Histoire de Lambesc

Lambesc est une commune des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte environ 9 991 habitants. C’est en 814 que la cité est désignée pour la première fois sous le nom de villa Lambisco, le suffixe ligure -iscum étant éventuellement associé à un radical pré-latin lam-b- signifiant « montagne ». La forme évolua en Lambisco entre 965 et 977, avant de prendre le terme de Lambescho vers 1200. La particularité de sa dénomination réside dans le fait que le nom a toujours été orthographié en langue d’oc provençale, bien qu’Arnaud d’Agnel l’ait francisé en « Lambès » en 1477.

À l’ouest de Lambesc, à proximité de l’ancien lit du ruisseau de la Concernade, les travaux de la LGV Méditerranée ont permis de localiser un petit habitat du Néolithique moyen présentant des trous de poteau. Un vallon proche a livré en 1995 des traces d’occupation dès le Néolithique ancien et jusqu’au bronze ancien — foyers, fosses, matériels lithiques —, le site étant ensuite réoccupé jusqu’au Bronze final IIIb avec une structure funéraire de type tumulus, un moule de fondeur et un petit habitat, avant d’être abandonné définitivement à l’âge du Fer. L’occupation ultérieure du territoire est attestée par la présence des peuplements celto-ligures Saluvii et de la tribu des Tritolii, qui ont laissé une multitude de sites — oppidum, établissements de plaines, lieux de cultes — et d’indices témoignant des échanges avec les Étrusques, les Grecs de Massalia, les autres tribus de la fédération salyenne, voire les Ligures et les Romains.

L’archéologie a déterminé que Lambesc était déjà occupé dès l’âge du bronze et l’âge du fer. On y trouve aussi bien des habitats de hauteur, oppida, que des établissements ouverts, ce qui révèle la diversité des sols cultivés et le développement d’activités métallurgiques. Les habitants y auraient fondé un marché, l’Oppidum Amboliacense, où venaient s’approvisionner les Grecs de Massalia. Les animosités persistantes et plusieurs conflits violents entre Marseille et son arrière-pays indigène aboutirent à l’appel des Marseillais en faveur de l’intervention romaine contre les autochtones. Les Romains de Fulvius Flaccus occupèrent tout le territoire et l’intégrèrent dans la province de Gaule narbonnaise. Ce qui restait de l’armée salyenne, son roi Toutomotulus et ses chefs prirent la fuite et trouvèrent refuge chez les Allobroges, avant que les Romains ne matent le dernier mouvement de révolte salyen.

Après la pacification, Rome distribua aux vétérans des légions des terres pour les exploiter avec les derniers Salyens rescapés de la guerre. Ils fondèrent un établissement sur l’emplacement d’un temple élevé à Mercure. Subsistent à Saint-Estève les vestiges d’une exploitation rurale gallo-romaine, ainsi que d’un autre établissement organisé sur l’exploitation agricole du Grand Verger, qui se décompose en pars urbana et pars fructuaria. Ce dernier site a été occupé du Ier au IVe siècle. La population gallo-romaine de Lambesc vénérait une divinité topique des eaux: à proximité d’une ancienne source ont été retrouvées trois dédicaces à Iboïte, signées par M(.) Amoena affranchie de Pompeia, par Sextus Pompeius Theophilus affranchi de Proculus, et par Decimus Ratius Bassus. Le dieu Mercure, attesté par une dédicace sur un autel en calcaire à l’est de la commune, et les divinités tutélaires Suleviae, attestées par une dédicace de Sextus, complètent ce panthéon local. À l’est de Lambesc, au quartier de Saint-Peyre — Podium Amboliacense —, subsistent les ruines d’une chapelle médiévale. La chapelle Saint-Pierre fut édifiée sur les ruines du temple de Mercure par Eldrad en 810, fils du premier seigneur de Lambesc, Ardrad. San-Peyre fut mis à sac par Raymond Bérenger IV en 1222, avant qu’un nouveau Lambesc ne naisse. Le polyptyque de Wadalde, daté de la fin de 813, mentionne la présence de la villa Lambiscum.

Patrimoine religieux

De la période moderne, Lambesc a hérité de huit monuments et de nombreux tableaux classés historiques visibles dans l’église. La commune conserve plusieurs oratoires, dont celui de Saint-Roch, Sainte-Anne de 1777 inscrit au titre des monuments historiques près de la chapelle, Saint-Marc de 1709 dans un mur de clôture du Château d’Aiguebelle, Sainte-Thérèse de 1629 non loin du couvent du Saint-Sacrement, Saint-Suffren de 1825, Notre-Dame-de-la-Rose de 1680, ainsi que les oratoires du Sacré-Cœur de Jésus, du Sacré-Cœur, Sainte-Croix, Sainte-Catherine et Sainte-Marie-Mère de l’Église, complétés par un calvaire dans le bois des Taillades. Lambesc possède de nombreux édifices cultuels: l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, monument historique, qui remplace l’ancienne chapelle Notre-Dame-de-la-Rose dont elle conserve le clocher avec carré à mâchicoulis dont la flèche fut abattue en 1909; la chapelle des Pénitents-Blancs; l’ancienne chapelle des Pénitents-Gris de 1640 rasée en 1905; la chapelle Saint-Michel au cimetière, classée monument historique; la chapelle Saint-Jacques de l’hôpital de 1860; le monastère des Pères Trinitaires de 1512; et le couvent Sainte-Thérèse de 1640. À l’écart de Lambesc se trouvent également la chapelle votive Saint-Roch de 1634, reconstruite ultérieurement et inscrite monument historique, ainsi que la chapelle Sainte-Anne-de-Goiron, romane, qui appartint à Saint-Victor de Marseille, à Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, puis à Silvacane; restaurée, elle se caractérise par une nef unique à trois travées voûtée en berceau brisé, une abside en cul-de-four, deux chapelles gothiques formant transept, et un campanile triangulaire. La commune compte aussi plusieurs fontaines anciennes et un lavoir classé monument historique rue de la République.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

9.991 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Bouches-du-Rhône
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