Histoire de Lescar

Lescar est une commune de Pyrénées-Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 9 524 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Beneharnum e).

Il est désormais admis que Lescar correspond bien à l’ancienne Beneharnum, citée à plusieurs reprises par l’administration romaine et religieuse. Il s’agit de la cité du peuple Venarni (ou Beneharnenses), un peuple aquitain qui a donné son nom au Béarn.

Il est probable que ce nom Beneharnum n’ait jamais été utilisé par les Béarnais pour identifier ce lieu. Une confusion se serait opérée entre le nom du peuple et le nom de sa capitale, sûrement par volonté de simplification de l’administration centrale de l’Empire. Ainsi, lorsque la localité de Lescar est passée au rang de cité et donc de capitale, à la fin du, il aurait fallu parler de Lascurris Beneharnensium ou Lascurris Venarnorum.

Le toponyme Lescar a été rapproché du nom du ruisseau le Lescourre, qui d’ailleurs, peut aussi s’analyser comme *l’escourre, qui est issu du mot béarnais escourre signifiant « cours d’eau, ruisseau, torrent ».

Les plus anciennes traces d’occupation humaine du site lescarien remontent à l’âge du bronze. Beneharnum subit des attaques successives entre le, par les Sarrasins puis les Vikings, entraînant son déclin puis sa destruction totale. J-C et l’an 1, l’ancienne capitale des Venarni se situait sur le site de l’oppidum de Labastide-Monréjeau, abritant entre 3 000 et 5 000 habitants. Si la première campagne de fouilles n’avait pas apporté de conclusion définitive, la seconde a confirmé que le site était la capitale des ancêtres des Béarnais: Beneharnum. Les remparts de 1,2 kilomètre de long et de 8 mètres de haut renforcent cette conclusion. Les fouilles ont révélé un réseau complexe de rues dans un espace densément peuplé, avec des maisons en bois et en argile. La présence d’amphores de vin italien atteste de l’importance économique de la ville. Les archéologues envisagent une nouvelle campagne pour mettre en valeur les remparts et fouiller l’une des portes.

En 587, le traité d’Andelot affecta la ville de Béarn (Benarno) au roi Gontran jusqu’à son décès. Lescar était donc citée par saint Grégoire de Tours († 594) dans son Histoire des Francs. C’est à la fin du que la cité renaît, sous l’impulsion des ducs de Gascogne et, notamment, de Guillaume Sanche. La légende veut qu’un soldat, nommé « Loup-Fort », ne trouve dans l’ancienne cité qu’une forêt et un baptistère dédié à saint Jean-Baptiste en Haute-Ville. Loup-Fort fait alors construire à sa place une église sous le vocable de Sainte-Marie, en repentance de crimes passés. Cette église devient cathédrale en 1058, avant sa consécration officielle en 1062. Le nom de Beneharnum est abandonné pour celui de Lescar, la cité se reconstruit sur l’éperon rocheux remparé. Le groupe épiscopal formé représente le cœur de cette nouvelle cité, ainsi que celui du diocèse de Lescar, qui fait suite lui aussi à l’antique diocèse de Beneharnum.

Les remparts de la Cité (Ciutat) sont renforcés, tandis que la cathédrale attribuée à Loup-Fort est rebâtie au dans le style roman, principalement sous l’épiscopat de Guy de Lons, elle prend le nom de cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption. Déjà fortement indépendant depuis sa formation autour du, le Béarn gagne son indépendance en 1347 sous Gaston Fébus. À la mort du prince en 1391, l’évêque de Lescar préside les États du Béarn et bénéficie donc d’une influence grandissante au sein du pays. C’est dans la cathédrale de Lescar que les rois et reines de Navarre choisissent d’être inhumés de 1483 à 1555. ravage Lescar et le Béarn en 1569. La vie de la cité est fortement marquée par la période des guerres de Religion. Jeanne d’Albret devient la figure de proue du mouvement de la Réforme en Béarn, notamment à partir de sa conversion en 1560 puis de la mort de son mari Antoine de Bourbon en 1562. L’évêque de Lescar, Louis d’Albret, sert inconditionnellement la reine Jeanne et participe à la propagation du calvinisme en Béarn.

Dès 1563, les processions de la Fête-dieu sont interdites à Lescar et la cathédrale dévolue au culte réformé, tandis qu’en 1564 le collège fondé par Marguerite de Navarre à Lescar est transformé en école protestante. Jeanne d’Albret quitte le Béarn fin 1568 pour rencontrer les chefs du parti huguenot à La Rochelle; elle confie son armée à Bernard d’Arros. Le roi de France Charles IX (roi de France)| profite de cette absence pour lever une armée et tenter de conquérir le Béarn. Menée par le baron de Terride, l’armée pénètre le 28 mars 1569 en Béarn et rétablit immédiatement le culte catholique. La place forte de Navarrenx sert de refuge à Bernard d’Arros, elle résiste à un siège de deux mois de l’armée française. Elle offre le temps nécessaire à Jeanne d’Albret de monter une contre-offensive. Le 7 août 1569, l’armée du comte de Montgommery pénètre en Béarn, mettant Terride en fuite et saccageant le Béarn dont Lescar à partir du 25 août 1569. Devenu roi de France en 1589, le Béarnais Henri IV (roi de France)| promulgue l’édit de Fontainebleau pour les catholiques du Béarn en 1599.

Il faut attendre 1610 pour que la cathédrale de Lescar soit rétablie dans son culte catholique mais c’est l’expédition militaire du roi en 1620 qui permet de rétablir définitivement le culte catholique dans l’ensemble du pays. Le monarque traverse Lescar le 15 octobre 1620 à la tête d’une armée en direction de Pau puis de Navarrenx le surlendemain pour s’assurer de la soumission de la place forte. La messe est dite à Pau le 19 octobre 1620 pour la première fois depuis 1563, le lendemain est promulgué l’édit d’union entre le Béarn et la France. C’est après ces événements que le collège des Barnabites est installé en 1624, à la suite d’un vœu formulé par dès 1608. Ce collège fait suite à la tradition éducative de Lescar, qui remonte à l’installation d’un collège vers 1549 puis à sa transformation en Académie protestante du Béarn., détruit pendant la Révolution française. La Révolution française marque la fin de l’évêché de Lescar. Le 4 juin 1790, l’Assemblée nationale constituante décide qu’il n’y aura désormais plus qu’un seul évêché dans les départements nouvellement créés.

Oloron est tout d’abord désignée pour regrouper les trois évêchés départementaux puis Bayonne est finalement choisie. Le dernier évêque de Lescar, Marc-Antoine de Noé, refuse cette décision et demeure fidèle à son poste, avant de prendre le chemin de l’exil. La suppression de l’évêché de Lescar est définitive le 15 juillet 1801 avec la signature du Concordat. Aussi, le palais épiscopal de Lescar est mis en vente en 1799 puis démoli par son acquéreur, le citoyen Manes. Le collège des Barnabites subit les mêmes affres révolutionnaires, ses biens confisqués, les livres et les archives de la bibliothèque brûlés. En quelques années de révolution, Lescar perd les trois moteurs de sa vie sociale et intellectuelle: son évêque, son chapitre et ses barnabites. Durant cette période révolutionnaire, l’ancienne seigneurie du Laur (Laü) est intégrée dans les frontières de la commune nouvellement créée de Lescar. Les départs conjugués de l’évêché et des Barnabites renforcent les effets d’une profonde crise dans tout le Béarn.

La Révolution française laisse un grave malaise dans le pays, qui contraste avec la prospérité affichée durant l’Ancien Régime. Pendant le Premier Empire, la déclaration de guerre à l’Espagne coupe le Béarn de ses débouchés commerciaux naturels, la disparition du Parlement de Navarre entraîne un net ralentissement de l’activité de négoce, tandis que l’émigration devient un phénomène d’ampleur. La population lescarienne passe de en 1789 à en 1800. La perte de son évêché réduit considérablement l’influence de Lescar qui devient alors une bourgade béarnaise parmi d’autres, avec le souvenir d’un passé prestigieux. La vie des habitants, tout comme l’aspect de la ville, n’évoluent que peu entre le. La Première Guerre mondiale entraîne un net arrêt du mouvement d’émigration alors observé tout au long. Il est constaté l’implantation de familles espagnole ainsi qu’un remembrement des propriétés qui entraînent une modification sensible du paysage agraire. Durant la Seconde Guerre mondiale, Lescar est marquée par l’arrivée massive de réfugiés venant du Nord de la France et de l’Europe, l’agglomération paloise passe alors entre juin et septembre 1940 de.

La Résistance s’attaque plusieurs fois à des sites lescariens, notamment dans la nuit du 8 au 9 avec le sabotage de la voie ferrée, qui se termine par l’explosion accidentelle de la gare de Lescar et la mort de trois hommes. Les troupes allemandes sont visibles dans la commune à partir du 30 tandis que la Libération est effective le 20. La seconde partie du entraîne de très profonds changements dans la physionomie de Lescar. La commune connaît une expansion démographique intense entre le début des et le milieu. L’exploitation du gisement de gaz de Lacq à partir de 1957 explique, en grande partie, cette transformation économique, industrielle et sociale. La relégation au second plan de la traditionnelle polyculture au profit de la culture extensive du maïs hybride, constituant un deuxième élément d’analyse.

Patrimoine religieux

Lescar compte quatre monuments et quarante-quatre objets répertoriés à l’inventaire des monuments historiques. L’occupation humaine du site lescarien précède la cité antique de Beneharnum. Plusieurs tumuli sont identifiés et fouillés dans la zone du Pont-Long, les habitants de cette zone sont qualifiés de « groupe du Pont-Long » par les chercheurs. Ces tumuli sont reliés à la protohistoire, leur datation les faisant remonter à l’âge du bronze. Un oppidum du second âge du fer des voies de circulation, des égouts, des fondations de maisons ainsi que des fossés.

Le premier plan complet d’une villa antique du sud de l’Aquitaine a ainsi pu être dressé. Au cours de fouilles menées en 2008, des traces de thermes publics sont découvertes sur la zone. Un caldarium de ainsi qu’une autre pièce de (tepidarium ou frigidarium) sont notamment identifiés. L’existence de substructions dans le quartier Sent-Miquèu (Saint-Michel) est connue de longue date de ses habitants, elle est aussi l’objet de diverses légendes, des ouvriers espagnols sont employés pour détruire de vieux murs dans le champ Sent-Miquèu, quand un jour ils disparurent sans réclamer de salaire.

, avant que la villa soit reconstruite au début du (Bas-Empire), atteignant sur un domaine d’environ. Cette deuxième version de la villa est notamment équipée d’une terrasse-belvédère, elle protège l’entrée sud de la Cité. Elle renfermait une cloche (esquirete en béarnais) que l’on sonnait pour donner l’alerte auprès de la population.

Adossés à la porte se trouvent les vestiges de la tour de l’Esquirette, qui était l’un des maillons des remparts ouest de la Cité et qui fut détruite partiellement durant la Révolution. Les autres portes d’entrée de la Cité ont aujourd’hui toutes disparues. Quelques vestiges subsistent pour la porte de Morlaàs (portau de Morlaàs) au nord-est et la porte de Ranque (portau de Hranca) au sud de la rue du Parvis, mais à partir du la ville cesse sûrement d’entretenir ces portes, entraînant leur disparition progressive. Le patrimoine civil lescarien s’enrichit au avec la construction de l’actuel lycée Jacques-Monod. Le bâtiment central est construit progressivement entre 1755 et 1779 pour permettre l’enseignement de pères barnabites.

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Population

9.524 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Pyrénées-Atlantiques
(64)

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