Héricourt

Histoire d’Héricourt

Héricourt est une commune de Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté, peuplée de 10 478 habitants. Située à l’est du département, dans le bassin de la Lizaine, la commune se trouve à la frontière historique entre la Franche-Comté et le pays de Montbéliard. Le toponyme Oriecourt apparaît dans une charte de 1173, puis en 1196 dans une bulle du pape Célestin III. La présence humaine y est très ancienne, comme en témoignent les vestiges d’une enceinte préhistorique néolithique, qui occupait le sommet du mont Vaudois et fut détruite lors de la construction du fort en 1874.

Cette enceinte, étudiée par Félix Vaulot avant sa destruction, formait un triangle dont la base était massive. Vaulot l’identifia à un vallum funéraire, sorte de nécropole, en raison des squelettes trouvés à l’extérieur, à l’intérieur et au sein même du rempart. L’absence de blessures violentes sur les ossements et la découverte de traces de rituels, comme l’incinération partielle d’une femme sur le corps de laquelle un sanglier semble avoir été sacrifié, confirment cette hypothèse funéraire. À l’époque celtique, le site dépend du territoire des Séquanes, peuple gaulois qui occupe approximativement l’actuelle Franche-Comté. Le territoire passe ensuite sous domination romaine après la guerre des Gaules, puis sous contrôle burgonde, avant de suivre le destin du peuple franc.

En 843, le traité de Verdun partage l’empire carolingien entre les trois fils de Louis le Pieux. Le comté de Montbéliard, dont fait partie Héricourt, est attribué au royaume central de Lothaire, la Lotharingie. Au Xe siècle, ce territoire est intégré au royaume de Francie orientale dans le cadre du Saint-Empire romain germanique, fondé en 962. Héricourt relèvera de l’Empire jusqu’à l’annexion de Montbéliard par la France en 1795, soit près de huit siècles de rattachement germanique.

La première mention écrite de la localité figure dans une charte de 1173, où Walon d’Oriecourt apparaît parmi les témoins de la donation de l’église de Voujeaucourt à l’abbaye Notre-Dame de Belchamp. Par la suite, Héricourt devient une châtellenie qui s’étend sur la ville et sur vingt-deux villages et hameaux, parmi lesquels Byans, Brevilliers, Bussurel, Chagey, Champey, Chenebier, Coisevaux, Échenans, Échavanne, Saint-Valbert, Semondans, Tavel, Trémoins ou Verlans, ainsi que sur plusieurs fiefs.

L’acte du 17 février 1374 est essentiel pour la commune: il fonde le régime municipal d’Héricourt pour plusieurs siècles. Les habitants y sont déclarés affranchis et le document autorise l’élection annuelle d’un magistrat de neuf membres chargé de gouverner la communauté. À côté du tribunal local apparaît rapidement une cour d’appel composée d’un prévôt et de cinq jurés choisis parmi les maires des communes voisines, dont les sentences peuvent être contestées devant la cour du bailli. Thiébaud VI de Neuchâtel, nouveau seigneur après l’achat de la châtellenie en novembre 1377 pour une somme importante, confirme ces franchises le 29 avril 1378.

Au XVIe siècle, le comte Frédéric de Wurtemberg, mécontent de l’attitude des habitants, rétablit son autorité avec sévérité. Il fait abattre les murs et les portes de la ville en obligeant les Héricourtois à exécuter eux-mêmes le travail, leur retire leurs franchises et leurs revenus municipaux le 2 février 1588. Lors d’une cérémonie sur la place du château, il déchire les originaux des franchises et les jette à terre, déclarant que les privilèges ne reviennent pas à des rebelles mais à ses bourgeois de Montbéliard. Sept habitants sont jugés et pendus aux arbres bordant les avenues de la ville, tandis que d’autres sont incarcérés dans les prisons du château de Montbéliard. Les suppliques adressées au duc en 1588, 1589, 1590 et 1602 restent sans effet. Il faut attendre le 14 février 1609 pour que son fils Jean-Frédéric de Wurtemberg consente à rétablir les franchises de la ville.

Au XVIIe siècle, Héricourt accueille la princesse Magdalena-Sibylla de Wurtemberg, veuve du duc Léopold-Frédéric, qui s’installe au château à partir de 1662. Son ami d’enfance, le compositeur Johann Jakob Froberger, l’y rejoint et y meurt en mai 1667. Cet épisode témoigne du rayonnement européen de la cour locale durant cette période. À la suite de sa Politique des Réunions et après la conquête de la Franche-Comté, Louis XIV s’empare de la seigneurie d’Héricourt en occupant la principauté de Montbéliard, étape supplémentaire de l’absorption de cet ensemble dans le royaume de France.

Patrimoine religieux d’Héricourt

Le patrimoine commémoratif d’Héricourt est dense et reflète l’histoire militaire de la région. Le monument aux morts principal, situé près des deux églises du centre-ville, fut élevé pour la Première Guerre mondiale. Des plaques additionnelles ont été ajoutées pour rendre hommage à la Libération, aux déportés et victimes civiles de la Seconde Guerre mondiale, aux soldats tombés en Indochine et en Algérie. Le cimetière communal abrite par ailleurs un carré militaire et plusieurs monuments dédiés à la guerre de 1870, à la bataille d’Héricourt (ou de la Lizaine), et à la guerre de Crimée. La bataille de la Lizaine, livrée du 15 au 17 janvier 1871 entre l’armée française de l’Est commandée par Bourbaki et les forces prussiennes, marqua durablement la mémoire de la commune et figure parmi les épisodes majeurs de la guerre franco-prussienne.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

10.478 habitants

Région

Bourgogne-Franche-Comté

Département

Haute-Saône
(70)

Trouver une église à Héricourt

Recherche
No data was found