Les Roches-de-Condrieu
Histoire des Roches-de-Condrieu
Les Roches-de-Condrieu est une commune de Isère, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 007 habitants.
Quelques traces gallo-romaines ont été attestées sur la commune. Dès le Moyen Âge, alors que la batellerie sur le Rhône était florissante, les mariniers décidèrent de s’installer à l’abri des inondations sur ce rocher qui avançait formant un méandre. Le hameau qui apparut prospéra et devint un petit port vivant avec ses écuries pour les chevaux de halage, ses fabricants de cordages, ses charpentiers pour les réparations des navires. Le hameau est alors rattaché à la paroisse de Saint Clair, paroisse rattachée à Condrieu sur l’autre berge du Rhône. La vie des mariniers qui vivaient sur le territoire de la commune des Roches-de-Condrieu était entièrement liée au Rhône. Les bateliers ont forgé petit à petit ce village portuaire, fait de rues aux maisons alignées.
De la persévérance et de la croyance dans les richesses du fleuve, lieu mythologique et organique puissant, ont été nécessaires aux pionniers du « Rocher » pour bâtir une cité prospère et un havre de paix. A la Révolution française, le village des Roches est intégré au département de l’Isère, à la commune de Saint-Clair-Les-Roches, commune officiellement créée le. Le bourg des Roches est définitivement coupé de Condrieu, commune située de 1790 à 1793 dans le département du Rhône-et-Loire, qui deviendra par la suite le département du Rhône. Le toponyme de la commune conservera le souvenir de cette ancienne gouvernance. Sous le Consulat, en 1804, le village des Roches, peuplé d’artisans, commerçants et mariniers, fort d’environ 1500 habitants, se sépare de Saint-Clair. Deux nouvelles communes sont créées, Saint-Clair-du-Rhône et les Roches-de-Condrieu.
En effet, Saint Clair n’était qu’une bourgade d’agriculteurs d’à peine 500 habitants entourée des terres cultivables sur lesquelles les mariniers des Roches ne voulaient plus payer de taxes. Les Rochelois gardèrent l’accès au fleuve, et, en contrepartie, on conservera le marché accessible aux agriculteurs de Saint-Clair et des environs. Les Halles des Roches, où se tiennent aujourd’hui le marché du mardi matin, furent édifiées en 1834. Un commentaire extrait de l’ouvrage de 1859 de l’historienne et érudite locale Adèle Buisson présente bien l’aspect du village à cette époque L’exemption des droits d’aide, de gabelles, etc., dont ils jouirent comme étant de la province du Dauphiné, y multiplia la population. Elle était déjà, en 1769, de 800 individus; ils obtinrent, à cette époque, la permission d’établir une succursale, et firent bâtir une église.
La traversée du Rhône s’effectue sur la commune à l’aide d’un bac à traille, nommé localement la traille. Du fait de l’augmentation du trafic, un pont est construit en 1833 entre Condrieu et Les-Roches-de-Condrieu. Ce pont suspendu remplace la traille des Roches qui était déjà attestée. La pile du bac à traille, similaire à celle que l’on peut voir encore aujourd’hui dans les environs de Vernaison, était encore visible au début du, comme peuvent en témoigner d’anciennes cartes postales. Cette traille cesse d’exister en 1833 après la mise en service du premier pont suspendu.Avec la révolution Industrielle, et l’avènement du bateau à vapeur, la batellerie et l’artisanat traditionnel vont péricliter. L’axe fluvial va être délaissé au profit de l’axe ferroviaire, établi sous le Second Empire, et qui ouvrira la commune à de nouveaux horizons. La gare de Saint-Clair-Les Roches, toujours en service, est une gare ferroviaire de la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles située sur le territoire de la commune de Saint-Clair-du-Rhône. Elle s’appelait autrefois: gare des Roches-de-Condrieu. A la fin du, la commune des Roches de Condrieu développe une activité de sparterie. Rogemont, ingénieur chimiste, une petite unité de production vit le jour dans l’ancienne Sparterie, fabrique de cordes et de tapis.
Ce furent les prémices de l’industrie chimique qui dut se déplacer ensuite sur le site de St Clair pour devenir la Compagnie Française de Produits Chimiques et de Matières Colorantes ou Francolor. En le « bulletin paroissial des Roches » dit que « l’ancienne sparterie appartenant à M. le Vicomte Maurice De Goÿs, utilisée pendant quelque temps par M. Miribel, vient d’être achetée par M. Jean Rogemond, conseiller du gouvernement pour les produits chimiques. La main-d’œuvre locale se mit à la fabrication d’objets nécessaires à l’effort de guerre.
Dans l’Entre-deux guerres, le pont suspendu est remplacé en 1935 par un nouveau pont en béton armé. La construction est réalisée par l’entreprise Basile Baudin et Cie. Tout juste reconstruit, le pont est coupé en par fait de guerre. Un siècle après avoir été abandonné, le bac à traille est remis en service pour rétablir le franchissement du fleuve. Lors de la retraite allemande, alors qu’il ne reste qu’une dizaine de mètres à édifier pour remettre l’ouvrage en service, le pont en reconstruction est épargné. La période des Trente Glorieuses voit l’urbanisation progressive des plaines alluviales en bord du Rhône et la construction de nombreux lotissements.
Dans les années 1970 et 1980, la Compagnie Nationale du Rhône lance des travaux de modernisation du trafic fluvial en procédant à l’élargissement du fleuve en de nombreux endroits de toute la vallée du Rhône. La commune des Roches-de-Condrieu a été concernée par ces travaux qui provoquèrent une disparition d’une partie de ses terres, en aval de commune. En contrepartie, l’ancien cours du Rhône situé en amont des Roches-de-Condrieu est reconfiguré en port de plaisance et base nautique. De nos jours, la commune s’ouvre progressivement au tourisme, avec la requalification progressive de son port fluvial et de son centre-bourg.