Lens
Histoire de Lens
Lens est une commune de Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, qui compte 32 618 habitants. D’après l’historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Lennacas au; Lennis au; Len en 972; Lens en 1047; Lensis en 1070; Lensium in pago Atrebatensi en 1072; Castrum Lenense au; Lenni en 1124; Liens en 1214; Lanz en 1291; Lenzis en 1296; Laentium en 1301; Lense en 1322; Lans en 1373; Lensensium au; Lens-en-Artois en 1418; Lensum en 1423; Lens en 1793; Lens depuis 1801. Cependant, l’assimilation de -enna à l’élément onna est purement hypothétique, et l’initiale L- reste dans ce cas inexpliquée.
Le rayonnement de cette institution incita Jean, châtelain de Mons et seigneur de la terre de, dont le missionnaire Chrétien Le Clercq sera le père supérieur quelques siècles plus tard.–> En 1415, Henri de Récourt dit de Lens, Jean de Récourt dit de Lens et Philippe de Récourt dit de Lens, combattent et trouvent la mort lors de la bataille d’Azincourt. C’est en 1526, lors de l’essor de l’Espagne en Europe, que la ville de Lens passe aux mains du roi d’Espagne et fait donc partie des Pays-Bas espagnols. Il faudra attendre le siège de Lens en 1647 puis le Grand Condé et la bataille de Lens, le 20 août 1648, pour voir le début du déclin espagnol dans la région. Cette bataille a permis à Mazarin de signer les traités de Westphalie, mettant fin à la guerre de Trente ans.
L’Artois sera rendu à la France lors du traité de paix des Pyrénées dix ans plus tard, le 7 novembre 1659. (CEN), une compagnie de chemin de fer secondaire, qui exploita une ligne à voie métrique de Lens à Frévent de 1895 à 1948. Elle circule sur le boulevard des Écoles, où se tenait, en ce jour d’avant la Première Guerre mondiale, un marché. Casteleyn, Tilloy et Scrive, découvrent du charbon à de profondeur dans le bois de Lens lors de sondages en 1849. Le décret du 15 janvier 1853 attribue à la Compagnie de Lens une concession de. Lens s’imposa progressivement comme un centre urbain d’importance. Le passage au n’empêche pas que certaines traditions anciennes survivent: le 17 août 1901, un duel au pistolet oppose à Lens un journaliste et un lecteur s’estimant offensé. Le 11 mai 1913, sont rassemblées à Lens pour entendre Le Couronnement de la Muse, œuvre musicale lyrique en la présence du compositeur Gustave Charpentier.
La ville de Lens, située à proximité du front, a énormément souffert de la Première Guerre mondiale. En octobre 1914, elle connaît l’invasion allemande puis jusqu’en 1918, l’occupation, pendant laquelle elle est un centre logistique important pour l’armée allemande. Elle est durant cette période très largement pilonnée par des obus de tout calibre dont un grand nombre n’ont pas explosé, qui rendront la reconstruction dangereuse. Avant leur fuite, les occupants noient et détruisent tous les puits de mines. La population de la ville a diminué de moitié à la fin de la guerre, en janvier-mars 1917, les civils sont évacués sur ordre des Allemands. Elle a reçu la Légion d’honneur le 30. En 1918, la ville et une grande partie du bassin minier sont presque totalement rasés.Il faut de longs mois pour nettoyer les décombres des munitions non explosées, puis pour entamer la reconstruction. Le 4 octobre 1918, Lens est libérée. Le lendemain, Albert Londres titre son article à la une du Petit Journal: « Plus rien, c’est Lens ». Fin 1918, alors que les premiers habitants reviennent déjà, le paysage est lunaire. L’hiver arrive et le papier et le carton bitumé manquent, de même que la nourriture pour les habitants, les prisonniers et le groupe d’ouvriers chinois qui nettoient et reconstruisent la ville, alors que la grippe espagnole apparaît et fait des ravages, emportant de nombreux adultes qui avaient échappé à la mort sur le front, ainsi que des femmes et des enfants. Début septembre 1919, les Pays-Bas offrent des maisons de bois à 300 familles lensoises (et à 200 familles de Liévin). La commune est décorée de la croix de guerre 1914-1918 par décret du 30 août 1919, distinction également attribuée à du Pas-de-Calais. Le monument aux morts est édifié sept ans plus tard, sur la place du Cantin, par Augustin Lesieux, marbrier et sculpteur à Paris, avec l’aide de l’architecte Barthelet et d’ouvriers spécialisés.
Il est inauguré le 30 mai 1925 devant environ et le président de la Chambre des députés (Édouard Herriot). Il rend hommage aux mineurs de fond, par un bas-relief présentant une galerie de mine au brisé et envahie par les eaux, ainsi qu’aux ouvriers qui, au retour de la guerre, ont retrouvé leur outil de travail rasé par des bombardements. La période qui suit la Grande Guerre va voir l’influence de Lens grandir, de même que sa démographie. Cet essor est symbolisé par la construction des Grands Bureaux de la Société des mines de Lens à la fin des années 1920, un bâtiment qui montre la puissance industrielle de la ville. Michał Kwiatkowski transfère à Lens, en 1924 le quotidien Narodowiec (fondé à Herne en 1909). Une importante communauté polonaise arrive après la Grande Guerre et les décennies qui suivent et se réunit autour de la chapelle Sainte-Élisabeth de la fosse. Le premier numéro sort des presses régionales le 12 octobre de la même année. Le journal écrit en polonais accompagne les nombreux mineurs polonais qui se sont installés dans la région et plus largement la polonia (diaspora polonaise).
Sabordé en 1940, le quotidien ne sera de nouveau imprimé qu’à la Libération. Le 14 août 1927, symboles de la reconstruction de la ville et de la marche en avant, Lens inaugure son hôtel de ville et sa nouvelle gare. Le 25 février 1929, la banque industrielle et commerciale du Nord de Lens fait faillite. Elle laisse un passif de plus d’un million de francs. Les victimes sont toutes de petites gens. Édouard Herriot, président du conseil, inaugure le 21 octobre 1932 le nouvel hôpital de Lens. Lens dut subir aussi les dégâts matériels de la guerre de 1939-1945, mais dans une moindre mesure que lors de la Grande Guerre. Dans la nuit du 10 au 11, (dont et ) sont raflés avec la complicité de la préfecture de police, et seront gazés à Auschwitz.
Il s’agit de la rafle du 11 septembre 1942, la plus importante pour la région, où elle a lieu partout mais frappe particulièrement la communauté de Lens, qui n’a pu compter sur le soutien de la population. Une partie de la communauté juive étrangère était d’origine polonaise et était arrivée à Lens dans les années 1920, avec les autres Polonais s’étant engagés dans les mines. Ceci n’avait d’ailleurs pas eu lieu sans une certaine dose de xénophobie et d’antisémitisme, notamment à la fin de l’entre-deux-guerres, avec la création en juillet 1938 d’un « Comité provisoire de défense du commerce français » qui dénonçait, par affichage, la venue d’un « NOUVEAU FLOT DE ÉMIGRÉS […] réparti entre la France, l’Angleterre et les États-Unis ». Zac qui ont analysé les archives départementales du Pas-de-Calais Malgré l’exode d’une bonne moitié de la communauté dès mai 1940, le recensement de décembre 1940 dénombre encore dits « israélites » dans le bassin. Moins de deux ans plus tard, celui du premier octobre 1942 n’en compte plus que treize. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la ville héberge le « comité central de grève » du premier des actes de résistance collective à l’occupation nazie en France, et le plus massif en nombre, la grève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais en mai-juin 1941, qui prive les Allemands de tonnes de charbon pendant près de deux semaines, déclenchant 400 arrestations, des exécutions et la déportation de. Début décembre 1943, a lieu à Lens la première réunion du comité départemental de libération du Pas-de-Calais.
La ville est bombardée par les alliés le 22 avril 1944, ce qui provoque la mort de 250 personnes. La commune est décorée de la croix de guerre 1939-1945, avec palme de bronze, le 11 novembre 1948, distinction également attribuée à du Pas-de-Calais. L’après-guerre vit la nationalisation des anciennes compagnies houillères avec l’ordonnance du 14 du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) dirigé par le général de Gaulle. Avec les Trente Glorieuses, la ville s’agrandit encore pour atteindre en 1962 les, puis accueille de nombreux immigrés d’Afrique du Nord. Elle prend une importance suffisante pour scinder en deux l’arrondissement d’Arras, et créer en 1962 celui de Lens qui englobe sa conurbation minière de Lens avec entre autres les villes de Liévin, Carvin et Hénin-Beaumont. C’est son bassin houiller qui a permis à Lens de devenir une cité industrielle orientée vers la carbochimie (Mazingarbe, Drocourt, Vendin-le-Vieil) et la métallurgie (chaudronnerie, tréfilerie). Deux bâtiments sont alors protégés des monuments historiques: la gare (en forme de locomotive) inscrite en 1984 et la maison syndicale des mineurs partiellement inscrite en 1996. Le recul de l’extraction du charbon, à partir des années 1960, puis l’arrêt total de l’extraction en 1990, a entraîné une grave crise de reconversion.
Lens voit pendant une trentaine d’années sa population reculer, ses magasins et ses cinémas fermer et le chômage grimper. Depuis, la ville a diversifié ses activités industrielles autour de l’industrie textile, de la métallurgie, de la construction automobile et de l’industrie alimentaire, ainsi qu’autour des fonctions médicales (Centre hospitalier important), tertiaires (banques, centres d’appels) et administratives (sous-préfecture, université d’Artois). Elle ambitionne également d’être un centre culturel important, depuis l’implantation du Louvres-Lens en 2004. La ville a néanmoins été classée neuvième ville la plus pauvre de France en 2010 par le Journal du Net en raison de l’importance du chômage (15,21 %* de la population active) et de la faiblesse de revenus de ses habitants ( annuels en moyenne). En effet, plus de la moitié des foyers fiscaux y déclarent moins de de revenus par an (revenu fiscal de référence).
Patrimoine religieux
Depuis le 30 juin 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Parmi les, répartis sur inclus dans le périmètre du bassin minier, le site de Lens, riche en éléments, est composé de la cité pavillonnaire 12, de l’église Saint-Édouard, de son presbytère, du groupe scolaire, avec le logement du directeur, du monument aux morts de la Compagnie de Lens, de la cité moderne n° 12 bis, la cité de corons 1, près de la fosse 1 des mines de Lens, de la cité pavillonnaire des Provinces, son presbytère, son groupe scolaire, avec la maison du directeur et la maison des sœurs, de la cité pavillonnaire 9, dite cité Saint-Théodore, l’église Saint-Théodore, l’école, le logement de l’instituteur, la maison de l’ingénieur en chef, la cité pavillonnaire Jeanne-d’Arc, éléments liés à l’exploitation de la fosse 9 des mines de Lens, le site est formé par les grands bureaux de la Compagnie des mines de Lens, le site est formé par la cité de corons 2, construite pour les mineurs de la fosse 2 – 2 bis des mines de Lens, le site est formé par la maison syndicale des mineurs, le site 67 est formé par le monument à Émile Basly, le site 68 est formé par la gare de Lens, et le site 69 est formé par le monument aux morts.