Ivry-sur-Seine
Histoire d’Ivry-sur-Seine
Ivry-sur-Seine est une commune de Val-de-Marne, en Île-de-France, qui compte 64 001 habitants. Dans le nom d’Ivry-sur-Seine, « Ivry » provient du gaulois « Eburiacum », signifiant « lieu des ifs »; « sur-Seine » notifie le fait que la Seine borde le flanc est de la ville.
Les premiers vestiges attestant l’occupation humaine sur le territoire d’Ivry-sur-Seine datent de avant l’ère chrétienne. Des vestiges de maisons traditionnelles en pains de terre crue et en bois ont été découverts, de 2017 à 2023, dans deux sites du quartier Confluences, un village entouré d’une enceinte et significatif de la culture de Cerny, faisant de cette zone l’une des plus intéressantes de l’archéologie néolithique en région parisienne. J.-C., Ivry est le théâtre de combats opposant les troupes de Camulogène, chef de l’armée des Parisii et celles de Labiénus, lieutenant de Jules César qui remporte la victoire. Au, d’après une légende hagiographique, saint Frambourg, un ermite, se réfugie dans une grotte naturelle d’Ivry: une fontaine aurait miraculeusement caché le saint, et l’endroit serait bientôt devenu un lieu de culte. À sa mort, une chapelle lui est consacrée. Détruite pendant les guerres, elle est rebâtie en 1665 et abrite jusqu’au règne de Louis-Philippe les reliques du saint, objets d’un pèlerinage très suivi.
Autour du lieu, devient un hameau de la paroisse d’Ivry-sur-Seine. Au, la terre d’Ivry est propriété de la seigneurie du chapitre de Notre-Dame-de-Paris. En 936, une charte de Louis IV de France mentionne pour la première fois le nom d’Ivriacum, archétype d’origine celtique Ebur-i-acum signifiant « le lieu des ifs » ou « la propriété d’Éburius ». La nouvelle église paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul est commencée au (clocher carré et travée du ); un des piliers porte la date de 1575. Sur un plan des années 1550, l’église est présente et la commune porte alors le nom Iveri.
Progressivement, du, l’unité du domaine se morcèle par les acquisitions successives de plusieurs seigneurs. Les nombreuses seigneuries ecclésiastiques dont les abbayes de Saint-Magloire, de Saint-Victor, le prieuré Saint-Martin-des-Champs et quelques fiefs laïcs sont progressivement rachetés, de telle sorte qu’en 1659 la terre d’Ivry appartient en totalité à un unique seigneur laïc, Philippe de Loynes. Cette terre est achetée au par Claude Bosc du Bois, conseiller au Parlement de Paris, qui la transmet à son fils, qui y bâtit un superbe château. À la mort de celui-ci, elle passe à Antoine Chaumont marquis de la Galaizière.
Ivry est adjugé pour au maréchal d’Uxelles, puis à Henri-Camille, marquis de Béringhen. La Révolution détruit une grande partie du château (quelques éléments demeurent aujourd’hui encore à proximité de la place Parmentier). C’est également de la seconde moitié du que date le moulin de la Tour.
Au début du, le territoire à nouveau unifié est détenu par le seigneur du moulin de la Tour. Il devient un lieu de villégiature prisé de l’aristocratie et de la bourgeoisie parisiennes. On note ainsi la présence, dans l’une des plus belles résidences d’Ivry, de l’architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778), petit-fils de Jules Hardouin-Mansart. La maison devient au XIXe siècle, l’école professionnelle de Pierre-Philibert Pompée tandis qu’une autre partie est allouée en 1871 par la commune d’Ivry, créée en 1789, qui l’acquiert en 1879. Elle est la mairie de la ville jusqu’à l’inauguration de la mairie actuelle en 1896 (l’ancienne mairie est détruite en 1945). Succédant à celle de la rue Buffon à Paris, la maison de santé Esquirol est fondée en 1827 ou 1828 par l’aliéniste Esquirol au 7, rue de Seine, aujourd’hui rue Lénine.
En 1847, Gaetano Donizetti (1797-1848) y séjourne, treize mois avant son retour à Bergame. Auparavant, le physicien Sadi Carnot (1796-1832) y est vraisemblablement mort. Le poète Maurice Rollinat, le peintre Maurice Utrillo, la fille de l’écrivain James Joyce, Lucia, l’écrivain et poète Antonin Artaud y ont été également soignés. Un hospice des Incurables est édifié à Ivry sous le Second Empire. Le bâtiment est construit sous la direction de l’architecte Théodore Labrouste au cours des années 1864 à 1869, sur des terrains, acquis en 1851 par la direction de l’Assistance publique, qui formaient auparavant le parc du château de Claude Bosc. L’hospice est destiné aux venant du couvent des Récollets ou de l’hospice de la rue de Sèvres.
Il est inauguré en 1873 par Mac-Mahon. Devenu l’hospice d’Ivry, il sera, en 1976, rebaptisé hôpital Charles-Foix en mémoire du neurologue qui en fut chef de service. Au cours du, la commune est amputée en deux temps: d’abord du village d’Austerlitz réuni à Paris par ordonnance royale du à la suite du déplacement du mur des Fermiers généraux, puis d’une frange nord-ouest, en 1860, à la suite de la création du de Paris et de la construction de l’enceinte de Thiers (les « fortifs »). Lorsque celles-ci sont abandonnées va s’installer à la place ce que l’on nommera « la Zone ». Le fort d’Ivry est construit de 1841 à 1846 (sous le règne de Louis-Philippe). D’une superficie intérieure de, il est bâti à l’extrémité du plateau d’Ivry et forme un éperon entre les vallées de la Bièvre et de la Seine.
Il a été modifié après la guerre de 1870 afin de défendre Paris. Le fort appartient aujourd’hui au ministère de la Défense et abrite l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD). La commune prend son nom actuel d’Ivry-sur-Seine en 1897. La ville est particulièrement touchée par les inondations de 1910. Le Parti communiste français devient la principale force politique de la ville dès 1920. Georges Marrane en est sur une longue période le député-maire à la suite de Maurice Thorez.
Ivry fait partie de la ceinture rouge entourant Paris. La ville se transforme en laboratoire d’expérimentation sociale, mettant en place des politiques ambitieuses de logement, de santé, d’éducation et de services publics pour les classes populaires. Ces réalisations, telles que les grands ensembles d’HBM et la multiplication des équipements municipaux (crèches, centres de santé, colonies de vacances), ont façonné un urbanisme militant qui visait à améliorer les conditions de vie des classes populaires. En 1944, les Francs-tireurs et partisans (FTP) envahissent les entrepôts d’Ivry de la société Sainrapt et Brice, désignée comme un modèle de collaboration économique. En effet, sous l’occupation, l’entreprise a activement participé à la construction du mur de l’Atlantique. À partir des années 1960, Ivry est rattrapée par la désindustrialisation, tout comme les autres villes ouvrières de France.
Elle perd ses usines, ce qui conduit à d’importants conflits sociaux. En 1983, l’usine SKF, la plus grosse fabrique de la région, est délocalisée par ses actionnaires suédois. Les ouvriers, plus de 600, dont une majorité de femmes, montent la garde de leur usine pendant deux ans, refusant sa fermeture. De 1926 à 2012, dans le quartier Ivry-port, ont été implantés les entrepôts du BHV, situés boulevard National (actuel boulevard Paul-Vaillant-Couturier). L’industrialisation du territoire d’Ivry débute en 1835.