Le Kremlin-Bicêtre
Histoire du Kremlin-Bicêtre
Le Kremlin-Bicêtre est une commune de Val-de-Marne, en Île-de-France, qui compte 24 380 habitants. Le nom « Kremlin » vient de l’enseigne d’une auberge, Au Sergent du Kremlin, souvenir de la campagne de Russie en 1812. Ce nom apparaît sur les cartes en 1832 et est officialisé à la création de la commune en 1896. « Bicêtre », en vieux français bissêtre que l’on retrouve utilisé par Molière dans L’Étourdi en 1658, signifie « triste sort, infortune ».
Ce toponyme semble dériver d’un ancien manoir, maintenant disparu le Petit Winchester, francisé Vincestre, puis Bicestre, puis par déformation Bissêtre (Bicêtre), qui signifie « malheur » en vieux français, le manoir ayant été incendié par les Bourguignons.
Au Moyen Âge, le territoire de l’actuelle commune relevait de la paroisse de Gentilly. Jusqu’au, l’histoire du Kremlin-Bicêtre se confond avec celle du domaine qui va devenir le château puis l’hôpital de Bicêtre. Il s’agissait d’ailleurs probablement durant cette période du seul bâtiment sur ce territoire. Le premier propriétaire mentionné en cet endroit est Pierre le Queux qui possédait un domaine, La Grange-aux-Queulx qui lui aurait été offert par. Vers 1250, le domaine est racheté par qui, voulant favoriser le développement des institutions monastiques, y installa une colonie de chartreux. Ceux-ci abandonnèrent le bâtiment quelques années plus tard pour aller s’installer au castel Vauvert (à l’emplacement actuel du jardin du Luxembourg dans Paris).
La Grange-aux-Queulx, complètement abandonnée, devient le refuge de voleurs, de vagabonds. En 1286, il n’en reste plus que des ruines rachetée par Jean de Pontoise, évêque de Winchester, qui y fait construire un château. Celui-ci aurait ensuite été baptisé par déformation Vinchestre, Bichestre puis Bicêtre. Il est également possible qu’il ait été appelé Biberis Castra « château de la Bièvre », ce qui aurait donné le nom de Bicêtre. En 1632, ordonne la destruction des ruines du château et la construction d’un hôpital destiné initialement aux militaires blessés, qui se trouvaient auparavant rue de Lourcine dans l’hôpital établi par. L’hôpital sert brièvement à recevoir les enfants trouvés recueillis par Vincent de Paul puis devient successivement ou à la fois hospice, prison d’État et asile d’aliénés.
Les conditions de vie y sont épouvantables. En 1656, par décret royal de Louis XIV, Bicêtre fait partie des établissements de l’Hôpital général pour accueillir mendiants, vagabonds, prostituées, invalides et fous. Le voit un progrès pour tous les déchus rassemblés à Bicêtre grâce notamment à l’action de Philippe Pinel et Jean-Baptiste Pussin, qui améliorent le sort des aliénés. La Révolution permit par ailleurs de libérer tous les prisonniers internés sans jugement. Jusqu’à la fin du, à part l’hôpital, le territoire de ce qui correspond actuellement à la commune du Kremlin-Bicêtre est essentiellement couvert par des champs. Durant le Premier Empire, beaucoup de soldats blessés lors de la campagne de Russie auraient été hospitalisés à Bicêtre.
Il se fonde, près de l’hospice, un cabaret à l’enseigne du Kremlin ou Au Sergent du Kremlin, qui donne son nom à la petite agglomération qui se développe progressivement autour de l’hôpital à partir de 1830. En 1841, le principe de la construction d’une enceinte autour de Paris est adopté. Cette enceinte fortifiée, dite « enceinte de Thiers », est entourée de forts dont celui de Bicêtre, construit entre 1841 et 1845. Il sert de prison en 1851 pour quelques opposants au coup d’État. Le territoire de la commune du Kremlin-Bicêtre, instituée par la Révolution française, se développe alors et bénéficie notamment, après l’annexion de 1860, de l’afflux des Parisiens, comme les autres agglomérations suburbaines. On trouve alors sur ce territoire des carrières de calcaire grossier souterraines et à ciel ouvert, dans les coteaux de la Bièvre et, dans la vallée, des carrières d’argile.
De nombreuses entreprises se développent alors: une peausserie, une briqueterie, des entreprises de travaux publics, etc. L’urbanisation progresse également: l’avenue de Fontainebleau, bordée d’entreprises de transport (dépôts de tramways et d’omnibus) et d’immeubles de rapport, est le lieu d’un important marché tandis qu’à l’arrière, et jusqu’à l’hospice, se développe un habitat pavillonnaire. Des projets de séparation d’avec Gentilly commencent alors à germer. Après diverses péripéties, celle-ci est accordée en. Devenue commune le, l’histoire de la ville est liée, au début du, à celle du mouvement ouvrier. Les familles qui s’installent à cette époque au Kremlin-Bicêtre sont souvent modestes.
Le premier maire, Eugène Thomas, élu en 1897, issu du mouvement coopératif, est un socialiste disciple d’Auguste Blanqui. Il applique rapidement une politique anticléricale avec, en 1897 un arrêté interdisant les processions religieuses sur la voie publique, puis, en 1900, un nouvel arrêté interdisant le port de la soutane. Toutefois, la justice de paix de Villejuif, devant qui étaient portées les affaires, acquittait les contrevenants et cet arrêt fut annulé pour vice de forme peu de temps après. L’entreprise, rachetée par le groupe Madrange, a ensuite été transférée dans les Yvelines et remplacée par un centre commercial. Eugène Thomas réélu plusieurs fois reste maire jusqu’à sa mort en 1919. Il est remplacé par Georges Gérard, également socialiste.
Au congrès de Tours en 1920, ce dernier adhère au parti communiste, puis le quitte en 1923, pour rejoindre l’Union socialiste communiste (parti qui rejoindra ensuite la SFIO). La ville voit alors se développer un habitat précaire proche du bidonville, notamment dans la zone des fortifications. La mairie encourage alors la construction de logements sociaux (les HBM), à partir des années 1920. Plusieurs lotissements sont également édifiés. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le maire, Georges Gérard, prête allégeance au maréchal Pétain et reste ainsi en fonction. Il sera abattu dans son bureau à la Libération, par des résistants.
En 1945, le communiste Gabriel Brion est élu maire et le reste jusqu’en 1947, remplacé par Antoine Lacroix, élu sous l’étiquette SFIO, qui sera maire jusqu’à sa mort en 1983. Decimo lui succède jusqu’en 1995. La municipalité est ensuite conquise par le chevènementiste Jean-Luc Laurent. Sous ses différents mandats, la ville a vu l’arrivée du centre commercial Okabé en 2010 et l’ouverture de la médiathèque l’Écho, deux ans plus tard. Un espace vert ouvert au public est créé, le parc Pinel. Après avoir exercé pendant la fonction de maire, Jean-Luc Laurent annonce sa démission.
Son premier-adjoint, Jean-Marc Nicolle, ancien conducteur de métro, lui succède le. Conseiller municipal depuis 1995, il est également conseiller régional d’Île-de-France depuis 2010 et conseiller métropolitain à la métropole du Grand Paris. La commune du Kremlin-Bicêtre est membre de la métropole du Grand Paris depuis le. Elle accueille l’une des nouvelles gares de la ligne 14 du Grand Paris Express, Kremlin-Bicêtre hôpital.