Les Montils
Histoire des Montils
Les Montils est une commune de Loir-et-Cher, en Centre-Val de Loire, qui compte 1 904 habitants.
Les Montils, débris mutilés d’une vieille habitation royale, sont nommés dans les chartes des: Monticii, villa quae dicitur Monticii (Halphen et Poupardin, Gesta Ambaziensium dominorum, ) ou encore Castrum de Monticiis. L’adjectif bas latin monticius = de petite hauteur fut pris substantivement en latin populaire, avec le sens de: motte de terre élevée (FEW, VI(3), 120b). Monticium aboutit régulièrement à monteil; la forme pluriel monteils se transcrit le plus couramment montils. La forme latine icios de 1137 doit être la latinisation de la finale française ieux, pour eils. Ils ont remplacé l’ancienne Thérouenne, « Tarpenna », localité gauloise située à quelque distance, vers l’ouest, appelée Vieux-Montils se permet de penser que le mot latin Monticii est une corruption du terme Mons Isis, qui veut dire: le Mont d’Isis. Il prétend que le culte de la grande déesse a été pratiqué dans les Gaules par les Romains, et qu’il a existé aux Montils.
Pour prouver cette assertion, le savant se fonde sur deux statuettes d’Isis, avec tous ses attributs, trouvées à Soings-en-Sologne, près de Contres, dans le champ des sépultures romaines. La situation topographique explique mieux le nom des Montils. Monticii indique un emplacement sur les hauteurs. Les Montils s’élèvent en effet au sommet d’une rangée de hautes collines parallèles au Beuvron. Quoi qu’il en soit du culte d’Isis aux Montils, il ne nous semble pas téméraire de penser que les Romains ont occupé cette position. de Salies, dans son étude sur Foulques Nera, s’exprime ainsi: « C’est aujourd’hui pour nous une conviction arrêtée qu’une ancienne voie consulaire partait de Blois, allait aux Montils, pour de là se diriger sur Montrichard, en laissant Pontlevoy à l’est; sa bifurcation, avec la voie de Bourré, se faisait aux Montils.
André Félibien dit des Montils: « Il y a bien de l’apparence que ce lieu était fort ancien, puisque les historiens qui ont fait Gélo, cousin de Rollon, premier duc de Normandie, premier comte de Blois, luis donnèrent les Montils en partage ». Ce n’est qu’à partir du que les Montils acquièrent une certaine importance, comme place de guerre, dans les longs démêlés des maisons de Blois et d’Anjou. Il est souvent fait mention des Montils dans l’histoire des seigneurs d’Amboise et de Chaumont. Thibault IV fortifie sa résidence des Montils pour se défendre de ces voisins belliqueux. Les Montils devinrent de la sorte une petite ville fortifiée qui pouvait tenir longtemps contre l’ennemi, à une époque où l’artillerie n’était pas encore connue. En 1222, une chapelle est fondée par la comtesse Marguerite, femme de Gautier d’Avesnes, et en 1286, la femme de son petit-fils, Alix de Bretagne, crée une Maison-Dieu, comportant également une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste.
L’église relevait de l’abbaye de Bourgmoyen; ancien diocèse de Chartres. Au, Les Montils étaient l’une des quatre forteresses qui gardaient le comté de Blois; elles supportaient les chances diverses de la guerre. Touchard-Lafosse fixe ainsi les positions de chacune d’elles Des comtes de Blois, les Montils passèrent aux rois de France, dans la personne de Louis XII, fils de Charles d’Orléans, le dernier des hauts barons blésois. Devenue maison royale, cette place eut longtemps, même après qu’elle fut ruinée, des Commandants au titre de Capitaine des Montils pour le Roi. Ancienne ville fortifiée attenante et château fort construits au par Thibaud le Grand, comte de Blois.
Ce nom de ville, donné aux Montils depuis plusieurs siècles, paraît bien prétentieux au regard de l’état de la localité avant 1950; cependant ce titre se retrouve souvent dans les actes publics des siècles passés. Tous les anciens historiens: Bernier, Fournier, l’abbé d’Expilly, ont considéré Les Montils comme un bourg fortifié, une ville close, ayant ses remparts, ses murs d’enceinte, tours, portes et ponts-levis. Pour entrer aux Montils, il y avait deux portes Il reste encore des vestiges des fortifications extérieures, dispersées çà et là dans les différentes propriétés du bourg. À côté du château, une construction de grande importance dans la vie civile et seigneuriale est le pont. En effet, au Moyen Âge, le bourg est sur la grande route qui fait communiquer le centre de la France avec le sud du royaume, et l’Espagne.
Le pont sur le Beuvron est mentionné dès le, à propos d’un contrat assez curieux, où se trouve le nom de celui qui possède la rivière. En 1289, les religieux de Saint-Lomer de Blois possédaient de longue date (« de si lonc temps dequel mémoire n’est pas ») une partie du Moulin de Rouillon, dépendance de leur prieuré de Candé; ils jouissaient aussi du cours « du fleuve » de Beuvron, depuis l’endroit où l’eau sortait du pont des Montils jusqu’au moulin. Ce fut l’objet d’un échange avec Renaud d’Aguzon, bailli de Blois, qui leur céda des biens plus proches de Candé. Renaud d’Aguzon devint ainsi propriétaire du Beuvron. L’intérêt général que ce pont offrait pour la province se manifeste au par diverses mesures adoptées soit par la cour des comptes de Blois, soit par le pouvoir Royal, pour en assurer l’entretien. En 1554, le, on se plaignait des grandes inondations.
C’est pour cela sans doute, en raison de la difficulté de communication, que Jacques Coqueau, maître maçon du château de Chambord, maître des ouvrages de la région de Blois, allait visiter les divers ponts de la contrée, et entre autres celui des Montils. Rapport était fait à la chambre des comptes par cet officier, que des réparations urgentes étaient nécessaires. « Ils sont ruinés et tellement démolis qu’il est difficile de passer par-dessus sans grand danger ». En 1572, alors que les guerres religieuses inquiétaient le pays, les nécessités stratégiques se joignaient au souci de bien administrer la voirie. Le roi Charles IX lui-même commandera alors au Maître de la Chambre des comptes de Blois, de bien vouloir procéder aux réparations nécessaires. « L’église paroissiale des Montils, dit M.
le baron de Fougères, a été sûrement reconstituée sur l’emplacement d’une ancienne qui aura été détruite, soit par le temps, soit par d’autres causes dont on a perdu la mémoire. Il ne reste rien de l’ancien édifice, si ce n’est, peut-être, les deux colonnes qui supportent l’arcade en pierres séparant le chœur et la nef. Ces colonnes, engagées dans la maçonnerie, ont des chapiteaux dont la sculpture doit remonter à des temps très reculés ». Dans la démolition de 1873, on a remarqué que beaucoup de pierres avaient été noircies par le feu, ce qui donnerait à penser que l’église des Montils a eu beaucoup à souffrir, soit de la part des Anglais, soit pendant les guerres de religion, ou encore de quelque foudre ou incendie accidentel. L’ancienne église avait une nef de 100 pieds de long et de 40 pieds de large. Il n’y avait qu’un autel surmonté d’un retable qui était couronné d’un bloc de pierre de Bourré.
Le clocher était assez grand pour contenir quatre cloches. Ce qu’il en restait s’élevait au-dessus du chœur. Dans la construction de la nouvelle église, on a conservé À partir de 1913, Les Montils sont desservis par la ligne Blois-Amboise qu’assurent les Tramways électriques de Loir-et-Cher. Sa station se situe alors entre celles de Chailles et de Candé. Dans le même temps, Les Montils sont aussi desservis par une ligne de la compagnie des tramways à vapeur du département, reliant Blois-Vienne et Montrichard via un raccordement à la ligne de Blois à Saint-Aignan en gare de Cellettes.
La gare de la commune des Montils se situe alors entre la station de Cellettes et celle de Monthou-sur-Bièvre. En 1919, la commune est également desservie par une seconde ligne de tramway électrique reliant cette fois Les Montils à Selles-sur-Cher. Sa station était alors souvent gare de correspondance et menait en premier à Ouchamps. Les deux services de tramways du Loir-et-Cher ont cessé leur activité en 1934. L’affaire criminelle Liautey a lieu aux Montils. Le meurtrier de Angèle Cosson est condamné à la peine capitale le par la cour d’assises de Loir-et-Cher et exécuté à Blois.
À l’occasion d’un incendie dans le château de Frileuse, les autorités d’occupation exécutèrent quelques résistants et blessèrent le curé, l’abbé Habeau, qui mourut quelques jours après de ses blessures. Une stèle commémore l’événement à l’extrémité de l’allée du château de Frileuse.