La Roche-sur-Foron
Histoire de La Roche-sur-Foron
La Roche-sur-Foron est une commune de Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 11 263 habitants. Son toponyme associe le mot roche à celui de la rivière Foron, association officialisée par décret. Le nom de La Roche désigne le rocher au sommet duquel fut bâti le donjon de l’ancienne forteresse des comtes de Genève: il provient de l’ancien français roche, qui désignait au Moyen Âge un château-fort élevé sur un piton rocheux, lui-même issu du latin médiéval rocca. L’occupation du site est attestée très tôt, probablement dès la préhistoire, puis reprise par les Burgondes au haut Moyen Âge en raison de ses atouts stratégiques: un plateau adossé au col d’Évires, facile à défendre et offrant une vue dégagée sur la vallée de l’Arve et le bassin lémanique.
En 1033, le comte Gérold de Genève, chassé de sa capitale par l’empereur Conrad II le Salique au cours de la guerre de succession au trône de Bourgogne, s’établit dans le bourg fortifié et en fait sa capitale. Fondateur de la maison de Genève, il modernise les fortifications, et à la fin du XIIe siècle une première enceinte défendue par trois châteaux est élevée. La Roche demeure capitale du comté de Genève jusqu’en 1219, date à laquelle le comte renonce à Genève et s’installe à Annecy. Après l’incendie d’Annecy en 1320, Amédée III de Genève fixe sa résidence à La Roche entre 1320 et 1322, le temps que la ville et son château soient rebâtis. La Roche reçoit son statut de ville en 1335, accompagné de franchises et de libertés. La famille de Genève s’éteint en 1394, et le Genevois est vendu en 1401 au comte Amédée VIII de Savoie, premier duc de Savoie en 1416.
En souvenir de l’époque où la cité comptait parmi les principales résidences des princes de Genève, et par défiance envers le nouveau marquis de Graneri, La Roche porte depuis lors, à l’instar de la province du Genevois, les armoiries de cette lignée. La ville fut entièrement ravagée par les flammes lorsque les fours banaux prirent feu accidentellement, les habitants mettant plus de soixante ans pour la reconstruire après avoir perdu la majeure partie de leurs biens dans la catastrophe. L’une des maisons rebâties seulement en 1571 arbore au-dessus de son porche d’entrée une pierre millésimée dont l’inscription latine rappelle ce sinistre. Aucune crise ne s’ensuivit toutefois, grâce à l’intensité de la vie économique de la cité.