La Colle-sur-Loup

Histoire de La Colle-sur-Loup

La Colle-sur-Loup est une commune de Alpes-Maritimes, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 8 084 habitants. Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1362 dans un cartulaire de Saint-Pons (Colla), vient du provençal couala, colline ou montagne. Des notes issues d’archives mentionnent que « Loup » aurait un rapport direct avec l’animal. La vallée encore sauvage en certains lieux était, il y a longtemps et jusqu’en 1860, peuplée de loups.

Une autre explication veut que le nom du fleuve provienne d’une racine romaine lapis – hauteur, ravin – ou pré-indo-européenne lepp, lepas – rocher ou gros caillou. La commune est située dans l’aire linguistique de l’arrondissement de Grasse, où l’article du Sou est traditionnellement d’usage, et se nomme ainsi Sa Còla de Lop en provençal.

Le territoire de La Colle-sur-Loup a livré de multiples traces de peuplements préhistoriques et protohistoriques La grotte Bianchi, où fut retrouvée une sépulture collective datée de la fin du Chasséen et occupée dès le néolithique moyen et l’âge du bronze, en est le plus ancien témoignage. À l’âge du fer, le site est occupé par des Ligures de la tribu des Décéates, qui y fondent l’oppidum de Montmeuille sur un éperon barré au sud du village actuel. À leur arrivée, les Romains investissent certains de ces habitats préhistoriques dont la grotte Bianchi et le castellaras de Montmeuille, sur lequel ils fondent un camp qui leur sert à surveiller les alentours. L’ossuaire de la grotte Bianchi tient lieu de carrière de calcaire à ses nouveaux occupants. Au cours de ses fouilles menées en 1954 au nom de l’IPAAM (Institut de fouilles de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes-Maritimes), le commandant Octobon signale la présence de fragments de tegulae décorés de motifs animaliers, d’une douzaine de monnaies du et des céramiques africaines postérieures au Ie siècle aujourd’hui conservés au Musée d’anthropologie de Monaco.

Sur l’ensemble du mobilier provenant de la grotte Bianchi en réserve au Musée de Préhistoire Régional de Menton, on compte 71 tessons: douze amphores, deux lampes, trois céramiques modelées, sept à pâte brune, sept à pâte claire, 17 à pâte grise et 23 sigillées claires. Seuls onze ont pu être identifiés (bords d’amphores de type africaine et gauloise, d’une coupe carénée en céramique, deux plats, gobelet globulaire, deux fragments d’amphores, deux fragments d’une lampe à décor perlé, bord d’une petite urne.), tous datés du IIe siècle au VIIe siècle. Les invasions barbares, suivies de celles des Sarrasins, dévastent la région durant tout le haut Moyen Âge jusqu’en 973, quand Guillaume le Libérateur chasse durablement ces-derniers et consolide le pouvoir des comtes de Provence dans les alentours de Nice. Peu de temps après (en l’an 1012 ou 1016, voire dès la fin du Xe siècle, les sources historiques divergent quant à la date de cet événement) est créé, sur le site d’un petit monastère que les Sarrasins avaient détruit en 730, l’habitat fortifié du Canadel dont le prieuré relève de l’abbaye de Lérins. Ces terres forment alors, avec celles qui composeront plus tard le village de Villeneuve-Loubet, le fief de Gaudelet. Vers 1219, les comtes de Provence répriment durement une rébellion de la noblesse locale: Romée de Villeneuve, meneur d’une expédition victorieuse au service de Raimond Bérenger, se voit attribuer la partie sud de Gaudelet (où il fonde un château ainsi qu’un village auxquels il donne son nom) tandis que le reste du fief est rattaché à Saint-Paul, qui est demeurée fidèle au pouvoir comtal.

Le « bourg de la Colle » sera considéré comme un faubourg de Saint-Paul qu’à la Révolution française. Jusqu’au XVIe siècle, le peuplement de La Colle se fait de façon très dispersée, sous la forme de fermes et de maisons d’abord isolées, puis regroupées en petits hameaux. Le village naît véritablement en 1537, lorsque François fait construire une seconde enceinte fortifiée autour de Saint-Paul et que de nombreuses maisons y sont démolies. Ce sont les familles expropriées de ces demeures et celles des hameaux disséminés dans la campagne et les « colles » – coteaux – qui forment peu à peu l’agglomération colloise. Le fief est alors partagé entre l’évêque de Vence et la famille de Villeneuve des branches de Thorenc puis de Tourrettes. Une première église paroissiale est édifiée en 1623, le clocher est achevé en 1673.

Un hôtel-Dieu est créé en 1723, témoignant de la prospérité de la communauté d’habitants de La Colle, qui dépasse en nombre celle de Saint-Paul. Lors de la refonte de 1792, le village obtient son érection en commune autonome sous l’appellation de La Colle-du-Var (de même que Saint-Paul, qui devient Saint-Paul-du-Var) et gagne son propre consul. L’ancien hôtel de ville est construit en 1802. Le village nouvellement érigé en commune continue de grossir et de prospérer grâce à sa plaine alluvionnaire fertile dont les rendements agricoles – vin, céréales, oliviers – et de l’élevage sont élevés. Eugène Tisserand de Melun, dans son ouvrage Un touriste à Vence, parle de La Colle en ses termes: « La Colle est un village industrieux. Il est peu de pays où les habitants aient un air d’aisance plus marqué.

Ils commercent de tout et partout ». Toutefois, c’est dans la culture des plantes aromatiques à destination des parfumeries grassoises que vont se spécialiser les agriculteurs collois à partir de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle. La culture de la rose de mai, tout particulièrement, contribue à la renommée de La Colle, où de champs sont consacrés à sa culture, ce qui en fait la deuxième plus importante commune productrice de roses à parfum derrière Grasse. La rose thé, la fleur d’oranger, la violette et la menthe poivrée sont également cultivées à La Colle durant cette période. L’Espace Rose de Mai, rue Clemenceau, aujourd’hui salle polyvalente municipale, est l’ancienne Coopérative des producteurs de fleurs à parfum. Ouverte entre 1907 et 1995, elle regroupait à l’origine des propriétaires de La Colle, Saint-Paul et Villeneuve-Loubet et avait été créée pour la collecte et la distillation des fleurs.

De 1911 à 1932, la ligne Cagnes-Vence des T.A.M. (Tramways des Alpes-Maritimes) passe près du village, dont la halte est située dans le bâtiment qui accueille aujourd’hui l’office de tourisme de La Colle-sur-Loup, et contribue à sa richesse en facilitant l’exportation de ses productions agricoles. La Colle-sur-Loup prend son nom actuel en 1926. La commune, qui appartient à l’agglomération niçoise, est transformée par une croissance démographique rapide durant les années d’après-guerre, et sa population est plus que doublée entre 1946 (1 511 habitants) et 1975 (3 700 habitants). Les cultures florales sont alors délaissées au profit de l’hôtellerie (notamment du camping sur les rives du Loup), du tourisme et de l’artisanat.

Informations Clés

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Population

8.084 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Alpes-Maritimes
(06)

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