Le Folgoët

Histoire du Folgoët

Le Folgoët est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 3 264 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Folgouat, Folgoat et Folgoet en 1421, Folget en 1424 et 1433, Folguoat en 1438, Folgoët en 1510, Folgoet en 1516, Le Valgoet en 1630 et Le Follcoat en 1636. Le Folgoët vient peut-être du breton (fou) ou du latin de même sens, et du breton (bois), et serait en lien avec l’histoire de Salaün ar Foll, dit « le fou du bois » ( en breton). Attesté sous la forme bretonne.

Le Folgoët appartenait à une paroisse dont le culte paroissial était situé jusqu’en 1839 en Guicquelleau. En 1427, le pape Martin V élève Notre-Dame-du-Folgoët (Basilica seu capella Beatae Mariae de Folgoat) au rang des basiliques mineures. Très vite le sanctuaire devint un important lieu de pèlerinage: la duchesse Anne de Bretagne y vint à quatre reprises en 1491, 1494, 1499 et 1505 et François en 1518. Plus tard, Anne d’Autriche y vint également et plusieurs rois de France firent des donations pour l’embellissement du sanctuaire. Un premier atelier ducal attaché à la collégiale du Folgoët a travaillé entre 1423 et 1509, réalisant notamment l’autel des Anges, les Anges des façades, le porche des Apôtres, le tympan du porche occidental et de nombreuses statues de la collégiale du Folgoët, mais aussi le porche sud de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, le calvaire et le porche de Notre-Dame-de-Rumengol, le porche sud de l’église de La Martyre, la chapelle Notre-Dame du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon, le gisant de Sainte-Nonne dans l’enclos paroissial de Dirinon, le gisant de Jean de Kérouzéré dans l’église Saint-Pierre de Sibiril, plusieurs statues de l’abbaye Notre-Dame de Daoulas, des sculptures en ronde-bosse à Kernascléden, Saint-Fiacre du Faouët, Quimperlé. Un second atelier ducal, qui a fonctionné entre 1458 et 1509 a réalisé entre autres le porche sud de Saint-Herbot et le porche de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Plourac’h, seigneur qui habitait le manoir de Guicquelleau, fut célèbre pour ses actes de banditisme et surnommé pour cette raison l’« Attila de Lesneven ». Entre 1514 et 1527, il fit de nombreuses victimes, s’attaquant à des personnes de toutes conditions, gentilshommes, prêtres, roturiers. Il osa même attaquer la garde personnelle du roi François lorsque celui-ci vint faire ses dévotions au Folgoët en 1518.

Le 15, il assassine son voisin et suzerain, le baron Henri III de Penmarc’h (en Saint-Frégant), qu’il tue d’un carreau d’arbalète et de 65 coups d’épée à la fin d’un La chapelle Saint-Vellé ou chapelle de Guicqueleau, ancienne église paroissiale donc, subsiste: elle fut restaurée une première fois en 1834 et une seconde fois en 1986 par l’association Les Amis de Folgoët. Un pardon y est à nouveau organisé le dernier dimanche de juin. En 1944, les Allemands avaient installé dans la chapelle un petit hôpital d’une vingtaine de lits et des graffitis, certains licencieux, profanèrent les murs de la chapelle.

Un « pardon de réconciliation » fut organisé le 24 par le recteur du Folgoët, Charles Guéguen, après le départ des Allemands. En 1763, la collégiale du Folgoët est transformée en hôpital militaire, ce qui entraîne dévergondage et prostitution. La foire du Folgoët était vers la fin du la deuxième plus importante du Léon après celle de La Martyre. Louis Béchameil de Nointel écrit qu’elle « commence pour les chevaux le 29 aoust et pour les autres marchandises le septembre et qui dure jusqu’au dudit mois de septembre, les mêmes marchands forains s’y trouvent et on y fait le même commerce qu’à La Martire ». Colbert de Croissy précise en 1665 qu’on y a compté jusqu’à chevaux et que des marchands normands y viennent. En 1790, la paroisse de Guicquelleau est érigée en commune. Pendant la Révolution française, l’église est saccagée (entre autres sa belle rose dite « Rose de Carman », ainsi que les autres vitraux; les cloches sont enlevées, l’argenterie et l’orfèvrerie pillées) et vendue en 1791 à vil prix à un étranger, le citoyen Julien, pour la somme de livres et 5 sols. L’acheteur revend l’édifice le 13 à un fripier de Brest, dénommé Anquetil, originaire de Rouen.

La basilique devient alors tour à tour: crèche, écurie, grange, caserne et Temple de la Déesse Raison. Elle ressemble à un champ de bataille écrit Jacques Cambry en 1795. Le citoyen Anquetil allait démolir l’édifice en 1808 pour en vendre les matériaux, mais l’église fut rendue au culte en 1810 et douze habitants, pauvres pour la plupart, se cotisèrent pour la racheter le 25 au prix coûtant ( francs) et en faire don à la commune de Guicquelleau. Le culte de la paroisse de Guicquelleau est transféré en 1826 au Folgoët. Par une ordonnance royale en date du 23, le chef-lieu de la commune est déplacé du bourg de Guicquelleau à celui du Folgoët. La commune prend dès lors le nom de Le Folgoët. En 1878, les habitants de la section de Coat-Junval en Ploudaniel sollicitent leur annexion à la commune du Folgoët, qui le demande également. Le Conseil municipal de Ploudaniel et les plus imposés de la commune s’y opposent, mais le conseil général du Finistère donne un avis favorable.

Le rattachement de cette section de Coat-Junval à la commune du Folgoët est officialisé par un décret du président de la République française daté du 30. Le pèlerinage du Folgoët avait quasiment disparu depuis la fin. C’est en 1873 qu’un premier grand pèlerinage y fut à nouveau organisé. Jean Ajalbert décrit le pèlerinage du Folgoët dans un article publié en 1890 Albert Willm, militant laïque et socialiste, décrit dans le Journal du dimanche du 24 la foi traditionnelle des Bretons des environs du Folgoët, le pèlerinage et ses origines, ainsi que l’enclavement de la région en raison des difficultés de transport avant la mise en service en 1894 du chemin de fer à voie étroite, ligne allant de Landerneau à Plounéour-Trez, dont une halte desservait Le Folgoët, prolongée jusqu’à Brignogan en 1901. Une seconde ligne ferroviaire desservant Le Folgoët (ligne Plabennec-Lesneven) ouvre en 1904. Les deux lignes ont fermé en 1946. Le pèlerinage du 15 sert aussi de lieu de protestation contre la fermeture des écoles privées congréganistes

Un autre pèlerinage, dit « des écoles libres » est organisé le 21, décrit ainsi dans le journal Le Temps La chapelle des pardons, de style néo-gothique, est construite en 1911 par l’architecte Charles Chaussepied. En août 1902, la décision du gouvernement d’Émile Combes d’appliquer avec rigueur la loi du 1 juillet 1901 sur les associations, et en particulier l’expulsion des congrégations religieuses en vertu de la Loi sur les Congrégations entraîne des troubles importants dans de nombreuses communes, entre autres dans le Léon et plus particulièrement à Ploudaniel et au Folgoët, ainsi qu’à Saint-Méen. Les conseils municipaux de Ploudaniel, Le Folgoët et Saint-Méen votent à l’unanimité une protestation contre la fermeture des écoles congréganistes. Le 4, « Le tocsin sonnait au Folgoët. Les paysans, immédiatement, se réunirent sur la place. Les clairons sonnaient sur les routes. L’école du Folgoët, que tiennent quelques religieuses, est la seule de la commune.

Depuis quinze jours, les pauvres sœurs vivent dans une terrible anxiété, gardées par la population. (…) Infatigables, mais énervés par l’attente, les habitants restent sur place. Le soir arrivait à l’école une dépêche de la préfecture annonçant que l’école sera fermée ». Le lundi 18 août 1902, dès que la troupe est annoncée, personnes se rassemblent au bourg du Folgoët, l’entrée de l’école étant protégée par 300 à 400 hommes « le pen-baz haut levé ». L’amiral de Cuverville, sénateur du Finistère, prêche cependant la modération: les religieuses sortent de l’école sous les applaudissements. Janne, journaliste au journal La Croix, décrit comme suit dans le « Bulletin des Congrégations », évidemment favorable aux manifestants, les troubles des 17 et 18 liés à l’expulsion des sœurs en août 1902 à la suite de la loi sur les associations de 1901 Ces mêmes événements sont jugés de façon diamétralement opposée par les partisans de la laïcité; en témoigne par exemple cette charge violente écrite par Jean Cricq Un autre regard très critique sur les mêmes événements est porté par Léon Robelin dans un article du Journal du dimanche du 24 où l’auteur évoque aussi les opinions royalistes d’une bonne partie des manifestants.

Les mesures anticléricales prises par le gouvernement, en particulier la loi sur les associations de 1901 provoquent le 21, l’organisation d’un grand pèlerinage des écoles libres se déroule au Folgoët; l’abbé Hameury, curé de Dirinon, y prononce un prêche en breton dans lequel il compare les sœurs des écoles à des « anges qui instruisent vos enfants pendant que vous êtes aux travaux des champs, et ce sont ces braves anges qu’aujourd’hui on jette dehors ». L’orateur se demande ensuite ce que vont devenir les enfants du peuple. Il dit que les pères de famille ont montré qu’ils sont prêts à défendre leur foi jusqu’à verser leur sang jusqu’à la mort. Il termine en disant d’avoir de la résignation et du courage. La rentrée scolaire de septembre 1902 fut difficile: le journal « La Presse » indique qu’au Folgoët 222 enfants ne sont pas scolarisés, le temps de trouver des instituteurs civils pour remplacer les sœurs du Saint-Esprit. En 1903, le curé du Folgoët, l’abbé J.-M. Le Gall, écrit: « Parmi [les enfants] de 12 ou 13 ans, quelques-uns peuvent employer le français usuel de la plus simple conversation; sauf deux ou trois exceptions, ils sont incapables de comprendre le catéchisme en français ». Le monument aux morts du Folgoët porte les noms de 50 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux trois au moins sont des marins disparus en mer et un soldat (Emmanuel Roumier) est mort en Serbie.

Jean Colin, prêtre originaire du Folgoët, tué à l’ennemi le 10 à Vailly (Aisne), fut décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec étoile d’argent. En 1923, il y avait 4 élèves à l’école publique du Folgoët contre 77 garçons et 117 filles dans les deux écoles catholiques de la commune. Deux aviateurs britanniques sont enterrés dans le carré militaire du cimetière communal: Alexander Stewart Macintyre et John Small, abattus à bord d’un typhoon par un Fw190 allemand lors d’une mission d’escorte de bombardiers vers l’aérodrome de Brest-Guipavas le 15. En 1947, la commune du Folgoët cède un village à celle de Lesneven. En 1946, plus de fidèles assistent au pardon de Notre-Dame-du-Folgoët. Vers 1950, une cinquantaine de paroisses y sont encore représentées avec les bannières (mais elles étaient 107 en 1938). Dans la décennie 1960, la fréquentation du pardon commence à décliner; en 2011, la foule est d’environ personnes (dont bon nombre de touristes venus pour « dégustation esthétique d’un passé mort » selon la formule d’Yvon Tranvouez. En 1969 est créé le club de football des « Chevaliers de Notre-Dame-du-Folgoët ».

Un complexe sportif flambant neuf et en partie construit par des bénévoles est inauguré le 31 août 1975 par Fernand Sastre, alors président de la Fédération française de football

Patrimoine religieux

La basilique Notre-Dame du Folgoët fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840. Tribune placée à la séparation de la nef et du chœur permettant la lecture des évangiles, le jubé a pour origine l’expression latine: « jube, domine, benedicere » (Maître veuillez me bénir) utilisée autrefois en introduction à la proclamation de l’Épître et de l’Évangile. Le Kersanton ou kersantite, la pierre statuaire a donc été utilisée pour la première fois au Folgoët. Cette roche, unique au monde, tire son nom d’un toponyme, le hameau de Kersanton à Loperhet. Cette roche magmatique n’est pas un granite (elle n’a pas de quartz) mais un lamprophyre riche en biotite (mica) qui lui confère sa teinte noire caractéristique.

Son histoire, intimement liée à celle du patrimoine religieux breton, débute avec la construction de l’abbaye de Daoulas au et prend son essor au avec le chantier de la basilique du Folgoët. La kersantite est une pierre de prédilection pour les sculpteurs, elle est « tendre et dure à la fois, très agréable à travailler, son grain fin et serré en fait une formidable matière ».

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Population

3.264 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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