Laxou
Histoire de Laxou
Laxou est une commune de Meurthe-et-Moselle, en Grand Est, qui compte 14 671 habitants. Au fil des siècles, la cité s’est appelée: Larzuls (1127-1168), Larczos (1182), Larceozs (1190), Laccos (1193), Larzous (1214), Larçous (1227), Larsour (1258), Larsouz (1289), Laixous (1420), Laxolo (1513), Laxour (1526), Laisous, Laysou (1636), Laixou (1557). En 1793, le village était connu avec son nom actuel de Laxou. Dans la langue locale, le lorrain roman, Laxou se prononce Lâchou.
Ces différentes graphies rendent mal la prononciation. Tout d’abord la voyelle lorraine [â] est sensiblement plus longue et plus accentuée qu’en français actuel. Ensuite, le phonème lorrain [ch] est fortement expiré.
L’actuelle rue du Pressoir s’est d’abord appelée rue du Chaucheu, qui signifie pressoir en patois et provient du verbe latin calcare: fouler aux pieds.
Avant le développement de l’agglomération, le village de Laxou était situé à environ quatre kilomètres de Nancy. Il dépendait de la généralité et du bailliage de cette ville, et était régi par la coutume de Lorraine. Déjà occupée à l’époque mérovingienne, Laxou est citée pour la première fois en 1130 sous le nom de Larzuls. L’abbaye de Clairlieu, sur la commune voisine de Villers-lès-Nancy, possédait également quelques droits à Laxou, surtout des vignes qui lui furent cédées lors de son installation vers 1150. Les Laxoviens avaient coutume de se rendre à Clairlieu les jours de fêtes. Mathieu de Lorraine favorisa l’installation d’une commanderie hospitalière de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans son duché.
La commanderie est édifiée en 1140, en pleine campagne à proximité du faubourg Saint-Jean. Il en subsiste la tour de la commanderie Saint-Jean-du-Vieil-Aître, le plus vieil édifice de Nancy. Les Hospitaliers ont construit au cours des siècles plusieurs bâtiments d’utilité publique qui étaient connus comme la commanderie de Laxou. Le principal était l’hôpital Saint-Jean Baptiste qui subsiste encore au 27-29 rue Édouard-Grosjean. En 1306, Henri II de Vaudémont ravage Laxou et Maréville; en représailles, le duc Thiébaud II de Lorraine déclenchera la bataille de Pulligny, qu’il perdra. La seigneurie de Laxou appartient d’abord aux ducs de Lorraine qui, à partir de la fin du, en céderont progressivement la propriété.
On a retrouvé des titres qui remontent à 1390. À partir du milieu du, comme sur le reste du territoire lorrain, la situation se détériore gravement. Et Laxou aura notablement à souffrir des épidémies de peste et des exactions des gens de guerre qui traverseront son territoire à l’occasion des divers conflits qui ensanglanteront le duché. Babe du Puy du Foug, veuve de Jean de Lenoncourt, vend les droits seigneuriaux de la famille au duc de Lorraine pour la somme de. Lors du siège de Nancy par Louis XIII en 1633, des abattis ou remparts ont été installés pour bloquer l’accès aux troupes du duc de la Force. Ils ont laissé leur nom au sentier des Remparts.
Le village de Laxou servit de cantonnement pour les armées françaises. Dans les années 1635-1637, Laxou eut à souffrir des agissements de la garde écossaise du roi de France. À la suite des guerres et des épidémies de peste des siècles passés, le village ne compte plus que 80 habitants au début. La situation économique va progressivement s’améliorer pendant tout le siècle. Le traité de Ryswick rend la Lorraine à la famille ducale après 50 ans d’annexion française. Les habitants de Laxou forment une compagnie pour aller accueillir le duc Leopold à Blâmont.
Avant 1705, sur la route de Nancy à Toul, la traversée de la forêt de Haye était périlleuse à cause des brigands. On dit même que le duc Leopold y fut victime d’une attaque, ce qui le conduisit à construire une levée du côté de Nancy, pour surélever la route par rapport aux sous-bois. Mais c’est sous Stanislas que démarra en 1745 le comblement des fonds de Toul près du lieu-dit les Baraques, à la limite de Champigneulles, Laxou et Velaine-en-Haye. Le remblaiement de ces deux gouffres emploiera les corvéables des subdélégations de Nancy, Pont-à-Mousson, Vézelise et Lunéville. Ceux-ci étaient mobilisés pour deux ou trois semaines, parfois davantage. Ils étaient logés sur place, d’où le nom du lieudit et devaient fournir eux-mêmes les outils et animaux de traits.
Les travaux dureront quinze ans, jusqu’en 1760. Ils permirent d’élever la route de au-dessus de son niveau précédent. Au, on nommait encore « chemin de la Grande Corvée » le sentier qui avait été utilisé par les ouvriers pour venir se ravitailler au village. Jusqu’ici, la route de Nancy à Toul passait par le Chemin Blanc correspondant aux actuelles rue du Petit-Arbois et rue du Plateau. En 1753, l’avenue de Boufflers est percée. Elle sera utilisée jusqu’en 1841, date où la route actuelle de Nancy à Toul sera construite.
La Révolution de 1789 aura un faible impact sur la commune. Elle plante en 1791 son arbre de la liberté qui ombrage encore aujourd’hui la place du même nom. En 1822, la commune compte, représentant et. Elle fait une surface de, dont en bois, en vigne, en terres de labours et en prés. L’exploitation des carrières est ancienne à Laxou, et par exemple des pierres de la carrière du Grand Pourri ont été utilisées pour construire la basilique de Saint-Nicolas-de-Port au ou la cathédrale de Nancy. Mais c’est au que leur exploitation atteint son apogée, avant de progressivement décliner à la suite de l’utilisation du ciment pour construire les immeubles.
Une autre activité importante à cette époque sont les mines de fer. Des « gueules jaunes » ont ainsi extrait la minette lorraine pendant trente ans à Laxou. Le minerai est découvert entre 1844 et 1848. Il est exploité par la société Dietrich de Lunéville à partir de 1868. L’entrée de la mine se faisait en haut de la rue de la Forêt et les galeries correspondaient avec Maxéville et Ludres. Le minerai était transporté sur des chariots jusqu’au canal de la Marne au Rhin, ou à la gare Saint-Georges quand la glace rendait la navigation impossible.
Un chemin de fer est construit en 1881 pour parer à la destruction des routes par les chariots. Cette mine est fermée en 1891; aujourd’hui, l’ennoiement des galeries pose encore des problèmes d’affaissements de terrain. À partir de 1850, on assiste au début de l’expansion démographique qui conduira à une multiplication par 17 de sa population en 1980. Après le traité de Francfort, environ s’installeront dans la commune entre 1872 et 1886. Au, important développement démographique avec la construction des quartiers des Provinces, puis de Champ-le-Bœuf.
Patrimoine religieux
Laxou est une chrétienté de l’abbaye de Clairlieu jusqu’en 1513 où elle dépend de la collégiale Saint-George de Nancy. Laxou dépendra ensuite de la paroisse Saint-Epvre de Nancy; elle relève aujourd’hui de la paroisse Charles de Foucault.