Issoire
Histoire d’Issoire
Issoire est une commune du Puy-de-Dôme, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 15 014 habitants dans la plaine de la Limagne. Son nom est attesté dès l’Antiquité sous les formes Iciodorensium vicum et Iciodurum, composé gaulois dont le premier élément est discuté — nom de personne ou racine indo-européenne désignant un oiseau — et le second durum signifie place marchande ou bourg. L’orthographe Yssoire, encore visible dans les armoiries de la ville, est supplantée par Issoire à partir de la Révolution.
Les premières traces archéologiques du site remontent à l’époque gauloise et gallo-romaine: urnes, monnaies et vases funéraires sont découverts dès 1780. Le territoire fait partie de la cité des Arvernes dans l’Empire romain. La mémoire de saint Austremoine, premier évêque d’Auvergne, est ensuite associée au lieu dès les premiers siècles chrétiens, ses reliques étant transférées à Volvic puis à l’abbaye de Mozac. En 816, des moines bénédictins de Charroux (Poitou), fuyant les invasions normandes, se réfugient à Saint-Yvoine. L’un d’eux, Gislebert, reconstruit l’ancien monastère de Saint-Austremoine à Issoire, consacré en 937 par Bernard, évêque de Clermont, sous le double vocable de Saint-Pierre et Saint-Austremoine.
Les guerres de Religion frappent durement Issoire. Le protestantisme s’y implante dès le règne de François Ier, et un premier converti, Jean Bruguière, est brûlé vif en 1547. La ville est attaquée à plusieurs reprises entre 1575 et 1590 — par les protestants, par l’armée royale, puis par les ligueurs. La chronique d’un notable local, Julien Blauf, couvre ces événements de 1540 à 1622. En 1577, lors de la sixième guerre de Religion, la ville est prise et pillée par l’armée royale commandée par le duc d’Anjou. En 1590, après de violents combats entre troupes royales et ligueurs dans les environs, Issoire est finalement tenue par les royaux.
Patrimoine religieux
L’église Saint-Austremoine d’Issoire est l’une des cinq grandes églises romanes d’Auvergne, classée monument historique depuis 1840. Ancienne abbatiale bénédictine édifiée au XIIe siècle en arkoses et calcaires, elle est saccagée par le capitaine huguenot Merle lors des guerres de Religion, puis restaurée. Son chevet, avec sa chapelle axiale rectangulaire, date du milieu du XIIe siècle. Les chapiteaux historiés du rond-point illustrent la Passion du Christ — la Cène, la visite des femmes au tombeau, l’apparition à Marie-Madeleine — et sont attribués à des sculpteurs venus du Languedoc. La crypte abrite une châsse du XIIe siècle en émail de Limoges, volée en 1963, retrouvée à Hawaii en 1990 et restituée à la crypte en 1992.