Lanvéoc

Histoire de Lanvéoc

Lanvéoc est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 1 955 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Port de Lanveoc en 1423, Lanveouc en 1425. Le nom de la commune proviendrait du nom d’un saint breton dénommé saint Maeoc ou saint Maëc ou saint Mic ou saint Nic et signifierait l’ermitage (lan en breton) de saint Maeoc ».

Lanvéoc est un démembrement d’une ancienne paroisse dénommée Plougrozon (Crozon). Lanvéoc, ancienne trève de cette paroisse, dépendait de l’évêché de Cornouaille. Lanvéoc, dénommé Lanveouc en 1425, est érigé en paroisse en 1862, puis en commune en 1872. Un menhir se dresse au milieu d’un champ à Kersualet ou Kerzualet, non loin du ruisseau de Kerloc’h et du Pont de Kervon. Le dolmen de Saint-Effiez, dit aussi dolmen de Poulmic, se dressait à Ar Grungel jusqu’au. Il a alors été démantelé par son propriétaire, aux dires de son fils, et certaines de ces dalles ont été déplacées à Kervon au bout de l’ancien chemin creux qui vient de La Boissière (Buzit) pour servir de pont sur le ruisseau de Kerloc’h et doubler le gué ancien de cette zone inondable. Une dalle avec cupules a fort heureusement été placée de sorte que les cupules puissent être vues. Des restes d’une villa gallo-romaine ont été découverts à la Boissière (Buzit), et des traces de l’ancienne voie romaine qui reliait Civitas Aquilonia (Quimper) à Gesocribate (Brest) ont été retrouvées entre Botsand et Kernaval.

La famille du Poulmic, une des plus anciennes de Bretagne, possédait une motte féodale (l’ancien château était « dans une anse qui se trouve à une petite demi-lieue dans l’est » du fort de Lanvéoc); elle fut présente aux réformations et montres de Bretagne entre 1426 et 1536 (citée pour les paroisses de Crozon, Gouézec, Pleyben, Telgruc, Plounéventer, Plougasnou, Le Haut-Corlay, etc. dans lesquelles elle possédait des fiefs); elle fut reconnue d’ancienne extraction chevaleresque lors de la réformation de la noblesse de 1669. Elle fut puissante au: Mathieu de Poulmic figure au nombre des légataires d’Hervé VIII de Léon en 1363; Hervé de Poulmic fut abbé de Daoulas en 1351; Yves de Poulmic fut abbé de Landévennec et décéda en 1425; Jehan, sire de Poulmic, fit serment de fidélité au duc de Bretagne le 23 septembre 1390 et fut tué en 1426 lors du siège de Saint-James-de-Beuvron. En 1459 Marie du Poulmic épousa Olivier II du Chastel. Le chevalier de Fréminville décrit ainsi le château de Poulmic en 1835 En 1594, la cale de Lanvéoc voit le passage des troupes de Henri IV s’apprêtant à attaquer le fort de Roscanvel, alors occupé par les Espagnols, lequel faisait étape cette nuit-là au bourg de Lanvéoc avant de prendre le bateau pour Brest. Plusieurs forts ont été construits dans la rade de Brest au cas où un ennemi aurait pu franchir le goulet de Brest. Parmi eux, le fort de Lanvéoc est construit entre 1772 et 1775 par Louis Lazare Dajot à l’emplacement de l’ancien château, mais Vauban l’avait déjà projeté.

Établi là même où s’élevait autrefois le château féodal des comtes de Crozon, ce fort s’appuie sur un relief qui oblige à une construction en étages divisant le fort: en contrebas l’enceinte bastionnée, sur les hauteurs un fort carré. Ce fort fut remanié entre 1876 et 1880 pour tenir compte des progrès techniques: une batterie lourde fut alors installée, desservie par une porte d’entrée monumentale. Les bateaux de Lanvéoc présentaient les caractéristiques des barques médiévales: ils dressent au centre de leur coque un mât unique supportant une voile carrée. Réputés pour leur sécurité, il le sont moins pour leur rapidité, mais leur faible tirant d’eau leur permet d’être échoués sur les grèves pour décharger leurs cargaisons. L’équipage se composait généralement de trois hommes, dont le patron. Ils effectuaient aussi le transport des passagers entre Brest et Lanvéoc, et pratiquaient aussi la pêche fraîche. Ces bateaux naviguèrent jusque vers 1900; ils furent remplacés par des sloops au début du: le dernier de ces sloops, L’Espérance, navigua jusqu’en 1960. Varin, continuateurs d’Ogée, un état des douanes de 1831 indique pour le port de Lanvéoc l’importation de d’eau-de-vie,

de de vin, de de rogue et l’exportation de de farine de blé noir, 150 d’orge, 300 d’avoine, de blé, 200 de pommes de terre, ainsi que de œufs, 360 ruches à miel, moutons et 447 stères de bois à brûler. Les mêmes auteurs précisent que le port de Lanvéoc accueille alors des navires de 20 à 200 tonneaux. Le port de Lanvéoc resta longtemps un simple port d’échouage (les barques s’échouant sur la petite ou la grande grève en fonction de la direction du vent); la première cale fut construite en 1840, le môle en 1880 et une seconde cale en 1892. En février 1852, un bateau ponté de Lanvéoc transportant onze passagers sombra entre l’Île Ronde et la pointe de l’Île Longue; seuls les trois bateliers et un magasinier furent sauvés par un marin-pêcheur, les autres passagers furent noyés. Le dragage du goémon était pratiqué un peu partout dans le canton de Crozon, notamment dans les anses de Quélern et du Fret. Les habitants se livrant à la coupe quelques jours seulement, n’arrachant jamais la plante. Les maires partagent les grèves par feux, instituent des gardes et réservé aux habitants de chaque commune. On les emploie surtout dans les champs où l’on doit semer l’orge.

Une scène de chasse au sanglier et aux loups qui se déroula en septembre 1853 dans les bois de Landévennec et du Poulmic est décrite dans le Journal des débats politiques et littéraires. Le journal Le Bas Breton de Châteaulin écrit dans son édition du 7 février 1866 Bien qu’ayant perdu de son importance en raison du nouveau tracé par Le Faou de l’ancienne route royale d’Hennebont à Brest via Quimper, cet itinéraire, devenu « route départementale », comportait toujours un raidillon dangereux juste avant son accès au port de Lanvéoc, surnommé « rampe du Casse-Cou »; le Conseil général du Finistère vota en 1868 les crédits permettant l’aménagement de cette portion de route, ce qui fit disparaître « l’effroi des habitants des six communes qui sont forcées d’emprunter cette voie de communication pour se rendre sur les marchés de Brest ». Une tempête qui dura trois jours entre le 26 et le 28 septembre 1871 provoqua d’importants dégâts à la chapelle Sainte-Anne, devenue église paroissiale, qui était vétuste. Une nouvelle église, dédiée aussi à sainte Anne, fut construite les années suivantes. Les habitants de la section de Lanvéoc, qui était jusque-là incluse dans la commune de Crozon, émirent déjà en 1864 un vœu demandant l’érection de la section de Lanvéoc en commune; ce vœu fut lors refusé par le Conseil municipal de Crozon et repoussé par le Conseil général du Finistère. Ils émirent en 1871 un nouveau vœu demandant à obtenir l’érection de cette section en commune; le Conseil municipal de Crozon cette fois accepta, s’opposant toutefois à l’annexion des villages de Kervéneuré, Kergrigent et Hirgars à cette nouvelle commune. La nouvelle commune, qui disposait déjà d’une école des filles, décida l’acquisition d’une maison d’école pour les garçons.

En 1878, le Conseil municipal de Lanvéoc obtint la création de deux foires dans la commune les 23 janvier et 23 décembre de chaque année. Le transport maritime de passagers à travers la Rade de Brest se développe, car, à la belle saison, il permettait d’éviter de longs déplacements sur des routes souvent de mauvaise qualité. Le 24 avril 1841 la compagnie Bouët inaugure un service régulier de passagers reliant Brest à Port-Launay avec escales à Lanvéoc, Landévennec et Dinéault. La première liaison maritime Brest-Morgat avec visite des grottes a lieu le 22 mai 1841. Pendant le Second Empire plusieurs compagnies concurrentes desservent depuis Brest les différents ports de la presqu’île de Crozon. En 1894 est fondée la « Société anonyme des Vapeurs Brestois » qui organise des sorties dominicales vers Le Fret, Roscanvel, Camaret, etc. Benjamin Girard décrit ainsi le port de Lanvéoc en 1889 Le 21 décembre 1911, le Transvaal, un bateau de pêche de Douarnenez, chavira sous voiles en baie de Poulmic en raison d’un ouragan.

Le naufrage fit quatre victimes. Une plaque commémorative située dans l’église paroissiale porte les noms de 46 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale parmi eux 7 sont des marins disparus en mer (dont Louis Kervran, chevalier de la Légion d’honneur); deux soldats (Corentin Alix et Pierre Sénéchal) sont morts en Belgique dès 1914, le premier à Rossignol, le second à Dixmude; les autres sont décédés sur le sol français, dont François Boulch, décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre, Joseph Binet et Jean Kéraudren, tous deux décorés de la Médaille militaire. Des citoyens allemands et autrichiens, transportés depuis les États-Unis par le navire hollandais Nieuw-Amsterdam afin d’aller s’incorporer dans les armées de leurs pays respectifs, furent capturés par le navire français Savoie, et une partie d’entre eux furent internés pendant la Première Guerre mondiale au fort de Lanvéoc (davantage le furent à l’Île Longue). La base d’hydravions de Lanvéoc-Poulmic fut créée en 1920; c’était alors l »un des 37 centres d’aviation maritime créés en France destinés à la surveillance et à la protection du littoral. Cette base est installée sur des terres qui avaient appartenu avant la Révolution française aux barons de Poulmic. Cette base est rebaptisée « Centre d’aéronautique maritime » en 1935 et « Base d’aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic » le 6 avril 1937. En septembre 1924, la barque Notre-Dame-de-Rumengol, du Tinduff, qui transportait une douzaine de passagers se rendant au pardon de Sainte-Anne-la-Palud, chavira près de la grève du Poulmic; tous les passagers furent précipités à la mer et deux d’entre eux furent noyés.

Le 9 août 1940, la Royal Air Force bombarda la base d’hydravions de Poulmic, alors occupée par les Allemands. Ce fut le premier d’une série de bombardements qui visaient la base aéronavale, mais qui touchèrent aussi le bourg; la commune fut bombardée 18 fois pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment le 6 janvier 1942, les 22, 23 et 24 septembre 1943, le 8 octobre 1943 (ce fut le bombardement le plus meurtrier: il fit 5 morts et de nombreux blessés dans le bourg de Lanvéoc), les 14, 24 et 25 octobre 1943, les 7, 8, 9 et 25 mai 1944, le 3 septembre 1944. Ces bombardements provoquèrent de nombreux morts civils (46 morts et 46 maisons détruites, et des dégâts à des dizaines d’autres lors de celui de la nuit du 7 au 8 mai 1944) et la destruction de l’école des garçons. Une plaque commémorative située dans l’église paroissiale porte les noms de 48 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, dont cinq sont des marins disparus en mer. Le carré militaire du cimetière de Lanvéoc possède les tombes de 7 soldats du Commonwealth morts le 9 mai 1944. En 1942, les Allemands font construire à l’arsenal de Brest deux ducs-d’Albe qu’ils installent au large de la pointe de Lanvéoc afin de pouvoir y faire accoster leurs navires de guerre. À la fin de la décennie 1960, l’OTAN recherche un site pour le ravitaillement pétrolier de la flotte américaine; s’appuyant sur les deux ducs-d’Albe de forme rectangulaire construits par les Allemands, un appontement pétrolier est alors construit à cet endroit, complété par six gabions de palplanches et une vingtaine de travées, certaines reposant sur des piles intermédiaires; cet équipement offre alors quatre postes d’accostage pour les navires. Une passerelle longue de près de permettait d’y accéder depuis la côte et portait les canalisations d’hydrocarbures alimentés par d’immenses réservoirs souterrains dissimulés face à cet appontement.

Le retrait de la France de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN en 1966 rendit cet équipement impossible à utiliser pour la marine américaine; de plus il vieillit mal en raison des conditions environnementales difficiles affectant les structures métalliques et le béton, aggravées par des coefficients de marée importants; les installations furent toutefois utilisées par la base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic comme zone de stockage de carburants jusqu’en 1992. L’appontement fut démoli en 2001; seuls subsistent les ducs-d’Albe et les six gabions. En 1945, les destructions importantes subies par l’École navale de Saint-Pierre-Quilbignon pendant la Seconde Guerre mondiale ne permettaient pas d’accueillir rapidement les élèves officiers dans des conditions acceptables. Elle fut transférée dans des baraquements provisoires à la base d’hydravions de Lanvéoc, située dans la baie du Poulmic. Les bâtiments définitifs de la nouvelle École navale à cet endroit furent inaugurés en 1965 par le général De Gaulle. Une entreprise de renflouage et de démolition des bateaux coulés en rade de Brest, établie à Lanvéoc, procura de nombreux emplois pendant plusieurs années après la Seconde Guerre mondiale. Un soldat (Joseph Guermeur) est mort pour la France en 1952 et un (Roger Canevet) en 1957, le premier probablement pendant la guerre d’Indochine, le second probablement pendant la guerre d’Algérie. Devise: Ene hag Enor (L’âme et l’honneur)

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Population

1.955 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
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