La Fère
Histoire de La Fère
La Fère est une commune de Aisne, en Hauts-de-France, qui compte 2 850 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Fera (898); Ferra (898); Fara (958); Feria (1133); La Ferre (1196); « Canonici de Farra recognoverunt domum leprosorum de Farra, sita esse in parrochiatu de Beautor… » (1214); la Fère (1317); La Fère-sur-Oise (1400); Laffere (1408); Le Fere-en-Vermendois (1449); La Fère-sur-Oise (1452); Lafère-sur-Oyze (1478); La Ferre-sur-Oyse (1553). Une fère, ou ferté désignait une forteresse médiévale (Rappelons que la ville fut fortifiée au ), de l’oïl *fère « habitation des ancêtres, ruines d’habitations anciennes ».
Une autre hypothèse suppose que Fère dériverait du germanique fara (colonie, famille), en langue d’oïl: une famille installée sur un domaine ou habitation agricole, et donc un peuplement rural par des populations déplacées.
Eudes, comte de Paris et marquis de Neustrie, puis roi des Francs de 888 à 898, mourut à La Fère, siège de son camp d’hiver, le 3 janvier 898. Vers le, La Fère en Picardie devient le fief des seigneurs de Coucy, puissants rivaux de la jeune monarchie capétienne. Ils construisent des fortifications qui vont défier longtemps les rois de France. En 1187, le tournoi de La Fère, donné par le sire de Coucy Raoul Ier dans les prairies, entre La Fère et Vendeuil, dura une semaine.
Le sire de Coucy fit annoncer ce grand tournoi jusqu’en Belgique, lança de nombreuses invitations. L’héritage picard (Soissons en partie, La Fère, Marle.) de la dernière des Coucy, Marie (1366-1405), passa à son fils Robert de Bar (-le-Duc), comte de Marle et de Soissons, puis à la fille de ce dernier, Jeanne, épouse du connétable Louis de Luxembourg-Saint-Pol. La petite-fille de ces derniers, Marie de Luxembourg-Saint-Pol (morte à La Fère ou à Ham), par son deuxième mariage avec François de Bourbon-Vendôme, transmit ces fiefs à la Maison de Bourbon-Vendôme (Antoine de Bourbon, né au château de La Fère en 1518, père d’Henri IV, et Louis prince de Condé étaient leurs petits-fils). En 1545, lors de la guerre de François contre Charles Quint, la Picardie était de nouveau envahie: « Le roy s’achemina pour tirer à La Fère-sur-Oise, duquel lieu il pourroit ordonner ses affaires selon qu’il s’offriroit.
Au cours de la septième guerre de Religion, La Fère est prise par surprise, par le prince de Condé, fils de Louis, le 29. Elle est reprise après un siège que les troupes royales du maréchal de Matignon appliquent avec ténacité du 7 juillet 1580 à début septembre 1580. Ce siège de 1580 est appelé siège de Velours car les ducs d’Épernon, Joyeuse et d’autres jeunes seigneurs y viennent en brillant équipage et les vivres abondent. Il n’en est pas moins long (du 20 juin au 31 août) et dur.