Hermes
Histoire d’Hermes
Hermes est une commune de Oise, en Hauts-de-France, qui compte 2 498 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes ad pontem Harmis (vers 1060); apud Harmas (1134); terra Hermarum (1136); Hermarum terra (1143); de Harmis (1147); Oddo de Harmis (vers 1150); Harmae (1154); in Armas (1164); Harmes (1164); Harmoe (1170); de Armis (1175); Matildis de Harmis (1179); Harmii (1191); in foresta de Halmes (1211); Petrus decanus de Harmis (1214); Johannes de Harmis (1227); apud Harmes (1231); et pontem Harmarum (1237); juxta Harmas (1237); territorium Harmiorum (Harmarum) (vers 1240); Halmes (vers 1250); Harmes (1431); eccl. de Harmes (XVIe); Hermes (1830). Pluriel de l’oïl erme « terre inculte ».
Le latin classique utilisait un mot hérité du grec eremus pour désigner le désert, la solitude. Eremus a gardé ce sens de désert, de solitude, d’ermitage, mais, parallèlement, est apparu le sens rural de « lande stérile », en bas latin herma terra. Le latin chrétien a emprunté au grec le terme « ermite », « celui qui vit dans la solitude ».
Le nom d’origine Mons Hermarum (ou mont d’Hermès) évoquerait le culte de ce dieu, rencontré en Belgique et dans le Nord de la France (Belgica romaine).
Hermes est un lieu habité depuis des millénaires. Avec la commune de Bailleul-sur-Thérain, elle constitue l’un des deux pôles prouvés d’habitation néolithique dans la vallée moyenne du Thérain. Un dolmen-ossuaire contenant quelque 400 restes y a été trouvé en 1837. Implantée en plein pays bellovaque, la bourgade est le seul gué à la ronde sur le Thérain, dont le cours était plus important qu’aujourd’hui. Le village était à l’extrémité d’une route gauloise le reliant à Clermont, et une étape sur la route reliant Beauvais à Senlis. Elle a vu se dérouler en 51 av.
un des épisodes guerriers de la campagne de César contre les Belges sur une proéminence toute proche, aujourd’hui encore appelée Mont-César (située sur le territoire de Froidmont). Elle fera l’objet par la suite d’une occupation gallo-romaine. Ce vicus romain est désigné sous le nom de Ratumagus, d’après le nom retrouvé sur une statue équestre exhumée lors des fouilles de l’abbé Hamard (dès 1877). Les mêmes fouilles effectuées par l’abbé Hamard sur le Mont de Hermes mettent au jour une nécropole mérovingienne qui livrera plusieurs milliers d’objets. Le territoire de la future Hermes est contrôlé par les moines cisterciens de l’abbaye de Froidmont, abbaye-fille de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp fondée en 1134. On trouve trace en 1143 d’un Mons Hermarum qui devient en 1170 Harmae.
Il semble faire l’objet d’une lutte d’influence entre les pouvoirs seigneurial et religieux. Sous protection des comtes de Clermont, Harmae voit se construire en 1187 une forteresse sur ordre de Catherine de Clermont, future épouse de Louis, comte de Blois. L’évêque de Beauvais Philippe de Dreux fera détruire cette forteresse peu après. Une nouvelle fois relevée, elle perdurera jusqu’au XVe siècle. Elle est connue comme un repaire de brigands lors de la guerre de Cent Ans et la grande Jacquerie, et sera définitivement détruite en 1431. La date d’apparition de la dénomination moderne Hermes est inconnue, mais est déjà constatée sur la carte de Cassini, dont les relevés ont été terminés en 1789.
La Révolution française marque la fin de la domination abbatiale, et crée la commune. En 1857 le chemin de fer arrive avec la mise en service de la gare d’Hermes – Berthecourt sur la ligne de Creil à Beauvais, construite de 1855 à 1857 pour le compte de la Compagnie des chemins de fer du Nord. Elle comportait deux voies jusqu’en 1947. Aujourd’hui, les croisements de TER se font en gares de Hermes – Berthecourt et de Mouy – Bury. Cette ligne a été empruntée par la célèbre Micheline, un autorail sur pneus, de 1936 à l’entrée en guerre. La gare devient un carrefour ferroviaire en 1879, lors de l’ouverture de la ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique du réseau des chemins de fer départementaux de l’Oise de la ligne d’Hermes à Beaumont (ou HB), et qui acheminait jusqu’en 1959 marchandises (essentiellement des briques fabriquées à Noailles et des betteraves) et voyageurs sur les de ligne séparant Hermes de Beaumont.
L’écartement spécifique des rails de cette ligne obligeait à un transbordement en gare de Hermes pour acheminer les marchandises. Durant la seconde Guerre mondiale, la gare de Hermes-Berthecourt a subi de nombreux bombardements alliés, l’armée allemande utilisant la voie ferrée pour transporter les V1 entreposés dans les carrières de Saint-Maximin. Fin 2016, les maires de Berthecourt et d’Hermes envisagent la fusion de leurs communes sous le régime de la commune nouvelle, soulignant les liens anciens liant leurs habitants et la nécessité de concevoir de manière coordonnée l’aménagement du quartier de la gare.
Patrimoine religieux
Hermes compte deux monuments historiques sur son territoire