La Couronne
Histoire de La Couronne
La Couronne est une commune de Charente, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 7 753 habitants. Le village est dénommé en 1110 dans un texte rédigé en latin Paludibus « les marais » (c’est-à-dire palús, palun en occitan, qui a donné La Palud) pour décrire son territoire marécageux. En 1124, à la création du monastère, on trouve Corona beate Marie et Coronella en 1139. Une autre forme ancienne est Corona en 1242.
Mais il faut sans doute distinguer l’abbaye (Coronella ou Corona b. Mariae, la Couronne de Marie), fondée à l’écart du village de La Palud par les moines de Saint-Jean de La Palud. C’est sur un acte des registres des baptêmes de 1783 que l’on trouve l’appellation Saint Jean de la Palu de La Couronne puis sur un autre de 1790 que disparaît le nom Saint Jean de La Palu (sans d) et subsiste seulement La Couronne.
La commune prend donc le nom de son abbaye. Pendant la Révolution, la commune retrouve provisoirement son ancien nom La Palud.
Au, un prêtre du nom de Lambert fut nommé chapelain de l’église collégiale de Saint-Jean-de-la-Palud, pauvre village à quelques lieues d’Angoulême et cerné par les marais. Il choisit de construire une modeste église sur une éminence de terre au milieu de ces marais, d’où son nom Coronella, avec l’aide de quelques disciples afin d’en faire un monastère. Cette première église fut commencée en 1118 et terminée en 1122, sous l’administration du comte d’Angoulême Vulgrain II. En 1136, Lambert fut promus évêque d’Angoulême. Mais il n’oublia pas son cher monastère, et l’abbaye devint une des plus riches d’Aquitaine. Lambert mourut en 1148, mais ses successeurs agrandirent l’abbaye, devenue trop petite.
La nouvelle église fut commencée en 1171, et la première pierre fut posée par l’évêque d’Angoulême Pierre en présence de l’évêque de Périgueux Pierre Mimez et de Junius, quatrième abbé de La Couronne. Cette pierre fut retrouvée sous l’autel de la Vierge le, et il était inscrit en latin:. Elle fut reposée au même endroit le, duc d’Aquitaine. Celui-ci avait reçu l’abbaye de sa femme Eléonore de Guyenne comme dot. Au Moyen Âge, principalement aux, La Couronne se trouvait sur une variante nord-sud de la via Turonensis, itinéraire du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle qui passait par Nanteuil-en-Vallée, Tusson, Saint-Amant-de-Boixe, Angoulême, Mouthiers, Blanzac et Aubeterre. Lors des guerres de religion, les protestants saccagèrent l’abbaye à deux reprises: une première fois le, après avoir profané la cathédrale d’Angoulême, puis en 1568, avec cette fois à leur tête le Prince de Condé.
Celle-ci ne retrouva son ancienne splendeur qu’avec la proclamation de l’Édit de Nantes par Henri IV, qui mit fin à ces guerres. En 1526, François de retour d’Espagne où il était prisonnier, vint se reposer en Angoumois et séjourna dans le château où, lors d’une chasse au cerf, il se cassa un bras. En 1678, le château passa à Jean de Tiers, sieur de La Rochette, puis en 1691 à François Maulde, conseiller au présidial d’Angoulême. Au tout début du, le château fut acquis par le département de la Charente pour y créer une école d’agriculture; en conséquence, de nombreuses papeteries fermèrent leurs portes. En 1762, le moulin du Petit-Montbron apporta une importante amélioration dans la technique papetière: le remplacement des maillets par des cylindres, en fonte dans un premier temps, qui avaient d’abord été expérimentés au moulin du Verger à Puymoyen un an avant. Ces progrès étaient suivis et encouragés par l’intendant de la généralité de Limoges, Turgot, et par le marquis de Montalembert, qui a créé la fonderie de Ruelle.
Les cylindres à moyeu en bois, plus légers que ceux en fonte et expérimentés en 1778 dans les papeteries d’Essonne et d’Annonay, furent introduits en Charente en 1806 à l’usine de Lacourade. Les machines à fabriquer du papier en continu furent introduites en Charente d’abord à la papeterie de Veuze à Magnac-sur-Touvre en 1828, puis furent adoptées peu à peu dans les autres papeteries.
Patrimoine religieux
L’abbaye Notre-Dame de La Couronne, dont les vestiges témoignent de sa grandeur passée et de son importance économique et sociale. L’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. Elle est classée monument historique depuis 1903. Le château de l’Oisellerie dont le nom vient de la fauconnerie relevant de l’abbaye Notre-Dame de La Couronne.
Sa construction débute en 1498; il sera agrandi et embelli. Depuis 1989, il appartient au Conseil général, qui y a installé une médiathèque du Centre départemental de documentation pédagogique de la Charente. Le château a été classé monument historique en 1911. Le logis de Mougnac, une maison forte ancienne avec des parties bâties au et deux pavillons du, qui encadrent le corps du logis; il faisait partie du fief de l’abbaye Notre-Dame de La Couronne.
Au village des Gallands, il existe une maison forte avec deux tours transformées en pigeonniers, et dont l’une possède des meurtrières. La maison Lacroix, située au moulin de Cothiers, est inscrite monument historique depuis 2013. La Couronne possède un patrimoine témoignant de l’histoire de la papeterie et de l’industrie en Charente: Poulet, l’Escalier, l’Abbaye, la Courade, Moulin Neuf, Pont des Tables, moulin Barillon, Colas, Breuty, Beauvais, Tutebœuf, Grand Girac, scierie Albert. Le GR 4 qui va de Royan à Grasse traverse la commune et passe à Mougnac.