombreux bâtiments sont encore visibles sur place notamment la salle de paye, la conciergerie, la lampisterie, les bains-douches, les bureaux. Le puits est ouvert le 1 janvier 1913 et il est prêt à fonctionner en 1914. C’est cette année que commencent les travaux du puits. À la fosse sont adjoints les lavoirs et la cokerie. Les installations sont à la veille d’être mises en service lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Il n’en restera qu’un tas de ruine en 1918. La Fosse 21/22 d’Harnes sera un important site d’extraction et de traitement de la houille exploité par la Compagnie des mines de Courrières, puis les Houillères du bassin du Nord-Pas-de-Calais (HBNPC-Groupe d’Hénin-Liétard).
Sur le site figureront les deux puits, deux lavoirs à charbon, la cokerie, l’usine Courrières-Kühlmann. Le charbon extrait par les puits 21/22 et les fosses à proximité est traité dans les lavoirs en fonction de la qualité, il peut être ensuite commercialisé ou transformé en coke. Les sous-produits issus de la carbonisation sont envoyés dans l’usine chimique. En 1952, le puits subit une modernisation afin de pouvoir fonctionner avec des berlines de. Le puits est modernisé l’année suivante. Les puits 21 et 22, respectivement profonds de 546 et, sont remblayés en 1977. Le chevalement du puits est démoli en 1979, celui du puits l’année suivante. Subsistent sur le carreau, l’ancienne loge du concierge, la salle de paiement, les bureaux et garages, les deux châteaux d’eau, ce sont les derniers de la Compagnie des mines de Courrières encore visibles.
Sur le site de la cokerie, seuls la grille d’entrée et les bureaux sont encore visibles. L’usine chimique Courrières-Kuhlmann d Le bourg, considéré comme détruit à la fin de la guerre, est décoré de la croix de guerre 1914-1918 le, distinction également attribuée à du Pas-de-Calais. La commune de Harnes a accueilli, comme de nombreux autres du reste du bassin minier régional, des mineurs et leurs familles venus dans le cadre de l’immigration polonaise dans le Nord de la France dans les années 1920.
La ville est occupée par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est alors qu’apparait en janvier 1941, l’organisation clandestine Aigle Blanc qui va rejoindre l’Organisation polonaise de lutte pour l’indépendance, mouvement de résistance polonais. C’est dans la commune proche de Montigny-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais, à la fosse 7 de la Compagnie des mines de Dourges, que la grève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais en mai-juin 1941 démarre, avec Émilienne Mopty (1907-1943) et Michel Brulé (1912-1942), privant les Allemands de de charbon pendant près de. C’est l’un des premiers actes de résistance collective à l’occupation nazie en France et le plus important en nombre, qui se solda par en trois vagues, la déportation de, étant par ailleurs fusillés à la citadelle d’Arras. Si la capitale française est rapidement libérée, la fin de la présence de l’armée allemande commencée le 31 août 1944 ne se terminera à Dunkerque que le 9 mai 1945. Après-guerre, la commune est aussi au centre de trois événements nationaux, la bataille de la production (1945-1947), suivie des grève des mineurs de 1947 et celles de 1948. C’est également à Harnes et après avoir participé à la Libération de Paris, qu’est mort le ministre des finances Aimé Lepercq en revenant de Lille, Lens puis Rouen en voiture à destination de Paris en loupant un virage sur le dit « Pont maudit » enjambeant la Deule rejoignant Estevelles le 9 novembre 1944. Afin de rendre hommage aux victimes du nazisme, les Stolpersteine ou pavés de mémoire sont installés dans le trottoir devant leur dernier domicile.
À l’initiative de l’association « Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais », le Stolperstein de Lucien Demarque, résistant déporté dans le Train de Loos est posé devant sa dernière habitation.
Patrimoine religieux
Depuis le 30 juin 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Parmi les, répartis sur inclus dans le périmètre du bassin minier, le site d’Harnes est constitué par la cité pavillonnaire Bellevue ancienne, l’église du Sacré-Cœur et l’école. Ces éléments ont été bâtis pour la fosse 21 – 22 des mines de Courrières, et le site formé par le terril 93, 21 Nord de Courrières.