Le Bugue
Histoire du Bugue
Le Bugue est une commune de Dordogne, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 613 habitants. Appelée Le Bugne en 1793, la commune prend son nom actuel, Le Bugue, dès 1801. Au, Alexis de Gourgues publie un dictionnaire topographique du département de la Dordogne, où il recense les anciennes dénominations attribuées au lieu Le nom originel Albuca, devenu Albuga, a subi entre le une déglutination par mauvaise coupure donnant Al Buga, « Au Bugue » en français, puis Le Bugue comme dans Le Pecq (Yvelines), Alpicum au, à moins qu’il s’agisse d’un mot gallo-roman ou de l’occitan albuga, « terre forte, argileuse, marne », d’origine gauloise.
À l’évidence, le nom de lieu Albuca est plus ancien que le mot occitan albuga, qui désigne des terrains argileux agricoles ou des « terres à brique ». On trouve en français plusieurs noms de lieux-dits correspondant à des mots de même origine: aubue, « terre humide et fraîche, difficile à labourer » (Bourgogne), variantes: eau bue, obu, herbue., aubuges, aubughes, « terres fortes, grasses, argileuses » (Saintonge, Sarthe); aubuis, « argile blanchâtre issue de la décomposition de la craie » (Val de Loire); aubus, « argile jaunâtre des collines rocheuses du bord du Loir « (Vendômois), aubuy, aubu, « tuf décomposé placé entre la terre arable et le tuf » (Anjou); arbue, orbue, « espèce de terre blanchâtre argileuse, très collante, utilisée parfois dans la construction des maisons, amendement marneux » (Doubs, Bresse). Ces terrains peuvent être « blanchâtre », mais souvent d’une toute autre couleur: « le même mot [aubues] est utilisé dans d’autres régions françaises, pour des sols totalement différents, par exemple
Dans la zone occitane, on note la variante aubica, « argile » dans la région de Nîmes, tandis que le mot bas-latin carrica, avec un suffixe -ica, signifie la « charge ». Les glissements sémantiques se poursuivront puisque carruca est l’origine du français charrue et carrica du basque karrika, la « route ».
Au confluent du ruisseau de Ladouch et de la Vézère, Le Bugue fut habité dès la préhistoire (grotte de Bara-Bahau). Le Bugue est un chef-lieu de centaine. Les Annales bénédictines, tome 1, citent un acte de 856. Les centaines ont été créées par Clotaire II et Childebert II en 595 et 596 et remplacées par les archiprêtrés. Un archiprêtré du Bugue est déjà cité. L’abbaye de bénédictines dédiée sous le titre du Saint Sauveur est fondée vers 964 par Adélaïde de Montignac, épouse de Grimoard.
L’église Saint-Marcel dépend de cette abbaye. L’église Saint-Sulpice se trouvant près de la Vézère est celle de la paroisse du Bugue, dépendant du diocèse de Périgueux. Le Bugue connut une période de prospérité jusqu’en 1154, date à laquelle le Périgord devint province anglaise: étant souvent ville frontière entre les troupes anglaises et celles du roi de France, la communauté souffrit de sa position. Guillaume de Gourdon met le feu à la ville vers 1160 et détruit le couvent. Par un acte passé le entre l’abbesse Marie de Commarque et Raymond de Bouville et ses frères, seigneurs de Limeuil, la ville du Bugue et le couvent dépendent des seigneurs de Limeuil. Selon la bulle de création de l’évêché de Sarlat, la Vézère servait de frontière entre les deux évêchés du Périgord.
L’archiprêtré du Bugue dépendait du diocèse de Périgueux. Une des dates les plus importantes de l’histoire du Bugue reste celle de quand le roi de France, Philippe le Long, ordonna par acte scellé que le marché soit tenu perpétuellement le mardi, acte toujours en vigueur. En 1414, il ne reste plus que quelques religieuses dans l’abbaye qui confine à la ruine. Le Bugue tombe entre les mains des Anglais. Au milieu du, l’abbaye est dans un état déplorable. Il ne reste que deux religieuses.
Gabrielle du Breuil est abbesse en 1550, mais en 1563 elle devient protestante. À la mort de l’abbesse Antoinette de Saint-Michel, en 1575, Galiot de la Tour, seigneur de Limeuil, chasse les religieuses. Elle reste inoccupée pendant. L’ancien couvent tombe en ruine. En 1677, Marie-Catherine de Rocquart est nommée abbesse, confirmée par le pape en 1681. Elle a entrepris la reconstruction de l’abbaye au bord de la Vézère.
En 1686, la nef de l’église Saint-Sulpice reste à bâtir. L’évêque de Périgueux a transféré le service divin de la paroisse Saint-Sulpice dans l’église de l’abbaye. Un acte de 1691 indique que les cures Saint-Marcel du Bugue, Saint-Cirq, Monmadalès et Marnac sont rattachées à l’abbaye. En 1759, après la nomination comme abbesse d’Élisabeth d’Aubusson, un incendie dévore le couvent. Les bâtiments sont mal reconstruits car ils menacent ruine en 1781. Les biens de l’abbaye sont vendus comme biens nationaux à partir de 1791.
L’église Saint-Marcel est vendue le à Antoine Lacoste. Cité commerciale tranquille jusqu’à la Révolution, Le Bugue doit une partie de sa renommée au physicien Jean Rey qui découvrit les lois de la conservation de la masse avant Lavoisier et inventa le thermoscope, ancêtre du thermomètre moderne. La halle-hôtel de ville est construite entre 1848 et 1852. La fin du est marquée par l’arrivée du chemin de fer (ligne de Périgueux à Agen mise en service en 1863) et par la construction du pont sur la Vézère (dans les années 1870). L’église Saint-Sulpice a été reconstruite entre 1871 et 1876. Les habitants de la commune alsacienne de Marckolsheim ont trouvé refuge au Bugue et dans les communes voisines.