Le Teich
Histoire du Teich
Le Teich est une commune de Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 9 004 habitants. Le toponyme est documenté sous les formes [deu] Teys en 1276; [deu] Tilh en 1300; [de] Teissi en 1300; Teys en 1311; Tahis,Taix, Tais; [Au]teis en 1338; [deu] Theis en 1342; Lo Theys en 1357, Le Teix en 1630. La présence de l’article défini masculin roman dans les formes les plus précoces est sans doute l’indice d’une formation toponymique médiévale et, du moins, d’un ancien nom commun utilisé dans le dialecte roman local avant de se fixer dans la toponymie. Il peut s’agir du mot gascon teich / teish, autrement tèch.
Cependant l’hypothèse du nom gascon de l’if est appuyée par l’existence de plusieurs autres lieux-dits Le Teich, Le Taich, dont Le Taich (Aude, Tais en 1176, Taixum en 1207, [de] Taisso en 1232; Taxum en 1234; Taix en 1781) qui contient manifestement le nom du taxus en occitan / catalan et dont certaines formes anciennes sont tout à fait identiques à celle du Teich (voir supra). En outre, la forme fautive deu Tilh « du tilleul » renvoie à un autre nom d’arbre très fréquent en toponymie et conforte l’idée que le toponyme est compris comme un nom d’arbre. Bénédicte Boyrie-Fénié fait toutefois remarquer que la forme teish est en usage dans les Pyrénées et signale un mot local tach / taish d’étymologie inconnue, qui signifie « banc de sable » et qui pourrait également constituer un bon étymon pour cette commune qui s’est développée sur le delta de l’Eyre.
La ressemblance graphique avec le mot allemand Teich « mare, étang » n’est que visuelle et tout à fait fortuite car il se prononce [taɪ̯ç] et est issu du vieux haut allemand tīch, doublet de Deich, qui remonte au germanique commun *dīkaz, d’où procède également le néerlandais dijk qui a donné digue. Le passage du [d-] initial germanique à [t-] est propre au vieux haut allemand, tout comme celui de [-k] à [-ç].
C’est sur le territoire actuel des communes du Teich et de Biganos, sur les bords de l’Eyre que s’installèrent les premiers habitants du Bassin d’Arcachon, les Boïates, quelques siècles avant notre ère. Ce peuple a été identifié dès l’époque romaine. On le retrouve ainsi sur les listes établies par Pline l’Ancien. Ils ont laissé des traces de leurs sépultures à incinération, sous tumulus ou en tombes plates. Puis, dès le Ie siècle, avec l’arrivée des Romains, une cité gallo-romaine appelée Boïos et un port furent fondés comme en témoignent les vestiges archéologiques découverts sur le site de Biganos-Lamothe. Cette cité était une étape de la voie côtière menant de Bordeaux à Dax en usage dès l’époque protohistorique et relevé comme un des deux itinéraires privilégiés par les romains pour rallier le sud aquitain.
Lors des dernières fouilles furent mis au jour les soubassements de bâtiments de l’époque gallo-romaine et mérovingienne dont un fanum et un entrepôt. À l’époque médiévale, afin de se prémunir des invasions maritimes, plusieurs tours d’observation furent érigées autour du bassin d’Arcachon. L’une d’entre elles fut élevée à l’emplacement actuel du château de Ruat. C’est à partir de ce bâtiment primitif que devait se développer et se transformer depuis la fin de l’époque médiévale jusqu’au ce qui devait devenir la demeure des Captaux de Buch. Actuellement, cette demeure est toujours habitée par des descendants des fameux captaux de la seigneurie de Buch. À noter qu’après la visite de l’empereur Napoléon III à son ministre de l’intérieur le général Charles-Marie-Esprit Espinasse, époux de la fille du châtelain, Adrien Festugière, les grilles de l’allée furent définitivement closes jusqu’à aujourd’hui.
Le Teich se trouve sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, par la voie de Soulac.