Hyères
Histoire d’Hyères
Hyères est une commune du département du Var, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 55 103 habitants. La localité est citée pour la première fois en 963 sous la forme Eyras ou Eras. On doit faire l’élision et parler de la ville d’Hyères, le h aspiré n’existant pas en provençal. En 1801, la ville s’orthographiait indifféremment Hières ou Hyères. Le nom de la commune s’écrit Ieras en occitan selon la norme classique et Iero selon la norme mistralienne. Le nom résulte d’une évolution phonétique du mot latin area, avec une homonymie avec Hières-sur-Amby (Isère, attesté Hera) et les Aires (Hérault, Airas). À la fin du XIXe siècle, la commune voulut s’appeler Hyères-les-Palmiers; ce changement administratif n’aboutit pas, mais la municipalité utilise fréquemment ce nom d’usage, y compris dans ses documents officiels.
Le monument le plus ancien est sans doute la pierre à cupules, dalle en schiste qui aurait été gravée vers 500-600 avant J.-C. par les Grecs et représenterait peut-être des constellations. C’est au IVe siècle av. J.-C. qu’un comptoir commercial fortifié fut construit par des marins grecs de Massalia, sur les rives de la Méditerranée, au lieu-dit de l’Almanarre: l’actuelle Olbia de Provence. Le comptoir se nomma Olbia (« l’Heureuse » en grec). Ce bastion fortifié avait pour but de sécuriser la navigation côtière vers l’Italie face aux incursions des Ligures. Une caserne quadrangulaire constituée d’un double mur avec des tours fut installée, et son intérieur fut découpé en quatre par deux artères, avec deux sanctuaires dédiés à Aphrodite et à Artémis. Au IIe siècle av. J.-C., les Romains s’établissent sur la commune et fondent Pomponiana, une station de galères. Sous le règne de Gontran, roi franc à la tête de la Burgondie, Olbia est définitivement abandonnée en raison de la submersion du port et de l’augmentation de l’insécurité. Dès le début du Moyen Âge, la ville était appelée Castrum Aracarum, ce qui signifie que le château d’Hyères existait déjà. Hyères est citée pour la première fois en 963 sur deux documents: une bulle du pape Léon VIII et une charte de Conrad, roi de Bourgogne et de Provence, qui concèdent Hyères et ses alentours en confirmant l’attribution à l’abbaye bénédictine de Montmajour. Guillaume Ier, comte de Provence, destine Hyères au seigneur de Fos après 972, afin qu’il édifie un fort pour défendre la côte contre les pirates Sarrasins basés à La Garde-Freinet. Pons de Fos est généralement considéré comme le premier seigneur d’Hyères. Une charte de 1056 mentionne la fondation par Guy et Astrude de Fos de l’église Saint-Nicolas située à l’est du Gapeau, qui est placée sous la tutelle du chapitre de la cathédrale Saint-Étienne et Saint-Trophime d’Arles. En 1062 et 1075, l’évêque Rostaing et ses frères donnent les églises Saint-Michel et Saint-Georges à l’abbaye de Saint-Victor de Marseille; dans cette charte, Hyères est citée en tant que castrum Heras, première mention de fortifications. En 1216, Raymond-Geoffroy de Fos vend ses possessions hyéroises à la communauté de Marseille.
Patrimoine religieux
Hyères est classée Ville d’art et d’histoire. Le territoire conserve une commanderie construite par l’ordre du Temple, classée monument historique, et un monument classé en 1992 abritant une exposition permanente d’ex-voto qui racontent des événements survenus pendant les guerres de religion. Un autre monument, classé en 1840, est le seul vestige du couvent des Frères mineurs. Rouvert au public en 1999, le site archéologique d’Olbia, ancien comptoir de la cité de Marseille, juxtapose des éléments préhistoriques, grecs, romains et médiévaux; situé au bord du golfe de Giens, il est évoqué par Strabon dans sa Géographie. La cité gréco-romaine d’Olbia-Pomponiana a été classée monument historique en 1947. À quelques kilomètres, sur la presqu’île de Giens, après le village de La Capte, se trouve le sanctuaire d’Aristée, constitué d’un gros rocher, ancien lieu de dévotion au culte du dieu pastoral grec Aristée. Sur le site d’Olbia, une ancienne abbaye bénédictine fondée en 989 devint cistercienne en 1220. Un autre site, classé monument historique en 1958, est un cimetière qui a livré, lors de fouilles, un fœtus antique connu sous le nom de fœtus de Costebelle, cas exceptionnel de paléopathologie fœtale. La villa Noailles, construite en 1923 par l’architecte Robert Mallet-Stevens pour Charles et Marie-Laure de Noailles, est restée propriété privée jusqu’à sa vente à la municipalité en 1973. Le territoire conserve aussi la trace des nombreux édifices religieux médiévaux dont les chartes des XIe et XIIe siècles documentent l’existence: l’église Saint-Nicolas à l’est du Gapeau, à l’angle nord-ouest des Salins, l’église Saint-Paul mentionnée en 1056 sur la place du Marché, ainsi que les églises Saint-Michel et Saint-Georges données par l’évêque Rostaing à l’abbaye Saint-Victor de Marseille en 1062 et 1075. La chapelle Saint-Benoît des Salins, où fut signée la charte évoquant Castellum Eiras, témoigne aussi de cette densité ecclésiastique ancienne. Le rôle des seigneurs de Fos dans la défense de la côte contre les pirates Sarrasins après 972 et la construction d’un château par Pons de Fos, premier seigneur d’Hyères, ont structuré le territoire chrétien autour d’un castrum que les chartes désignent dès le début du Moyen Âge sous le nom de Castrum Aracarum. La vente en 1216 par Raymond-Geoffroy de Fos d’une partie de ses possessions hyéroises, dont la terre de Brégançon et les salines des Îles d’Or, à la communauté de Marseille, marque le passage de la cité dans l’orbite marseillaise.