La Gaude
Histoire de La Gaude
La Gaude est une commune de Alpes-Maritimes, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 7 133 habitants.
Des prospections menées au dans la commune de La Gaude ont permis de mettre au jour des stations de plein air, connues sous les noms de stations des Colles et du Bois du Tacon, ainsi qu’au quartier de Trigan; ces stations ont livré du matériel (burins, grattoirs, lames, pointe à main, entre autres), déposé au Musée de préhistoire régionale de Menton. Ces stations attestent d’une présence humaine au cours du Paléolithique inférieur, moyen et supérieur, ainsi qu’à l’Épipaléolithique. Une occupation romaine est bien attestée à La Gaude. Les Romains construisent probablement des postes militaires à La Gaude et dans les environs, ainsi qu’en témoignent les nombreux vestiges retrouvés dans ces lieux: tombes à compartiments et sous tegulae, inscriptions, pièces, chaussée antique reliant le quartier des Terres blanches à Vence. Au pied du village, un cénotaphe romain, voisin de l’ancienne voie Julia Augusta, appelée de nos jours voie Aurélia, témoigne d’une occupation humaine dès l’antiquité. Cette voie romaine passait près de l’actuelle ruine connue sous le nom de bastide templière.
Après les attaques des Sarrasins, au, les habitants redescendent de Saint-Jeannet sur un plateau plus fertile. Au, le village se forme aux lieux-dits La Condamine et Trigance. Le nom de La Gaude apparaît dès 1026 sur le Cartulaire de l’abbaye de Lérins sous la forme de Alagauda. Des variantes de ce nom lui sont attribués comme Gauda. Le nom actuel du village est La Gaude, mais Alagauda reste utilisé en langue d’Oc. « La Gauda » est citée en 1075.
Mais le village se convertit à l’hérésie cathare: devenu un des repaires des Albigeois qui furent condamnés au concile de Latran en 1204, le village est brûlé et ruiné de fond en comble. Il ne renaît de ses cendres que plus tard et plus loin, au, sous le nom de Alleganza ou Alliganza (en bas latin, « autre pays »), lorsque prirent fin les guerres contre les Vaudois des bords du Var. Lorsque le Var devient frontière, La Gaude est de nouveau détruite. Au, le village est complètement dépeuplé par une épidémie de peste en 1467 et déserté jusqu’à la fin. Quelques maisons réapparaissent alors, devenant communauté indépendante en 1599 en se séparant de Saint-Jeannet. Les pestes et les guerres ne favorisent pas sa résurrection, tentée par un apport de colons génois venus d’Oneglia parmi lesquels se trouvent plusieurs Pizany, qui deviennent plus tard seigneurs de La Gaude: Charles Pizany fut le dernier évêque de Vence et seigneur de La Gaude à partir de 1783.
Plusieurs marquis, seigneurs de La Gaude et de Saint-Jeannet sont connus au tout début du sous le nom de Claude II et Claude III, de Villeneuve-Torenc. De nouveaux pillages en 1704 et 1707, dont le dernier dure cinq jours et cinq nuits, n’entament pas sa réhabilitation. Un village important a sans doute existé à l’origine dans le quartier de la Grande Bastide, autour d’une paroisse et d’un fabuleux château attribué aux ordre du Temple, appelé château de la Gaude. Une commanderie des Templiers est en effet établie dans le village, comme l’atteste un document de 1155.