Lesneven

Histoire de Lesneven

Lesneven est une commune du Finistère, en région Bretagne, peuplée de 7 377 habitants. L’étymologie en serait Aula Eveni, « la Cour d’Even », et plus vraisemblablement Aula Neveni, « la Cour de Neven », anthroponyme que l’on retrouve dans le nom de lieu Runeven à Plouider et dans le nom breton de la commune voisine de Saint-Méen, « Sant Neven ». Selon la légende, le comte Even aurait vaincu les envahisseurs normands en 875 avec l’aide de saint Goulven. Une autre hypothèse fait dériver le nom du breton les, château, et du saint breton Néven, Nevyn en gallois, fêté dans le calendrier breton. La forme bretonne moderne est également Lesneven.

La fondation de Lesneven remonte au haut Moyen Âge avec la paroisse primitive de Notre-Dame, rattachée à l’archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l’évêché de Léon. Cette paroisse avait pour trève Languengar et était issue d’un démembrement de la paroisse de Plouider. L’église Notre-Dame aurait été fondée en 1111 par Alain Fergent selon Bertrand d’Argentré; en 1209, elle fut donnée, ainsi que le four à ban de la ville, par Alix de Bretagne à Ameline d’Écosse, abbesse de Saint-Sulpice des Bois. L’édifice devint dès lors un prieuré; la liste des prieures et des prêtres desservants est en partie conservée jusqu’en 1713. Reconstruite en 1348 par le duc Jean IV de Bretagne, l’église Notre-Dame fut transformée en collégiale, à laquelle se joindra plus tard celle de Saint-Michel. Lesneven fut, durant tout le Moyen Âge, la capitale militaire des comtes de Léon, qui y installèrent l’une de leurs quatre châtellenies et y bâtirent au XIIe siècle un imposant château fort, à l’emplacement de l’actuelle place du Château; lors de la construction de la prison entre 1782 et 1784, on retrouva « quelques restes du château d’Even, entre autres un appartement octogone et voûté ». Au XIIe siècle également, le duc Alain Fergent y établit une cour de justice pour tout le pays de Léon. Entre 1214 et 1216, Pierre de Dreux, dit Mauclerc, envahit le Léon et conquit Lesneven en 1216, mettant fin au pouvoir des comtes de Léon en s’emparant des terres de Conan de Léon pour les intégrer au domaine ducal du duché de Bretagne, en s’appuyant sur les dissensions internes à la famille de Léon.

Pendant la guerre de Succession de Bretagne, les partisans de Charles de Blois renforcèrent la forteresse de Lesneven pour faire contrepoids à celle de Brest, tenue par les partisans de Jean de Montfort. La ville passa à plusieurs reprises d’un camp à l’autre. En 1372, la population, excédée par les pillages de la garnison anglaise, aida les partisans de Charles de Blois à massacrer cette dernière. En 1374, Jean IV de Bretagne reprit la ville et passa au fil de l’épée toute la garnison française qui la défendait. Bertrand Du Guesclin s’en empara en 1375, et les Anglais ne l’abandonnèrent définitivement qu’en 1397. Par la suite, la forteresse perdit son rôle stratégique et servit même de carrière de pierre. Entre 1426 et 1544, la noblesse du Léon organisa plusieurs montres à Lesneven, qui étaient l’occasion de grandes foires animant la ville. En 1509, une terrible épidémie de peste y sévit. Pendant les guerres de la Ligue, après des combats extrêmement violents, la population finit par se rallier au gouverneur de Brest, René de Rieux dit « Sourdéac ».

Jehan Marec’h, seigneur résidant au manoir de Guiquelleau — paroisse voisine désormais incluse dans la commune du Folgoët — fut tristement célèbre pour ses actes de banditisme et reçut pour cette raison le surnom d’« Attila de Lesneven ». Entre 1514 et 1527, il fit de nombreuses victimes, s’attaquant à des personnes de toutes conditions, gentilshommes, prêtres et roturiers. Il osa même attaquer la garde personnelle du roi François Ier lorsque celui-ci vint en pèlerinage au Folgoët en 1518. Il assassina son voisin et suzerain, le baron Henri de Penmarc’h, en Saint-Frégant, en le tuant d’un carreau d’arbalète et de soixante-cinq coups d’épée à la fin d’un banquet. Il fut alors arrêté et condamné à être décapité sur la place de la Cohue à Lesneven; on lui coupa son bras droit, qui fut attaché à un poteau près des douves du château de Lesneven, et sa tête fut piquée sur un pieu pour être exposée. Cet épisode témoigne de la dureté de la justice seigneuriale dans le Léon du XVIe siècle et de la fonction de centre judiciaire que Lesneven conserva longtemps après la perte de son rôle militaire; les grandes foires accompagnant les montres nobiliaires, l’organisation de la justice ducale et la persistance de la collégiale Notre-Dame ont fait de la cité, durant tout l’Ancien Régime, un pôle administratif, religieux et économique pour l’ensemble du nord du Léon.

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Population

7.377 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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