Houplines
Histoire d’Houplines
Houplines est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 7 897 habitants. Noms anciens: Houplines, bulle de Clément III, pour Saint-Piat de Seclin, 1182, Miraeus, III, 355. État du diocèse de Tournai, 1588. Houpelines, 1248, charte du prieuré, Ch.
des comptes de Lille, et Miraeus, IV, 554. L’origine du nom provient du germanique hop (au-dessus) et heim (habitation).
Houplines faisait autrefois partie de la Flandre et du diocèse de Tournai. Radbod, évêque de Tournay et de Noyon (1095) donne l’autel d’Houplines à l’abbaye de Saint Basle près de Reims. Ce qui signifie au Moyen Âge, le droit de patronage, possibilité de présenter à l’évêque, pour qu’il l’ordonne, le desservant d’une église. Elle était non seulement seigneur, mais aussi curés primitifs de l’église et patron collateur de la paroisse du village. Elle y établira un prieuré de la même abbaye et une forteresse qui subsisteront jusqu’en 1789. En 1295, Gui de Dampierre, comte de Flandre et comte de Namur, approuve la nomination faite par les marchands de trois prud’hommes chargés de surveiller les travaux du rétablissement des portes du passage de la Lys à Houpelines et les autorise à lever un péage à cet endroit.
Au contraire d’Armentières qui, dès le Moyen Âge, était une « ville franche » (elle avait reçu de son seigneur le droit de se gouverner seule), Houplines ne jouissait pas de franchises et dépendait directement du seigneur qui y nommait les baillis et les échevins représentant son autorité. En 1307, Isabelle de Houpelines (Houplines), chanoinesse du chapitre de Sainte-Waudru à Mons, fonde dans cette ville un couvent de béguines. En 1309, elle effectue de nouveaux dons au couvent d’abord dit de Melin, du nom de sa première grande-maîtresse, puis depuis appelé de Houpelines. Grâce à la Lys navigable, l’industrie s’est développée de bonne heure à Houplines. En 1383, on dénombrait deux moulins à blé, l’un commun (c’est-à-dire accessible à tous), l’autre réservé aux marchands. Il y avait aussi un moulin à papier et un autre à huile.
C’est autour d’eux que s’est groupée la première agglomération. La draperie (travail de la laine) apparaît au lors de la transformation du moulin à papier en moulin à fouler le drap. Puis au se développe, avec la filature et le tissage, le travail du lin et du coton. Vers 1750, on comptait à Houplines 80 métiers pour le tissage des toiles communes et une blanchisserie qui pouvait traiter 80 pièces de toile par an. En 1768, y fut établie une manufacture royale de fils de coton et de mousseline, mais elle ne put résister à la concurrence étrangère, en particulier à la concurrence anglaise favorisée par le traité commercial de 1786. À la veille de la Révolution, le territoire d’Houplines relevait de deux seigneuries différentes.
D’une part, la seigneurie d’Houplines-Molimont (le Bourg actuel). Elle est mentionnée dès le et dépend de la Salle de Lille. Elle sera le fief de la maison de Maisnil, puis de celle de Poucques et de Bours, passera à celle de Merode et d’Isenghien pour aboutir en 1789 à la princesse d’Isenghien, comtesse de Lauraguais. Les armoiries de la maison d’Isenghien, de sable au chef d’argent, seront adoptées par la ville d’Houplines. D’autre part, la seigneurie de Grand-Bar et Petit-Bar, située au-delà de la Lys et qui faisait partie de la Châtellerie de Warneton. Après le rattachement d’Houplines à la France en 1668, cette seigneurie restera terre d’empire (germanique) et ce jusqu’en 1769.
En 1645, un Robert de Parmentier, écuyer, licencié es droits, époux de Marie de Muyssart est dit sieur (seigneur) de Houplines. À côté des seigneuries principales, des fiefs secondaires permettent à leurs possesseurs de s’intituler seigneurs, sans être nobles pour autant. C’est le cas du fief de Camp Marchand sur Houplines. Acheté en 1388 par Jacques Poulle, marchand à Houplines, transmis à son arrière-petit-fils Pierre Poulle bourgeois de Lille qui est dit seigneur de Camp Marchand vers 1493, il se transmet par héritage et succession dans la famille jusqu’à un Jean Poulle, seigneur de Camp Marchand, bourgeois de Lille, vivant vers 1585. Aucun des Poulle n’est noble avant cette date (leurs descendants du seront anoblis). Autre fief donnant le titre de seigneur, celui de Neufcourt.
Le dernier seigneur a été Charles Gabriel François de Sales Moucque (1744-1798), seigneur de Neufcourt sur Houplines, et des Mazures, fils de Charles Joseph Moucque, seigneur des Mazures, bourgeois de Lille, ministre général de la bourse commune des pauvres à Lille, marguillier de l’église Saint-Étienne de Lille, trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Lille et d’Euphroisine Ernestine Joseph Ricourt. Il naît à Lille en (baptisé le ), devient capitaine de cavalerie, et meurt à Houplines le. Il a eu une fille illégitime née à Lille en. Il épouse à Houplines le (deux mois avant sa mort) Amélie Philippo (1756-1807), fille de Pierre François Marie et de Marie Jeanne Werquin. Elle naît à Houplines en (baptisée le ) et y meurt le. Le couple a un fils légitimé par leur mariage, mort célibataire à Houplines en 1811.
Flencques, fief situé sur Houplines, va connaitre une destinée peu commune: il devient le point d’ancrage d’une famille d’origine lilloise (Famille D’Hespel) qui va beaucoup se développer et durer au delà de la Révolution française. Anselme Hespel (1639-1694), écuyer, fils de François Hespel II, écuyer, seigneur d’Hocron (sur Sainghin-en-Weppes), bourgeois de Lille, greffier des États de Lille, auditeur ordinaire supernuméraire à la Chambre des comptes de Lille puis maître extraordinaire, auditeur extraordinaire, confirmé en tant que noble et de Marguerite Poulle, est seigneur de Flencques à Houplines. Baptisé à Lille le, licencié es lois, il devient bourgeois de Lille le, greffier des États de Lille comme son père, rewart (chargé de la police) de Lille en 1684, il meurt à Lille le, est inhumé dans la chapelle Sainte-Anne de la Collégiale Saint-Pierre de Lille. Il épouse le Marie Verdière, fille de Michel, receveur des États de Lille, et de Jossine du Chambge, baptisée à Lille le, morte après son mari. Pierre-François-Séraphin Hespel (1673-1741), fils d’Anselme, succède à son père dans la seigneurie de Flencques. Baptisé à Lille le, il devient bourgeois de Lille le, et meurt à Lille le, à 77 ans.
Il prend pour femme à Lille le Julie-Robertine Poulle (1682-1762), fille de Robert-André, écuyer, seigneur du Vas, et d’Anne-Catherine-Virginie Aronio. L’épouse est baptisée à Lille le et meurt le, à 79 ans. Michel-Séraphin Hespel (1726-1791), écuyer, est seigneur de Flencques après son père Pierre-François-Séraphin. Baptisé à Lille le, il devient bourgeois de Lille le et meurt à Lille le, à 68 ans. Il prend pour femme à Lille le Marie-Antoinette-Thérèse de Fourmestraux (1724-1799), fille de Louis-Joseph, écuyer, seigneur d’Hancardrie (sur Ennetières-en -Weppes), trésorier de France, et de Marie-Virginie Poulle. L’épouse est baptisée à Lille le et meurt à Lille le 19 brumaire an VIII à 75 ans.
Séraphin-Joseph Hespel (1754-1823), écuyer, est seigneur de Flencques après son père Michel-Séraphin. Baptisé à Lille le, il devient capitaine des dragons de Condé (dans l’armée des émigrés?) et chevalier de Saint-Louis. Il meurt à Lille le, à 68 ans. Il épouse à Lille le Angélique-Françoise-Josèphe Taverne, fille de Pierre-Albert-François, seigneur de Burgault (sur Seclin) et de Marie-Angélique-Joseph de Surmont. Née le, l’épouse meurt à Lille le, à l’âge de 78 ans. Antoine-Timoléon d’Hespel de Flencques (1803-1882), est le fils de Séraphin-Joseph et le frère de Séraphin-Félix.
Il nait à Lille le 26 ventôse an XI et y meurt le, à l’âge de 79 ans. Il prend pour épouse à Lille le Emmanuelle-Marie-Henriette du Bosquiel de Bondues (1806-1876), fille d’Henri-Clément, écuyer, et d’Albertine-Antoinette-Joseph Cardon du Bronquart. L’épouse nait le et meurt à Lille le à Lille. Une petite-fille Antoinette-Marie-Philomène Hespel de Flencques, née en 1864 est l’épouse d’Albéric-Louis de Lencquesaing, né en 1851, maire de Quiestède (Laprée située sur Quiestède). Alban-Edmond d’Hespel de Givenchy est le fils de Séraphin-Joseph et le frère de Séraphin-Félix et d’Antoine-Timoléon. Il nait à Lille le, devient officier de cavalerie sous le roi Charles X et meurt à Lompret, où la famille possède un château, le, à l’âge de 82 ans.
il épouse à Saint-Omer le Marie-Hectorine-Françoise de Taffin du Brœucq, fille d’Hector-Joseph-François et de Charlotte-Désirée de la Forge. L’épouse nait à Saint-Omer le et meurt à Lompret le, à l’âge de 80 ans. Sous la Révolution française, comme dans beaucoup de villages du département, la population oppose une résistance plus ou moins ouverte aux mesures prises par le nouveau pouvoir, en particulier contre la religion. L’ancien curé de la paroisse avait refusé de prêter le serment de fidélité à la constitution civile du clergé et avait émigré de l’autre côté de la frontière. Des habitants ont continué d’avoir des relations avec lui: certains d’entre eux ont été arrêtés alors qu’ils franchissaient la Lys pour aller le voir. C’est au cours du avec la révolution industrielle et les débuts du machinisme qu’Houplines devient un centre textile important.
L’industrie s’y développe concurremment à celle d’Armentières et vers 1900, Houplines est considérée comme une ville populeuse et prospère. Le quartier de « la grande route » groupé autour des usines et de l’église Saint-Charles construite en 1883 est né de ce développement industriel. C’est en 1884 que la municipalité en place décide de construire une mairie sur l’emplacement où se situait auparavant le château de Molimont. Le conseil municipal siégeait jusqu’alors dans une maison particulière louée par la ville, les différents services communaux étant dispersés dans la commune. Cette nouvelle mairie ne résistera pas au premier conflit mondial. À l’automne 1903, les tisseurs des communes de l’Armentiérois entament un mouvement de grève pour réclamer des augmentations de salaires.
En face, les représentants du patronat restent intraitables. Les grévistes sont soutenus par les municipalités socialistes d’Armentières et d’Houplines. Le maire d’Houplines, Sohier, fait partie des « durs » du mouvement. Sur son invitation, Jules Guesde, leader de l’extrême gauche prônant une lutte vigoureuse, arrive le. Le 13 a lieu une journée d’émeutes à Armentières avec destruction et pillage de magasins, maisons, débuts d’incendies. Invité par le comité de grève, le député socialiste Jean Jaurès arrive le afin d’apporter son soutien au mouvement social des ouvriers du textile.
Jean Jaurès est attendu par des ouvriers en gare d’Armentières pour l’accompagner à pied jusqu’à la place de la République à Houplines. C’est à cet endroit que le tribun Jean Jaurès prononce un discours afin d’exprimer le soutien national en faveur des grévistes. Lors de la Première Guerre mondiale, Houplines est tenue par les alliés britanniques même si elle a été brièvement occupée par les Allemands du 10 au puis après l’offensive Georgette du jusqu’au. Le front passe sur son territoire et le hameau de l’Épinette a été le théâtre de combats acharnés et répétés. La ville qui a été évacuée par sa population par tranches successives est complètement abandonnée en. À la fin du conflit, la cité est presque entièrement détruite.
La population passe de en 1914 à en 1921. En souvenir de ces épreuves, les armoiries de la ville comportent la Croix de Guerre. Après le conflit, il a fallu reconstruire. La nouvelle mairie a été bâtie en plein champ entre le Bourg (le centre historique) et la Route (le centre industriel). L’église Saint-Charles est reconstruite au même endroit. Quant à l’église Sainte-Anastasie, elle est édifiée sur les fondations de l’ancienne mairie, elle-même située à l’emplacement de ce qui fut au Moyen Âge le château fort d’Houplines.
La commune, qui n’avait pas en 1940 recouvré son ancienne activité, a été de nouveau éprouvée par des bombardements aériens (dont le qui firent une quinzaine de morts). 120 maisons ont été sinistrées dont une cinquantaine entièrement détruites. Après la guerre, de nombreuses réalisations municipales vont moderniser la ville: le stade municipal, la construction d’un établissement de bains douches et d’une gare routière. Dans les années 1950, le tracé de la Lys au nord de la commune est modifié. L’écluse d’Houplines est abandonnée au profit de celle construite à Armentières. Une partie de la Lys (au bout de la rue Voltaire) sera comblée.
En 1961, le maire Georges Baert est nommé chevalier de la Légion d’honneur en présence de Maurice Schumann, compagnon de la Libération et député de la. Au début des années 1970, le collège Roger-Salengro est construit pour accueillir les collégiens du secteur. Sur la commune s’implantent également un institut médico-éducatif et un institut d’éducation motrice. Afin de faciliter l’accès à l’autoroute A25, une nouvelle voie reliant Houplines à La Chapelle-d’Armentières est créée. Dans les années 1980 et 1990, de nouvelles structures municipales se mettent en place: un centre culturel, un dojo, l’agrandissement du complexe sportif, une salle de tennis, la construction d’une salle de sport près des écoles Jean-Jacob et Saint-André, la construction de nouvelles classes à l’école du bourg. L’activité textile resta fort présente en ce mais les problèmes de l’industrie textile française n’épargnèrent pas la commune.
Au début du, un nouveau parc d’activités voit le jour et y accueille de nouvelles entreprises. De nouvelles infrastructures municipales voient également le jour comme le restaurant scolaire, le relais d’assistantes maternelles, la ludothèque.