Linselles
Histoire de Linselles
Linselles est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 8 192 habitants. Lentsales (890), Lincelis (1156).
Lentsales pourrait être le premier nom de la ville cité en 867 dans un diplôme du Roi de France Charles II le Chauve, petit-fils de Charlemagne. La forme latine « Lencelam » apparaît en 1114. Le comte de Flandre Baudouin VII confirme la perception de la dîme sur des terres à Linselles au profit de l’abbaye de Zonnebeke en Belgique. Josse d’Halluin, époux de Jeanne de Wazier, fille du premier seigneur connu, accorde en 1363 aux gens de Linselles, le droit de fabriquer des draps de laine et d’y apposer leur sceau. Ce privilège drapier prouve l’existence d’une fabrication textile prospère. Les draps de Linselles et de la vallée de Lys étaient exportés en Allemagne du Nord dans les villes de la Hanse.
Au, la réforme protestante étant combattue par les Espagnols, l’église est saccagée par les gueux et ses archives perdues. Philippe de Mérode, gouverneur de Tournai, obtient du Roi d’Espagne, en 1622, le droit de faire figurer ses armes sur le sceau de Linselles où elles resteront jusqu’en 1791. Louis XIV chasse les Espagnols de Lille. Après avoir été flamande, bourguignonne, espagnole, Linselles rejoint, en 1668, le royaume de France mais conserve ses privilèges de Terre Franche. La seigneurie est transmise à la famille le Vilain de Gand. À côté de la seigneurie de Linselles, existait sur la paroisse avant la Révolution française, la seigneurie des Wattines.
Au, elle est détenue par la famille Ingiliard. Édouard Ingiliard (1620-après 1703), seigneur des Wattines, des Pretz, est le fils de Julien Ingiliard, marchand et bourgeois de Lille et de Françoise Mans ou Maus. Baptisé à Lille le, il est également seigneur du Plouy. Bourgeois de Lille le, il devient échevin de Lille de 1672 à 1692, est créé trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Lille en et le reste jusqu’en 1703. Anobli par lettres données à Versailles en en même temps que cinq cents personnes et contre financement, il reçoit confirmation de sa noblesse le, moyennant le versement de 3000 livres. Il épouse à Lille La Madeleine le Marie-Catherine (ou Christine) Fruict (1642-1714), fille de Romain et de Catherine Potteau.
Elle est baptisée à Lille le et meurt le. Édouard II Ingiliard, fils d’Édouard, est écuyer, seigneur des Wattines, de la Mairie, du Plouich à Pérenchies, de Fromelles, de Maisnil. Il devient bourgeois de Lille le. Il épouse à Lille après contrat le Marie-Catherine-Thérèse de Fourmestraux (1680-1723), fille de Paul, écuyer, seigneur de Canteleu, et de Jeanne-Claire de Blondel. Elle est baptisée à Lille le et y meurt le. Wallerand-Augustin Aronio (1685-1754), fils de Jean-Baptiste, est seigneur des Escalus après son père.
Il est baptisé à Lille le et meurt célibataire à Lille le, à 68 ans. François Muyssart (1662-1737), fils de Charles est seigneur de Cappe après son père. Baptisé à Lille le, il devient cornette au régiment de Lumbres cavalerie, puis capitaine de dragons au service de la république de Venise, bourgeois de Lille le, mayeur et rewart (régent chargé de la police) de Lille. Il prend pour femme à Lille le Barbe-Constance Verdière (1657-1710), fille de Charles et d’Anne Parent. Baptisée à Lille le, l’épouse meurt à Lille le. Marie-Agnès-Joseph Muyssart (1693-1766), fille de François, est dame (les hommes sont seigneur de, les femmes sont dame de) du Cappe.
Baptisée à Lille le, elle meurt le, est inhumée dans la collégiale Saint-Pierre de Lille. Elle épouse dans cette église le, Louis-Joseph Cardon de Garsignies (1680-1760), fils de Jean-Baptiste, seigneur du Fermont et de Marie-Brigitte Scherer. Marie-Agnès persiste, passe de couvent en couvent jusqu’à ce que le magistrat de Lille autorise l’union. Baptisé à Lille le, l’époux devient bourgeois de Lille le, receveur des Vieillettes (hôpital Sainte-Catherine de Sienne) de 1714 à 1740, conseiller secrétaire du roi, gouverneur de La Gorgue. Il meurt le, à 80 ans, est inhumé dans la collégiale Saint-Pierre de Lille. Henri-Charles-François Muyssart (1694-1777), écuyer, seigneur des Obeaux, du Chevresis (La Ferté-Chevresis), du Cappe, est fils de François, et frère de Marie-Agnès-Joseph.
Baptisé à Lille le, il devient officier aux mousquetaires du roi, bourgeois de Lille le, grand baillii des États de Lille, Douai, Orchies (Flandre Wallonne) le. Il meurt à Lille le à 82 ans. Il prend pour femme à Lille le Marie-Élisabeth Boutillier (1688-1757), fille de Marc-Antoine, écuyer, seigneur de Ghelles, marchand, bourgeois de Lille, nommé contrôleur ordinaire des guerres le, anobli par l’achat d’une charge de conseiller secrétaire du roi, et de Marie-Thérèse Libert. Baptisée à Lille le, l’épouse meurt le. Les deux époux sont enterrés dans le chœur de l’église Saint-Vincent de Marcq-en-Barœul Adrien de Waignon, écuyer, fils de Philippe, homme d’armes de la compagnie d’ordonnance de Floris d’Egmont, est seigneur de la Marlière sur Linselles.
Il est capitaine au service de Charles Quint. Il prend pour femme Catherine de Villers, morte après lui. Antoine de Waignon, écuyer, fils d’Adrien, est seigneur de la Marlière. Capitaine au service d’Espagne, il obtient le des lettres des archiducs Albert et Isabelle confirmant sa noblesse. Ces lettres rappellent ses états de service en tant que capitaine. Il épouse Antoinette de la Chapelle, fille de Guillaume, seigneur d’Estampuis, et de Péronne l’Hermite), il meurt à Linselles le, à 72 ans, est enterré dans l’église Saint-André de Lille.
Il épouse à Lille le Marie-Thérèse Hespel (1676-1715) (famille d’Hespel), fille d’Anselme, écuyer, seigneur de Flencques (sur Houplines) et de Marie verdière. La mariée, baptisée à Lille le, meurt à Lille le, à l’âge de 39 ans. D’autres fiefs situés sur Linselles étaient des seigneuries. Ainsi la seigneurie d’Hautevalle, (sur Lincelles, une ferme classée monument historique et une route rappellent son existaence), détenue vers la moitié du par Pierre-Martin Desbuissons, écuyer, qui a épousé Marguerite-Hyacinte Poulle. Est encore retrouvé le fief d’Hurtembus, parfois associé à celui de Le Becque. Au début du, Pierre-Antoine Wacrenier est seigneur d’Hurtembus et d’Escornette.
Il a pour épouse Marie-Madeleine Fruict. Marc-Antoine Boutillier (1735-1828), écuyer, est seigneur d’Hurtembus dans la deuxième moitié. Fils de François Boutillier, écuyer, seigneur de Ghelles, capitaine au régiment de La Fère infanterie, bourgeois de Lille, et de Marie-Jeanne-Françoise Wacrenier (fille de Pierre-Antoine ci-dessus), il est baptisé à Lille le, convoqué aux assemblées de nobles par ordonnance du, receveur des enfants à la charge de la ville (sans doute de la ville de Lille), il meurt célibataire à Mouvaux le, à l’âge de 93 ans. Après 25 ans de guerres civiles et militaires, Linselles est un bourg rural de. La culture du tabac, le commerce et l’artisanat textile assurent sa prospérité. Les cultivateurs et les marchands fortunés dirigent, font payer les routes et construisent écoles, hospice et orphelinat aidés par les riches propriétaires terriens.
Au milieu du, la révolution industrielle transforme le bourg rural en petite ville du textile. Les industriels viennent de Lille, Roubaix, Tourcoing. La population atteint dont 20 % de Belges. Le est aussi agité que les précédents. La Troisième République se heurte aux royalistes et aux catholiques conservateurs. L’enseignement public est laïcisé.
En 1907, la dernière diligence lilloise fait toujours le trajet Lille-Bondues-Linselles. Les querelles politiques s’estompent pendant la Première Guerre mondiale. La région est occupée, la population civile est séparée de ses soldats par la ligne de front proche et elle doit évacuer. La ville perd sa mairie et son église. Les pertes matérielles et humaines sont considérables et la reconstruction est à peine achevée quand survient la crise économique de 1929. Le syndrome de la Première Guerre mondiale occupe encore les esprits: le, le maréchal Pétain préside à la préfecture du Nord une conférence sur la protection contre d’éventuelles attaques aériennes.
Il vient à Linselles assister à des expériences de brouillard artificiel. Une usine disparaît et le chômage s’étend. Les esprits sont désemparés par la défaite de juin 1940, la guerre étant moins meurtrière et dévastatrice pour Linselles que les précédentes mais l’horreur des camps, les années de captivité ou d’occupation, la rende aussi détestable. La libération en 1944 a failli engendrer une guerre civile. Les guerres ont marqué les esprits et vingt noms de rues l’attestent. En 1962, 58 % des actifs travaillaient dans le textile dont les trois quarts à Linselles.
Puis ce tissu économique, existant depuis un siècle, a progressivement disparu (fermeture d’une deuxième filature et d’un tissage). Linselles a refusé de considérer le déclin industriel comme une fatalité. La première usine Boutemy a été reconvertie en salle des fêtes et en centre sportif. La friche Masurel, en centre-ville, a été réhabilitée en logements. Linselles s’est donnée les moyens d’attirer des urbains, recherchant un cadre de vie agréable et des créateurs d’activités économiques. Sa situation géographique privilégiée, au plan européen ( de Lille et 6 de Tourcoing), a permis un important développement des zones d’activités industrielles du Blaton et de la Vignette.
La ville s’est agrandie, embellie et équipée: salles omnisport, plateau multisports, mini stade, salle polyvalente, maison de retraite, Maison Enfance Famille, écoles, collèges, centre jeunesse culture… De l’importante agriculture de l’Ancien Régime, il reste les moulins, la tour pigeonnier de Hautevalle et de belles portes de la rue des Chaudronniers. Sur la place, face à l’église, la municipalité a recréé la fontaine de 1840.