Lisle-sur-Tarn
Histoire de Lisle-sur-Tarn
Lisle-sur-Tarn est une commune de Tarn, en Occitanie, qui compte 4 775 habitants. L’isle a dû désigner une ville entourée de fossés. L’isle est à prendre, aujourd’hui, comme « île » au sens de « clairière, zone défrichée » et non au sens de terre entourée d’eau. Le nom du Tarn dérive d’un hydronyme pré-celtique, tar.
Le site de Montaigut est un village fortifié sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son seigneur est vassal des comtes de Toulouse. Durant la croisade des Albigeois, le nord du Tarn, fidèle au comte de Toulouse Raymond VI, puis Raymond VII, est le siège de chevauchées destructrices de la part des croisés de Simon de Montfort. Lors du traité de Meaux-Paris qui met fin aux combats en 1229, ordre est donné de démanteler les remparts. D’après les archives de Lisle, les habitants sont alors venus s’installer près d’un ermitage et d’un château connu sous le nom de Castel de Belbézé. Avec le consentement du comte de Toulouse, une ville nouvelle (bastide) est créée pour abriter les anciens habitants du « castel » de Montaigut et pour répondre à une augmentation de la population.
La bastide est entourée de murailles et de fossés. Les habitants ont appelé la bastide La Yla, L’Ile, à cause de sa situation au bord de la rivière et la présence de ruisseaux qui l’entourent. Quatre consuls sont élus chaque année le dimanche d’août. Ils ont obtenu plusieurs privilèges: bâtir des moulins, un embarcadère, d’établir un droit de péage sur les marchandises qui y passaient par eau et par terre, d’avoir des foires et des marchés, un siège de justice avec un bailli et un notaire, mais avec le paiement d’un droit d’albergue de 50 livres, trois deniers de censive annuelle par maison du prix des lods, ventes ou échanges, un denier d’or sur les boucheries et une obole d’or sur le bac du Tarn. Le nom de Lisle apparaît pour la première fois dans un acte de 1249. Ces privilèges sont confirmés par Philippe III le Hardi et Charles V, en 1364.
Les coutumes sont confirmées en 1462, 1543, 1613 et 1636. Les consuls avaient un conseil privé de 12 membres et un conseil général de 48 membres chargé de voter l’impôt. En 1257, la baillie de Lisle est assez importante pour être affermée 200 livres tournois. Après la mort d’Alphonse de Poitiers, la bastide et ses dépendances entrent dans le domaine de la Couronne. Une bulle du pape Nicolas IV du accorde une indulgence de 405 jours à ceux qui visitent l’église Notre-Dame de Lisle aux fêtes de la Vierge, de Saint-Barnabé et de Saint-Blaise. Bien qu’on n’ait pas trouvé les actes de fondation, on sait que les couvents des Augustins et des dames religieuses de Sainte-Croix existaient.
Vers 1365, les consuls et les habitants refusent l’entrée dans la ville des troupes du roi. En 1374, la peste et la guerre déciment la population de la bastide, ce qui conduit Charles V à réduire le nombre de feux imposables à 103. La navigation est établie sur le Tarn jusqu’à Gaillac. Les habitants de Gaillac, de Rabastens et de Lisle pouvaient faire transporter jusqu’au port de Bordeaux les vins de pays appelés vins de marque car les tonneaux étaient marqués du sceau de la ville d’où ils partaient. Une transaction est passée entre Jean de Grolh, sénéchal d’Aquitaine, et les consuls de Toulouse, Moissac, Rabastens, Montauban, Gaillac, Lisle et Villemur, au sujet des droits de péage pour chaque tonneau de vin transporté à Bordeaux. Cet accord est approuvé le par le roi Édouard.
Le roi Jean II le Bon a accordé, en 1352, aux habitants sur proposition de Bertrand, prieur de Saint-Martin, réformateur général en Languedoc, et Gérard de Montfaucon, sénéchal de Toulouse, la confirmation de leurs coutumes et le privilège de ne pouvoir jamais être aliénés du domaine de la Couronne. Le château de Belbèze est compris dans la juridiction de Lisle. En 1440, le bâtard de Béarn, Jean Salazar, et d’autres chefs de compagnies de routiers, se sont emparés de Lisle. Ils traitèrent avec le vicomte de Lomagne en promettant de se réunir aux armées du roi. Louis XI a maintenu les habitants de Rabastens et de Lisle dans leurs franchises pour la vente et le transport de leurs vins à Bordeaux. Des troupes composées de Périgourdins, de Gascons, de Saintongeais, commandées par le capitaine Monluc, se sont emparées de Lisle-d’Albigeois et l’ont pillée, brûlant ses titres sur la place publique.
En 1561, les protestants se sont emparés du couvent des Augustins dont la plupart des moines avaient adopté cette religion. Le capitaine Méric s’est emparé de la place. Elle est reprise par les catholiques. En 1579, une chambre de l’édit, ou mi-partie de Languedoc y est installée. Cette chambre a subsisté jusqu’au. Cette cour souveraine est rétablie par Louis XIII le, mais les protestants ont obtenu l’annulation de cette décision.
Elle est transférée à Béziers le. Des maladies contagieuses ont fait des ravages en 1348, 1361, 1425, 1548, 1587, 1632 et 1710. La production et la vente du vin puis du pastel créèrent un riche marché qu’un port fluvial sur le Tarn ouvrait sur l’Europe du Nord. En 1945, présence d’un camp d’hébergement de familles polonaises (249 personnes). Toujours viticole, la ville est aujourd’hui un passage obligé du circuit des bastides du nord-ouest du Tarn et bénéficie de cette manne touristique. Voir aussi l’affaire de Solages
En 2014, le début des travaux de construction du barrage de Sivens sur le territoire au nord de la commune, crée un affrontement entre « pro » et « anti-barrage » au retentissement national (Manifestation des 25 et 26 octobre 2014 contre le barrage de Sivens).