L'Isle-sur-la-Sorgue
Histoire de l’Isle-sur-la-Sorgue
L’Isle-sur-la-Sorgue est une commune de Vaucluse, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 19 965 habitants. Le nom de la commune en provençal est l’Illa de Sòrga selon la norme classique de l’occitan ou l’Ilo de Sorgo selon la norme mistralienne. On trouve aussi en provençal L’Illa de Venissa selon la norme classique de l’occitan ou L’Ilo de Venisso selon la norme mistralienne. Sur les panneaux de signalisation, la commune a utilisé plutôt la forme l’Islo de Venisso, c’est-à-dire « l’île du Comtat Venaissin ».
La graphie « islo » utilisée sur ces panneaux est fautive, résultat d’un amalgame entre la graphie française « isle » et le mot provençal iscla/isclo, qui signifie également île, tombé en désuétude au profit de illa/ilo – cf. À l’époque moderne, le nom de la ville en français était L’Isle-de-Venisse. Le mot provençal sòrga/sorgo signifie « petit cours d’eau ».
Le nom de la rivière, la Sorgue, est le résultat de la transformation en un nom propre en français d’un nom commun en provençal.
Mention d’un castrum pendant l’occupation romaine (vestiges gallo-romains à Velorgues). Aux, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait le prieuré Saint-Gervais, qui relevait auparavant de l’abbaye Saint-Gervais de Fos. Fief des comtes de Provence, puis des comtes de Toulouse, puis enfin du Comtat Venaissin du Saint-Siège (1274). La cité a été fortifiée par les papes et devint le refuge des cités voisines. L’Isle-sur-la-Sorgue a abrité pendant plusieurs siècles une des quatre « carrières » juives, c’est-à-dire les ghettos où l’administration papale obligeait les Juifs du pape à habiter. Ces carrières ont été supprimées quand le Comtat Venaissin et Avignon ont été rattachés à la France en 1791.
La ville fut épargnée par les guerres de Religion. C’est ici que César de Bus fonda à la fin du les Doctrinaires. La ville fut frappée par des épidémies de peste en 1458, 1628, 1629 et 1721 et de choléra en 1837 et 1854. Pendant la Révolution française, la commune est rattachée aux Bouches-du-Rhône en, avant la création du département de Vaucluse, en. Des arbres de la liberté sont plantés à la place aux Grains (de l’Église), rue de la Juiverie, au couvent des Cordeliers, devant celui des Minimes, et place aux Herbes (du marché). Début, les fédéralistes insurgés entrent dans la ville et poursuivent sur Avignon.
Lorsque la ville est reprise par la légion des Allobroges du commandant Doppet le, le bourg est pillé et incendié, mais aucun massacre n’est commis, les fédéralistes insurgés ayant fui pendant l’assaut, avec la majorité des habitants. Les fédéralistes eurent 4 morts, les assaillants, 21 morts. L’incendie cause la destruction, notamment, de la synagogue, une des plus belles du département. Dans la répression qui se déclenche, les dénonciations vont bon train, et 1223 personnes sont incarcérées. Après enquête et jugement, onze furent guillotinées. Le représentant en mission Maignet fait arrêter la municipalité Tiran, qui avait soutenu le jacobinisme depuis le début de la Révolution, mais qui relâcha un peu vite quelques fédéralistes, et qui profita des saisies et ventes de biens nationaux pour s’enrichir.
C’est à L’Isle-de-Venise que fut arrêté Jourdan Coupe-Têtes à la même époque. Les différentes saisies de mobilier religieux permirent la fonte de 82 kg d’argent. Une partie des sommes récoltées fut utilisée au creusement d’un canal d’irrigation à partir de la Sorgue. En février 1795, une insurrection a lieu. Le général Tisson préconise la mise en état de siège de la commune, qui est suspendu début mai, avant d’être rétabli le pour quelques semaines. Vu l’agitation royaliste, et même l’insécurité qu’elle entretient, des commissions d’administrateurs sont nommés par l’administration départementale, qui ordonne un désarmement général.
L’administration municipale ne parvient pas à retirer leurs armes aux royalistes, la commune est donc à nouveau mise en état de siège le 18 brumaire an V. La ville fut frappée par des épidémies de peste de choléra en 1837 et 1854. Au cours de la Seconde Guerre mondiale en 1944, les alliés bombardent la ville. Le en début d’après-midi, des éléments du Maquis F.T.P.F Jean Robert abattent un officier allemand dans le quartier Malakoff. Immédiatement, les Allemands opèrent une rafle dans la population et arrêtent neuf otages. Le maire, Léon Reboul, entreprend une tractation et réussit à obtenir la libération de cinq de ses concitoyens en contrepartie d’objets de valeur, de denrées alimentaires et d’essence.
Malgré tous les efforts du maire, Louis Bourgue, Georges Ferrieres, Marcel Manzi et Marius Monier sont fusillés à dans la cour du lycée Benoît.