La Chapelle-Saint-Mesmin

Histoire de La Chapelle-Saint-Mesmin

La Chapelle-Saint-Mesmin est une commune du Loiret, en région Centre-Val de Loire, qui compte environ 10 218 habitants. La paroisse, qui appartenait à l’abbaye Saint-Mesmin de Micy, est mentionnée pour la première fois sous la forme Villa Berarii en 836. Elle est ensuite attestée sous le nom de Cappella Sancti Maximini, puis La Chapelle Sainct Mesmin, La Chappelle Saint Mesmin en 1536, et enfin La Chapelle Saint Mesmin en 1740 et sur la carte de Cassini. Selon la première mention, le nom primitif devait être Berarville, formation toponymique en -ville fréquente dans la région et signifiant « domaine rural, village ». L’élément Berar- représente l’anthroponyme germanique Berarius ou Berachar[ius] en usage à l’époque mérovingienne. Le terme « chapelle » désignait à l’origine la chape de saint Martin, relique insigne sur laquelle se prêtaient les serments, puis l’endroit du palais où elle était conservée, avant d’être appliqué à tout sanctuaire possédant des reliques.

En 1856, la grotte du dragon de Béraire, cavité souterraine naturelle apparue au cours de l’Holocène, fut découverte par l’archéologue Ernest Pillon. Plusieurs sites préhistoriques du Paléolithique supérieur et de la culture magdalénienne ont été identifiés au lieu-dit Monteloup, qui a livré des vestiges humains magdaléniens et une série d’occupations liées au Badegoulien à raclettes. Le site fut prospecté par l’abbé Nouel en 1937, puis par Jacques Allain en 1970, lequel explora aussi le site badegoulien du Coteau. En 1988, des travaux d’agrandissement d’une cave dans le hameau des Neuf-Arpents mirent au jour une double sépulture néolithique, dite « la Dame de Monteloup », correspondant à une femme d’une vingtaine d’années tenant contre elle un enfant de dix-huit mois; les parures retrouvées sur son corps révèlent son rang ou son aisance et l’existence probable d’une coutume funéraire.

Au début de notre ère, sur l’emplacement actuel de l’église Saint-Mesmin, se tenait une villa gallo-romaine appartenant à un dénommé Béraire, la Villa Berarii. Cette villa surplombait la falaise dans laquelle se trouve la grotte du dragon. La commune était probablement traversée par la voie gallo-romaine reliant Orléans à Tours par la rive droite de la Loire, qui figure sur la table de Peutinger. La rue du Coin Chaud a livré d’anciennes carrières comblées avec des matériaux gallo-romains. Des fouilles effectuées en 1990 dans le périmètre de l’ancien cimetière de l’église ont mis au jour de nombreuses sépultures mérovingiennes. En 2009, des fouilles préventives dans le quartier des Chesnats ont permis la mise au jour des vestiges d’un village du haut Moyen Âge, importante réserve à grains, prenant sa source à l’époque gallo-romaine. Ce site historique de plusieurs hectares retrace plusieurs siècles d’histoire et est considéré comme l’un des plus importants en France pour cette période, avec des dizaines de milliers de vestiges immobiliers découverts.

La légende veut qu’aux environs du VIe siècle, saint Mesmin l’Ancien, qui établit un monastère à Micy de l’autre côté de la Loire, ait combattu un dragon à Béraire, premier nom du village. À sa mort, saint Mesmin se fit ensevelir dans la grotte située sous la Villa Berarii. Cette grotte devint un lieu de pèlerinage avant de tomber dans l’oubli. Un cimetière mérovingien fut implanté à partir du VIe siècle autour d’un édifice cultuel élevé au-dessus du tombeau de saint Mesmin. L’édifice fut remplacé par l’église Saint-Mesmin entre les siècles suivants. En 1616, on comptait une population déjà significative sur le territoire. La qualité de bourg ligérien implique que la Loire constituait une voie de communication aussi sollicitée que la route. Le village était peuplé majoritairement de vignerons produisant principalement un vin rouge de table, l’Auvernat, issu du cépage pinot noir. De la préhistoire jusqu’au milieu du XIXe siècle, la Loire fut un important axe de navigation et de transport; un dessin d’Aignan-Thomas Desfriches daté de 1760, représentant deux bateaux à grande voile rectangulaire, témoigne de l’activité de la marine de Loire en interaction avec la commune.

Patrimoine religieux

L’église Saint-Mesmin est l’une des plus anciennes du Val de Loire. Bâtie à flanc de coteau au-dessus de la grotte dite du dragon, elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1862. La grotte du dragon de Béraire, située juste en dessous de la Villa Berarii à l’emplacement de l’église, aurait été selon la légende le repaire d’un dragon terrassé par Maximin de Micy, saint Mesmin l’Ancien, abbé de Micy établi sur la rive opposée. Il y fut enterré à sa mort en 520. Plusieurs croix anciennes sont également présentes ou ont disparu sur le territoire communal: la croix de l’Ardoise au carrefour des rues de l’Ardoise, de Monteloup et de la Tortue, la croix Monteau dite aussi croix Blanche ou croix Blond entre la rue des Forges et Ingré, la croix de Chivaneau ou croix du Got chemin des Hauts Champs, la croix de Marmogne rue de Marmogne et rue Clovis, la croix des Chaffaults, et la croix de la place de l’église. La Croix Noble, croix en pierre taillée installée au croisement de cinq chemins, fut érigée par trois carriers; elle remplaçait une croix antérieure et fut extraite d’une carrière souterraine voisine par Jacques Moreau, agriculteur et carrier. Endommagée dans les années 1980, elle a été restaurée par l’Atelier de la Perrière de La Chapelle-Saint-Mesmin, puis à nouveau en 2021 avec un décapage et une reprise des inscriptions gravées.

Informations Clés

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Population

10.218 habitants

Région

Centre-Val de Loire

Département

Loiret
(45)

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