Le Mans
Histoire du Mans
Le Mans, préfecture de la Sarthe (Pays de la Loire, 145 004 habitants), est considérée comme la première ville ayant réalisé un traité d’alliance européen, avec la ville allemande de Paderborn — première alliance, parfois nommée « la lumière de l’Europe », signée en 836. Ses habitants la proclamèrent également première commune rattachée au pouvoir royal de France, en 1066. Les premières traces humaines sur le sol du Mans datent d’environ 4000 ans av. J.-C., principalement sur la butte du Vieux-Mans. Un menhir aujourd’hui nommé Pierre au Lait se dresse encore au nord de la cathédrale, qui fut construite sur le lieu même des anciens cultes païens. Ces premiers habitants sont assimilés par les Aulerques Cénomans, peuple celte bâtisseur, agriculteur et commerçant.
La ville gauloise de Vindunum (du celte vindo-, « blanc ») est la capitale des Aulerques Cénomans. Conquise en 56 av. J.-C. par les troupes romaines, elle prend le nom de Civitas Cenomanum qui devient Celmans, puis Le Mans. Dès le milieu du Ier siècle, la ville se romanise. Deux aqueducs, des thermes, un forum (actuelle place Saint-Michel) et un amphithéâtre (actuels quinconces des Jacobins) sont construits. À la fin du IIIe siècle, la ville s’entoure d’une enceinte de 9 hectares, soit la butte initiale.
Histoire religieuse au Mans
Le christianisme pénètre dans la ville aux alentours du IVe ou Ve siècle, sous l’influence de Tours. Selon la tradition, saint Julien et ses disciples seraient les premiers évangélisateurs; saint Julien est considéré comme le premier évêque du Mans. Victeur est le premier évêque historiquement attesté participant à un concile, à Angers en 453 puis à Tours en 461. En 490 ou 510, Clovis renverse Regnomer, frère du roi Ragnacaire, pour rattacher son domaine au royaume franc. Charlemagne fait du Mans une place forte d’entrée dans la marche de Bretagne.
Patrimoine religieux au Mans
L’enceinte gallo-romaine polychrome construite à la fin du IIIe siècle est encore très bien conservée. Elle constitue le plus important témoignage de l’architecture militaire du Bas-Empire en France et l’édifice le mieux conservé d’Europe après la ville de Rome. Les thermes de Vindunum se trouvent sous l’école des Beaux-arts du Mans, au sud-ouest du mur d’enceinte. De Vindunum subsistent plusieurs domus, dont la plus visible est celle des Halles. Le forum est situé sous la cathédrale, au point le plus haut de la colline du Vieux-Mans.
La Cité Plantagenêt est le cœur de la ville médiévale, à l’intérieur de la muraille (« Vieux Mans »). La plupart des maisons datent de la Renaissance — la maison d’Adam et Ève, les hôtels de Clairaulnay et de Vaux. Cet ensemble, très bien conservé, est utilisé pour des tournages de films et téléfilms historiques. La cathédrale Saint-Julien combine l’art roman et l’art gothique. Elle possède un chevet gothique haut de 33 mètres; sa construction s’étend du XIe au XVe siècle, et ses vitraux datent pour la plupart du XIIIe siècle. Paul Claudel écrivit à son sujet en 1925 dans son journal intime des notes admiratives.
Au sortir du Moyen Âge, la ville s’est dotée de plusieurs abbayes et cloîtres. L’abbaye Saint-Vincent, construite en 572, est aujourd’hui intégrée au lycée Bellevue; jusqu’en 1789, elle abritait une bibliothèque importante. Vendue comme bien national, elle ne sera entièrement rénovée qu’en 1990. L’abbaye de l’Épau, fondée en 1229 par la reine Bérengère de Navarre, accueille son gisant dans l’église abbatiale; elle est visitable et accueille de nombreux événements culturels, dont le Festival national de musique classique de l’Épau. La collégiale Saint-Pierre-la-Cour, fondée comme église intra muros au Xe siècle après les invasions normandes, fut rebâtie en 1175 puis agrandie en 1267 avec le soutien de Charles III d’Anjou; ancienne chapelle seigneuriale des comtes du Maine, elle est aujourd’hui un lieu d’expositions.