Landaul

Histoire de Landaul

Landaul est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 2 458 habitants. Le nom de la localité est mentionné sous les formes Landaul en 1387; Landaule en 1389; Landaule en 1448 – 1536; Landole en 1636; Landaul en 1902. Le nom breton de la commune est Landaol. Du breton lan(n) « lieu consacré », d’où le sens « d’établissement de la classe sacerdotale » (« ermitage », « monastère » voire « église »).

Enserrée entre deux ruisseaux dont les sources sont proches, Landaul se prolonge vers la Ria d’Étel et forme comme une île. Une autre hypothèse est que l’élément -daul représenterait un hagionyme. Cependant, les formes anciennes et la phonétique ne vont pas dans ce sens (voir supra).

christianisé de Langonbrach. Le lech de Langobrach date du Néolithique et a été christianisé au; il comprend des inscriptions latines difficilement déchiffrables (Crux britient mulieris kilezoc filiae conberti. Hoc opus quicumque legerit salvus sit probablement) et est situé près de la chapelle Saint-Maurille. La voie romaine allant de Darioritum (Vannes) à Civitas Aquilonia (Quimper) passe près de Trézedy et à Kervadec. Landaul proviendrait du démembrement de la paroisse de l’Armorique primitive de Pluvigner; la première église construite daterait des environs de l’an 900. La châtellenie de Kerambourg appartenait en 1300 à Henri, seigneur de Kerambourg, puis à la famille de Laval qui l’aurait ensuite vendu à la famille de Kaër et en 1350 au sieur Jean de Guer-Malestroit (par son mariage avec Marie de Kaër); en 1551 la seigneurie fut érigée en vicomté au profit de Claude de Malestroit, décédé en 1554, qui fut donc le premier vicomte de Kerambourg. Cette vicomté fut par la suite vendue à Jean de Robien, vicomte de Kerambourg, second fils de Christophe de Robien, vicomte de Plainte (1573-1625). La fille de Thomas de Robien, vicomte de Kerambourg, Julienne de Robien-Kerambourg, se maria avec Christophe-Paul de Robien, son parent au degré.

Une autre seigneurie était importante, celle de Kerambarh (Kerambartz). Yvonnet de Kerambartz, écuyer, est commandant de la compagnie des gens d’armes en 1537; elle appartient ensuite à la famille Chohan, puis à celle des Gouyon de Vaudurand dans la moitié. En 1699, cette seigneurie, à la suite d’un mariage, celui de Sébastien de Robien avec Louise Gouyon, appartient à la famille de Robien. D’autres maisons nobles existaient à Landaul: le Granic, Kerriante et Kerlivaux, cette dernière au bord d’un grand étang. de la paroisse de Landaul et de ses environs (1789). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Landaul en 1778:

(.) Ce territoire forme à peu près une plaine dont les terres sont très bien cultivées. En 1795, dans le cadre de l’Expédition de Quiberon, le village de Langombrach et les bois des alentours (les villages de Trézédy, Lamgombrach, Kerguen et Kerveno, entourés de forêts furent propices à la révolte chouanne. Louis Urbain Bruë a décrit ces événements, écrivant notamment: « La troupe marchait militairement. Vers midi, à une petite lieue de Landévan, vis-à-vis le village de Trezidy-Keriagun, commune de Landaul, les grenadiers éclaireurs de l’avant-garde ont aperçu en embuscade, derrière le fossé qu’ils montaient, un nombre considérable d’hommes (que nous avons estimé être à deux cents au moins), tous armés, très bien vêtus et presque généralement en carmagnole et pantalons bleus (.) Le pas de charge a été battu sur le champ; les grenadiers, les chasseurs et une partie du détachement de Hennebont (.) ont avancé sur eux et les ont poursuivi républicainement. Malgré la fusillade vive des brigands, qui, forcés de se replier, chargeaient et tiraient en marchant, ils ont atteint plusieurs de ces sclélérats qu’ils ont tués. (.) Le nombre de tués, du côté des rebelles, a été de plus de vingt » Jean-Louis Béard, maire de Brech depuis 1796, signale aux autorités l’existence à Landaul d’une auberge mal famée, fréquentée par Joachim Kermorvant, dit Marmousse, originaire de Kerguengoch en Brech, qui se qualifie de « chef de légion de l’armée catholique » et qui serait en relation avec Georges Cadoudal; il fut amnistié en 1802. Émile Sageret cite, parmi les Chouans « ne reculant devant aucune violence », Jean Le Lan (de Kervignac), Le Crom (de Landaul) et François Le Gouriff, dit Ulysse, de Sainte-Hélène

Le 5 octobre 1832 150 soldats envahirent la maison de la mère, âgée de 71 ans, d’un réfractaire (Chouannerie de 1832) dans le village de Kerguestin et fouillèrent aussi tous les environs, les maisons des membres de la famille du réfractaire et chez le curé de la paroisse, pillant presque tout sur leur passage. Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Landaul en 1843 En 1862 l’ancienne église paroissiale est démolie (ce qui permet l’agrandissement du cimertière) et remplacée par la chapelle Notre-Dame du Vrai-Secours (elle daterait de 1493 et a été construite par les seigneurs de Kerambourg) située à proximité et qui prend le nom d’église Saint-Théleau. L’école des filles de Landaul, tenue par des religieuses, est laïcisée en janvier 1903 en application de la loi de 1901 qui provoque l’expulsion des congrégations religieuses. Comme dans d’autres communes voisines, le 10 mars 1906 l’inventaire des biens d’église ne put avoir lieu à Landaul « où la résistance est organisée ». Le monument aux morts de Landaul porte les noms de 54 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux, deux au moins sont morts en Belgique dès 1914 (Joseph Tual, dès le 22 août 1914 lors des combats de Maissin et Louis Lorho; Martin Quéric est mort le 17 octobre 1918 dans l’actuelle Macédoine du Nord et a été décoré de la Croix de guerre; la plupart des autres sont morts sur le sol français, dont Guigner Le Moullec, soldat du 62e régiment d’infanterie, disparu à Ailles (Aisne) le 5 mai 1917, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre; Pierre Audran, soldat du 298e régiment d’infanterie, a été décoré de la Croix de guerre; Joseph Le Dorze et Joachim Guégan sont décédés après l’armistice, le premier des suites de ses blessures, le second de maladie. Le maire, Paul Parmentier est mort pour la France le 7 novembre 1915 à l’hôpital de Vitry-le-François (Marne). Une voie de garage, un quai et un pont bascule sont aménagés à la gare de Landaul-Mendon, pour permettre l’expédition de wagons entiers de marchandises, notamment des huîtres provenant de la ria d’Étel et des primeurs; prévus en 1921, ces aménagements sont réalisés en 1927-1928.

En 1923 le cimetière qui était jusque-là au chevet de l’église paroissiale, est transféré à son emplacement actuel, route de la Gare. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Landaul fut le théâtre d’événements liés à sa proximité avec les combats pour la base sous-marine de Lorient. Les bombardements de Lorient à partir de 1942 donnaient lieu à des combats aériens au-dessus de la commune. Le 23 janvier 1943, un bombardier américain, le « Beats Me », touché par des avions de chasse allemands largua ses bombes sur Kergolven avant de s’abattre à Kéronic en Pluvigner. L’équipage comprenait huit aviateurs: sept furent tués, un seul, le radio, en réchappa. Un parachutage à l’intention de la Résistance atterrit, sans doute par erreur, dans la propriété Maho en plein bourg. La Résistance envoya ensuite un commando récupérer les objets parachutés. Le meunier du moulin de Plusquen, Gilbert Denis, suspecté d’avoir dénoncé des résistants, fut tué par balle et le meurtre attribué à François Moizan, lieutenant FFI.

Pendant la guerre, des habitants de Lorient et Hennebont se réfugièrent en grand nombre à Landaul. Au début de l’année 1944, la Résistance organisa des sabotages de la voie ferrée traversant la commune et qui approvisionnait Lorient. Le 30 avril 1944, cinq jeunes résistants (Lucien David, François Fayo, Francis Le Bellec, Victor Le Mestre et Eugène Le Palud) furent capturés à Kergouarec et fusillés sur la place du bourg, en présence du maire, Mathurin Le Rouzic et d’une quarantaine de Landaulais contraints d’assister à l’exécution. Sur le monument, un sixième, fusillé à Pluvigner, André Le Gleuher, a été ajouté sur la plaque du monument. Le 8 août 1944, huit Allemands furent victimes de la vengeance:. Le lendemain, un commerçant du bourg, Joseph Gauter fut arrêté, torturé par la Gestapo à Locminé, puis déporté NN (Nacht und Nebel) au camp du Struthof après avoir été condamné à mort à la prison de Vannes.

L’évacuation des déportés du Struthof vers Dachau devant l’avance des Alliés lui permit d’échapper à la mort. La Libération ne mit pas fin aux combats dans la région, Landaul étant situé en limite de la Poche de Lorient où les Allemands ne capitulèrent que le 9 mai 1945. Pendant toute cette période de nombreux FFI, combattants de la poche de Lorient, séjournaient à Landaul. Le monument aux morts de Landaul porte les noms de 7 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale: parmi elles Jean Le Carour, mort au printemps 1940 lors de la Bataille de France dans l’Aisne; Mathurin Le Boulaire, mort en combat aérien à Palmyre (Syrie) en 1941; Joseph Tuffigo, mort en captivité en Allemagne en 1944; Joseph Le Formal, mort accidentellement au Liban en 1944. Un soldat originaire de Landaul, Alphonse Le Ménach, est mort pour la France pendant la Guerre d’Algérie.

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Population

2.458 habitants

Région

Bretagne

Département

Morbihan
(56)

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