Lège-Cap-Ferret
Histoire de Lège-Cap-Ferret
Lège-Cap-Ferret est une commune de Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine, qui compte 8 193 habitants. Aucune étude ne permet de fixer l’origine du nom de Lège, attesté au fil des siècles sous les formes « Leyge », « Liège » ou « Lège ». La baronnie de Lège n’avait aucun débouché direct sur la baie d’Arcachon, séparée par la baronnie d’Ignac, et ne communiquait avec ce plan d’eau que par un ruisseau, un estey assurant l’écoulement des eaux des étangs du Porge. Au Moyen Âge, il existait à Lège un port qui devint celui d’Arès, et il existait également un port d’Ignac qui semble avoir été confondu avec le « port de Lège ». La commune se situe en pays de Buch, terre gasconne, et la plupart des lieux-dits anciens, notamment ceux des dunes, s’expliquent par le gascon: Saint Eugent (Senténéja), L’Aygue de Béguey, le Piquey, Claouey, l’Escourre, le Truc, le Hourquet. Le nom officiel de la commune est Lège-Cap-Ferret, parfois orthographié localement Lège-Cap Ferret.
Le village de Lège aurait été déplacé à trois reprises pour échapper à l’invasion des sables. Il y a plus de deux mille ans, le bassin d’Arcachon n’existait pas: à sa place, l’embouchure de l’Eyre formait un large delta, et la rive nord de l’estuaire correspondait à une ligne située approximativement dans le prolongement de la côte nord actuelle. Les bateaux mouillaient au port d’Ignac. Vers l’an mil, pour garder ce débouché nord, un ouvrage militaire de type motte castrale à barbacane fut probablement construit aux environs du Crohot des Cavalles, situé sur la commune du Porge; les premières cabanes de Lège et sa première église rustique s’élevèrent à proximité, puis le village fut abandonné face à l’offensive des sables et les habitants se replièrent vers l’est.
Le deuxième emplacement se situait probablement à la dune du Pas de Cazeaux, en limite avec la seigneurie de Castelnau, sur la commune du Porge. Il comportait une tour de défense fortifiée par une enceinte dénommée « château » et une seconde église de style roman; ces deux édifices construits en pierre cédèrent cependant à une nouvelle offensive des sables. Les habitants se transportèrent alors vers le sud, à l’emplacement actuel du bourg, situé entre la dune de Campagne et le port d’Ignac. Une troisième église, plus vaste que la seconde, fut donc construite vers 1520, avec les pierres des édifices abandonnés sur le second emplacement. Elle ne fut achevée qu’au XVIIe siècle, comme en attesterait une pierre gravée du millésime 1666 réemployée dans la quatrième église. La vieille église du bourg fut démolie en 1925, mais l’architecte de l’édifice actuel conserva certains éléments anciens, dont un chapiteau roman historié et deux pierres rassemblant sous une couronne les armoiries du baron et de la baronne de Lège. Il n’y eut pas de troisième château fort à proprement parler, mais une habitation modeste qui servit de « château » aux barons de Lège.
Les archives font remonter l’existence du village au début du XIe siècle, alors que la presqu’île n’existait pas. Les ducs de Guyenne possédaient à Lège un manoir qu’ils auraient donné en 1027 au chapitre des chanoines de la cathédrale Saint-André de Bordeaux, afin de fournir à cette église des ressources pour faire face aux ravages provoqués au cours des siècles précédents par les Normands dans la province de Bordeaux. Le chapitre était représenté sur place par trois personnes: le curé, un juge et le bayle, ce dernier étant en quelque sorte l’homme d’affaires du chapitre, dont le nom subsiste dans un lieu-dit communal. Vers 1572, le chapitre dut vendre la baronnie de Lège à Ogier de Gourgues, président du Bureau des Finances de Guyenne, pour 1 225 écus. En 1584, ce dernier devint le premier seigneur de Lège à concéder, contre paiement, le droit de chasse au gibier d’eau à 22 habitants de La Teste sur une pièce de terre à sable blanc, dite « terre blanque », située sur la presqu’île entre « grande et petite mer », à l’emplacement actuel des Jacquets. À sa mort en 1593, le duc d’Épernon, captal de Buch, seigneur de Lesparre et de Castelnau, convoita la baronnie pour devenir maître du rivage de l’estuaire de la Gironde au bassin d’Arcachon; mais la veuve d’Ogier de Gourgue, Finette de Pellegrue, dame d’Aspremont, refusa de vendre. Jean-Louis de Nogaret (1554-1642), premier duc d’Épernon, grand seigneur proche du pouvoir royal de Louis XIII, parvint à faire casser la vente avec la complicité du chapitre, qui rentra en possession de la baronnie de Lège, indemnisa la dame d’Aspremont à hauteur de 1 225 écus et revendit le fief au duc.
Patrimoine religieux
La quatrième église, vers 1520, fut construite avec les pierres des édifices abandonnés sur le précédent emplacement, et son successeur, démoli en 1925, légua plusieurs éléments à l’édifice actuel: un chapiteau roman historié et deux pierres armoriées du baron et de la baronne de Lège. La paroisse fut longtemps dépendante du chapitre de chanoines de la cathédrale Saint-André de Bordeaux, à qui les ducs de Guyenne avaient donné en 1027 un manoir local, et dont les représentants — curé, juge et bayle — administrèrent le territoire jusqu’à la vente de la baronnie au XVIe siècle.