La Teste-de-Buch
Histoire de La Teste-de-Buch
La Teste-de-Buch est une commune de Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 26 556 habitants. Le toponyme est documenté sous les formes La Testa in Bogio (1326), La Teste ou Cap de Buch (1651, carte d’Abbeville)… En gascon, le nom de la commune est La Tèsta de Bug. Le terme Buch proviendrait du terme Boiates, la tribu celtique ou pré-celtique qui vivait autrefois dans la région. Teste (tèsta) est le cognat gascon du français tête (qui se dit plutôt cap en gascon); il s’agit donc du « bout », du « terme » du pays de Buch.
En effet La Teste, qui était la capitale de ce pays (après le déclin de La Mothe-en-Buch et avant l’essor d’Arcachon), représentait la dernière grande ville face au bassin et aux dunes littorales. Un décret du 8 juin 1994, publié au Journal officiel du 12 juin de la même année, établit que La Teste se nommera désormais La Teste-de-Buch.
Comme l’impose la loi dans le cas d’opérations immobilières impliquant des excavations, de récentes fouilles ont été effectuées par l’Institut national de recherche archéologique préventive (INRAP) sur les emplacements concernés. Plusieurs campagnes de fouilles ont donc été menées entre 2005 et 2013 dans le Bourg même de La Teste. En 2010 on y a découvert des vestiges de l’âge du bronze faisant remonter une occupation du secteur à environ 1500 av. Les équipes de l’INRAP se sont aussi intéressées à l’examen de la zone côtière au sud du Pilat où l’avancée des dunes vers l’intérieur des terres avait mis au jour des traces d’habitat ancien. En 2012, deux silex taillés ont été découverts du côté du Petit Nice; identifiés comme étant du Paléolithique, ils feraient dater à une présence humaine dans un habitat bien plus éloigné de la côte que sa situation actuelle pourrait le laisser croire, en raison du mouvement dunaire et de l’érosion du littoral. L’histoire de La Teste est profondément liée à celle du Pays de Buch et de la Gascogne landaise. Des traces attestées de peuplement dans la région dateraient du quand les Boïates, peuple aquitain, s’installent autour de la baie d’Arcachon. Les petites ramifications débouchant dans la baie d’Arcachon sont le siège de petits ports.
Le plus important port est celui de Boïos, centre principal de la peuplade des Boïates. Selon l’itinéraire d’Antonin, Boïos qui a disparu, se situait à l’embouchure de la Leyre en un lieu proche de la commune actuelle de Biganos. Les Boïates pratiquent la pêche, la chasse, l’élevage, cultivent la terre et probablement déjà la vigne. En exploitant les ressources de la forêt, ils mettent au point les premières techniques de gemmage et développent la fabrication du brai, utilisé pour l’étanchéification intérieure et extérieure (calfatage) des coques de bateaux, obtenu par cuisson de la résine dans des fours en terre. Place importante, Boïos fut le siège d’un évêché dès le. Vers le, les Vandales anéantissent par le feu la moitié du pays fortement boisé. Obligés de fuir devant les dunes que l’incendie avait rendues mobiles, les Boïates fondèrent une nouvelle bourgade au pied des dunes qui fut appelé plus tard « Cap-de-Buch ». Le nom des Boïates se transforma en celui des « Bougés ».
La destruction par le feu des forêts reconstituées rendit à nouveau mobiles les dunes menaçant le groupe d’habitations de Cap-de-Buch. Les Bougès reconstruisirent à nouveau leur village plus à l’est à l’endroit où se trouve aujourd’hui La Teste-de-Buch. Les fouilles de l’INRAP ont mis en évidence dans la zone de l’école Gambetta et de l’église Saint-Vincent, des vestiges d’habitat estimés au, prouvant que l’urbanisation testerine a commencé à l’emplacement actuel du centre-ville et non plus à l’ouest comme le veulent les légendes locales. La fouille de sauvetage d’octobre 2014 au carreau du marché, à l’emplacement de l’ancien cimetière autour de l’église Saint-Vincent, a permis de retrouver également la tranchée de fondation de 2 m de large déterminant un espace intérieur de 10 m de côté, du système défensif de l’ancienne tour, datée du, dont les murs ont été entièrement récupérés. Il n’en reste plus que quelques résidus comme de l’appareillage de garluche et de calcaire. Un silo à grains avait été creusé dans le sol de la tour. Cette structure a été comblée. Le décapage a également permis de retrouver la double enceinte de fossés, d’une largeur de 10 m.
Les campagnes de fouille de 2005, 2006 et 2007 ont concerné le site de la « Lette du grand baron »: chapelle (cistercienne), cimetière et habitat médiéval datés. On connaît peu de choses concernant l’histoire de la région jusqu’au début du Moyen Âge, époque à laquelle les Captaux de Buch règnent sur une partie du Pays de Buch: le Captalat, regroupant les paroisses de La Teste, de Cazaux, et de Gujan (aujourd’hui Gujan-Mestras). Le 27 juin 1243, Henry III Plantagenêt, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine accorde aux habitants de La Teste Pierre Francon et ses frères, une licence et sauf-conduit pour leur navire, le Cavoyr d’Arquasson (Jacques Bernard, in Navires et gens de mer à Bordeaux). Le 20 mai 1274, via son tuteur Almavinus de Baresio, Pierre Amanieu de Bordeaux reconnaît tenir à fief tout ce que le roi d’Angleterre possède en Pays de Buch et pour lequel il est « féal et chevalier du roi ». Le 12 juin 1288, Pierre Amanieu est officiellement reconnu captal de Buch (Miles Capitalis de Bogio). Jusqu’à la fin de la domination anglaise en Aquitaine scellée par la bataille de Castillon, ses successeurs restent de fidèles serviteurs de la couronne anglaise: Jean III de Grailly est l’un des tout premiers chevaliers de la Jarretière comme le sont plus tard Gaston et Jean de Foix-et-Candale (J. Ragot, in Histoire de La Teste-de-Buch des origines à la fixation des dunes). C’est au cours de cette longue époque que sont octroyées diverses « baillettes » (on dirait chartes dans le nord de la France) par les captaux à leurs « manants et habitants ».
Vraisemblablement pas la première, celle du 10 octobre 1468 est la plus ancienne à nous être parvenue; établie au château de La Teste, elle est « promise » par « Monseigneur Jean de Foix, comte de Candale, de Benauges, de Lavaur, vicomte de Castillon et captal de Buch » (.) « à la communauté des manants et habitants représentés par Jean Darriet, Bernat de Moliet, Peyrot et Jean de Baleste, Bernat de Berot paroissiens de La Teste-de-Buch et Guilhem de Castaing, Meyion de Forthon, Pey, Richard Gailhot, Dubernet, Hélies de Maynon et Lombard de Mesplé, paroissiens de Gujan. On y lit une disposition qui définit le droit d’usage toujours en vigueur de nos jours: moyennant une redevance touchant à la récolte de résine, les habitants du Captalat sont autorisés à prélever bois d’œuvre et bois de chauffage dans la « montagne de La Teste », la forêt usagère. Le bénéfice de cette baillette (et les suivantes, ne la remettant pas en cause) permet aux résidents du Captalat de s’approvisionner gratuitement en bois pour la construction de leurs habitations et leurs bateaux de pêche. Les métiers pratiqués alors le sont par tous: hommes, femmes, enfants. Ils concernent principalement la pêche (pêche au large ou dans le bassin d’Arcachon), l’exploitation de la forêt (résiniers, ouvriers des fours à brai et charbonniers), celle de la vigne ou l’agriculture au sens large. Outre quelque élevage familial (volailles, porcs), des ovins ou des bovins de race landaise constituent un cheptel classique de la région. Plusieurs artisans (boulangers, menuisiers, forgerons, tonneliers, etc.) complètent la population laborieuse. Il est à remarquer qu’en raison du mauvais état permanent (ensablement, pas d’empierrage) des voies de communications, les produits de la pêche sont acheminés jusqu’à Bordeaux essentiellement par les femmes, les « argentières » en référence à la couleur argentée de leur marchandise, au moyen de chars à bœufs — ou bros — par voie de terre.
L’expédition des fruits de la forêt (bois d’œuvre, brai, charbon de bois) se fait par voie maritime avec des navires venant au mouillage à l’Aiguillon, dans le bassin même. Peu de marchandises étant amenées par ces navires, leurs cales sont lestées de grosses pierres ou galets qui, jetés à terre par-dessus bord, sont récupérés par les testerins pour les convertir en matériau de construction. Le port situé à l’Aiguillon est appelé « port du caillau », port du caillou. La vie est rude et des maladies dues à la malnutrition comme la pellagre sont courantes dans la population. De plus, une menace insidieuse de la Nature, le déplacement des dunes de sable sous la poussée des vents venus de l’océan, rend permanente la crainte de voir ensevelis maisons et jardins. Le titre de Captal de Buch employé du Moyen Âge jusqu’à la Révolution, désigne le plus important des seigneurs du Pays de Buch. À partir du, on s’attaque sérieusement au fléau qui de tous temps déjà menace toute la côte landaise: le mouvement des dunes de sable mobiles vers l’intérieur des terres. Au gré du temps et des tempêtes, le vent charrie le sable marin qui envahit les zones d’habitation et de culture, notamment au bourg de La Teste et celui de Cazaux où l’on doit déplacer maisons et églises pour des lieux moins exposés à l’ensablement.
Les premiers artisans de la fixation des dunes sont les Captaux de Buch de la famille de Ruat. La légende veut que ce soit J.B de Ruat en 1713, qui entreprend la fixation des dunes par la plantation de pins. En réalité sa démarche vise moins à endiguer la marche des dunes qu’à rentabiliser la lande entre La Teste et Cazaux, suscitant l’opposition des habitants dont les droits de pacage et de parcours sont remis en cause: ses semis sont incendiés (R.Aufan). Son petit-fils, François de Ruat renouvelle l’expérience là où les sables sont les plus menaçants, à partir de 1782 dans les environs du Moulleau. L’argent faisant rapidement défaut, le Captal ne peut continuer seul cette entreprise et c’est avec soulagement qu’il voit l’arrivée à La Teste d’un certain Brémontier, ingénieur des Ponts et Chaussées. Chargé de réaliser un canal navigable du bassin à l’Adour, celui-ci doit s’attaquer à la fixation des sables mobiles. Brémontier, au courant des travaux du Captal cherche à les améliorer pour les développer. En 1786, il obtient les crédits suffisants pour continuer l’entreprise qui redémarre avec l’accord du Captal en Pays de Buch.
La suite est connue, toute la Gascogne landaise est bouleversée par ces transformations, notamment après la loi du ordonnant aux communes de boiser leurs territoires. Brémontier reste pour la postérité celui qui arrêta l’invasion des dunes. les vrais précurseurs de la fixation des dunes furent dons ces sires de Ruat, petits seigneurs du Buch et non quelques Brémontier, Desbiey ou Charlevoix de Villiers. Sargos) La fixation des dunes n’est pas non plus la seule œuvre du Captal: « la forêt landaise n’est nullement une création de la puissance publique, elle n’est pas davantage l’œuvre d’un homme que cet homme s’appelle Brémontier ou Chambrelent (…) elle est en réalité le fruit de l’effort et de l’épargne de milliers de paysans landais qui, au cours de deux siècles ont transformé le régime pastoral ancien en régime forestier. Comme depuis le Moyen Âge, la pêche, le commerce maritime et l’exploitation de la forêt constituent les principales sources de revenus des paroisses de La Teste, Cazaux et Gujan. La forêt de La Teste est formée de deux massifs millénaires, semblables à ceux que l’on connaît aujourd’hui: la Grande Montagne au centre du territoire de la commune, et la Petite Montagne ou forêt d’Arcachon. Ces forêts formant les embryons qui sont à l’origine de la forêt des Landes. Le reste, constitué de dunes de sable mobiles continue à inquiéter les populations installées sur le front de ces dunes, notamment les résiniers exploitant les forêts de La Teste qui ne sont généralement pas propriétaires des parcelles où ils travaillent.
La plupart du temps ils sont employés par un propriétaire qui leur fournit de maigres ressources. Quand leur lieu de travail est trop éloigné du centre du bourg (Cazaux ou La Teste) ils vivent sur place avec leur famille dans des cabanes de bois ne se composant que d’une ou deux pièces, l’âtre et le conduit d’une cheminée constituant la seule partie maçonnée de l’édifice. Il n’y a que le dimanche ou les jours de fêtes religieuses que ces populations quittent leurs cabanes pour assister aux offices religieux au bourg et faire quelques achats. Jusqu’à la mise en place de la scolarité obligatoire, la plupart des habitants ne parlent pas ou peu le français au profit du gascon. Tout au long de ce siècle, le système agro-pastoral est le lot commun de la lande, à l’est de la frange dunaire du littoral. La seconde moitié du, avec l’arrivée du chemin de fer et l’amélioration du réseau routier, provoque une augmentation des activités existantes: on peut ainsi mieux convoyer vers les sites des exploitations houillères du nord ou l’est de la France, les poteaux fabriqués à partir de troncs de jeunes pins pour servir d’étais (de boisage) des galeries de mines; l’acheminement des produits issus du gemmage des pins comme la colophane ou l’essence de térébenthine, obtenues après distillation de la résine, bénéficie également des améliorations des conditions de transport. Outre le bourg, La Teste est alors constitué de plusieurs quartiers, d’importance inégale (La Seoube, Borde, Menan, Péchicq, Francon, Cap-Lande, Ninots, l’Aiguillon, etc.) avec des constructions faites de bois pour la plupart. Le centre du bourg se situe à l’est de l’église, sur l’actuelle place Jean-Hameau.
La disposition des maisons est peu ordonnée; même dans les rues principales les bâtiments successifs ne sont pas toujours contigus; ils sont séparés par des passages – ou andrones – qui permettent l’accès à l’arrière des maisons. Quelques-unes de celles-ci sont construites « en dur », à partir des pierres et galets récupérés au déchargement des navires marchands de passage. La plupart des autres est en bois venant de la forêt usagère. Pour la fête de la Pentecôte, toutes les habitations sont passées au blanc d’Espagne, mais les chaussées n’existent pas. On se contente d’épandre depuis des lustres quantité de coquillages qui sont plus ou moins écrasés au passage des gens, des animaux ou des charrois. Pulvérisés à la longue, le moindre souffle de vent les soulève en épais nuages de poussière, alors qu’avec les pluies on constate la formation d’une boue blanchâtre rendant les rues impraticables. L’aspect général du bourg donne au voyageur de passage une impression de pauvreté et de désolation. Le flux des marées pénétrait profondément dans les prés salés et débordait parfois jusqu’à l’église.
Le est le siècle durant lequel de nombreuses expérimentations ont lieu pour valoriser la plaine de Cazaux au plan agricole. La Compagnie d’Exploitation et de Colonisation des Landes creuse le Canal de Cazaux en 1835. C’est avec la construction de la ligne de chemin de fer Bordeaux–La Teste et son ouverture le, que la région connaît un nouvel essor. En 1841, le train arrive donc jusqu’à La Teste. Cet événement qui bouscule les habitudes et la région permet une timide ouverture au tourisme. On vient alors de Bordeaux assister aux courses landaises dans les arènes de La Teste ou d’Arcachon. En 1859, la gare de La Teste sert de base altimétrique pour la levée du tout premier nivellement général de la France entrepris par Paul-Adrien Bourdalouë. C’est en 1849 que l’on date le début de l’ostréiculture.
Jusque-là, ce sont des huîtres sauvages qui sont ramassées, consommées sur place, parfois expédiées à Bordeaux où ailleurs. Rabelais cite les « huîtres de la Petite mer de Buch, au goût de violette ». L’ostréiculture s’étend alors à différents endroits du Bassin. Une cabane sur pilotis est construite aux abords de l’île pour surveiller les parcs et dissuader les voleurs. C’est l’ancêtre des actuelles et mondialement célèbres cabanes tchanquées. En 1857, prélevée sur le territoire de la commune de La Teste, Arcachon est par décret impérial de Napoléon III, érigée en commune indépendante; dans les années 1860, les frères Pereire y créent la Ville d’Hiver. Les Testerins ont également bénéficié des progrès médicaux et sanitaires répandus grâce aux recherches et travaux du docteur Jean Hameau, précurseur de Pasteur, nommé maire de la commune par Louis-Philippe de 1844 à 1848. Bien que déjà fréquentée par certains adeptes des bains de mer, Arcachon n’est encore au début du Second Empire qu’un hameau de La Teste avec quelques cabanes occupées par des pêcheurs et des résiniers.
Avant 1845 et la création d’une route départementale vers Arcachon, pour venir de La Teste on doit traverser de boueux prés salés et suivre un fort mauvais chemin de sable. Des passages sont donc organisés – par mer – au départ du port de La Teste, dans des pinasses à voile ou à rames manœuvrées parfois par de solides femmes… Fin 1855, les quelque 400 habitants d’Arcachon répartis dans moins de 300 villas ou maisons en bois (dont quelques commerces ouverts pendant la belle saison) demandent leur autonomie communale… Par le décret impérial (Napoléon III) du, 759 hectares sont prélevés à la commune de La Teste pour faire place à celle d’Arcachon, finalement atteinte par la voie ferrée le 26 juillet suivant. Dès 1862 les frères Émile et Isaac Pereire s’impliquent dans le développement d’Arcachon dont le climat est jugé. Ils créent la Ville d’Hiver à l’intention d’une clientèle fortunée qui a les moyens de séjourner là plus longuement qu’uniquement pendant l’été, pour profiter des vertus curatives des senteurs dites balsamiques des pins et de l’océan et y soigner les maladies de cette fin. Mais la commune ne reste pas figée bien longtemps: au début du pendant la Première Guerre mondiale, le bourg de Cazaux accueille un camp d’aviation devenu depuis base aérienne 120 « Commandant Marzac » et à la même époque, échangeant plusieurs centaines d’hectares de terrain avec l’État, Daniel Meller crée la « Société Immobilière de Pyla-sur-Mer » occupant un territoire au sud du Moulleau, vers la grande dune encore appelée alors, « le Sabloney ». Bousculée par l’arrivée de sous-produits de l’industrie pétrolière moins coûteux, l’exploitation de la gemme cesse quelques années seulement après l’âge d’or de la résine. L’usine Lesca distillant la gemme ferme dans les années 1970 et malgré quelques tentatives de stimulation du gemmage (taille dite « à l’américaine » employant des pulvérisations d’acide) les derniers gemmeurs quittent la forêt dans les années 1980. Les derniers attelages de mules tractant d’énormes pins depuis la forêt, disparaissent.
L’ostréiculture commence à perdre son charme d’antan, ses pinasses élancées remplacées par des bateaux-bacs et ses vieilles cabanes brunies au coaltar, démolies au profit de hangars modernes. Le doublement de l’ancienne RN650 par la « voie rapide » vite rebaptisée « voie directe » raccourcit la distance séparant ce qui devient le « Sud Bassin » à Bordeaux et au reste du département. Dans les quartiers résidentiels de Pyla-sur-Mer comme dans ceux plus ordinaires qui se construisent du côté de Cazaux et de La Teste, l’immobilier se développe, les zones industrielles s’étoffent. Le tourisme balnéaire demeure cependant une des activités phares, reconnue bien au-delà des limites régionales. De nos jours, La Teste-de-Buch reste l’une des communes les plus étendues de France, ne se résumant pas à une seule mais à trois entités bien distinctes qui en font sa richesse: le bourg, Cazaux et Pyla-sur-Mer. En 1976, le Cap-Ferret jusque-là partie de la commune, est, pour des raisons administratives, rattaché à la commune de Lège, donnant ainsi naissance à Lège-Cap-Ferret. La plage de la Lagune est autorisée par arrêté municipal au naturisme. Mi-juillet 2022, l’essentiel des bois de la commune sont dévastés par un incendie important, lié à un épisode caniculaire et au réchauffement climatique.
Pour certains, selon un article du Monde qui suit de quelques semaines ces incendies, les règles de gestion forestière héritées de l’accord seigneurial de 1468, devenu un contrat civil et toujours en vigueur, provoqueraient un manque d’entretien, qui aurait été un facteur aggravant dans le développement de ces feux de forêt. En février 2024, la célèbre activiste suédoise pour le climat Greta Thunberg fait le déplacement en Gironde pour soutenir les manifestants contre Vermilion.
Patrimoine religieux
Dans Arcachon et le pays de Buch. Guide touristique André Rebsomen la décrit en ces termes: « L’agréable promenade de la fontaine Saint-Jean. On peut s’y rendre facilement en allant d’abord au nouveau cimetière et en se dirigeant ensuite vers l’ouest, tout en demeurant au pied de la dune de la Montagnette (forêt ancienne avec fougères). Cette source est ombragée par un superbe chêne, son eau est ferrugineuse et légèrement sulfureuse; elle a, dit-on, des propriétés miraculeuses spécialement pour la cure des maladies des yeux. Le poète testerin Gilbert Sore a été inspiré par le site, dans son ouvrage: De Baquemorte à Mapouchet-entre dune et océan-; il la décrit dans ce poème
Un vieux chêne évoque les druides, Trône Saint-Jean dans ce décor. Il décrit également la procession du 24 juin en ces termes.