Livry-Gargan
Histoire de Livry-Gargan
Livry-Gargan est une commune de Seine-Saint-Denis, en Île-de-France, qui compte 46 028 habitants. Livry-Gargan tire son nom de Livriacum, villa gallo-romaine d’un certain Liberius. Le village de Livry est successivement mentionné sous les formes: Livriacus (867-875); Livreio, Livri (1193); Livry ( siècle); Lyvriaco (1240); Livry-le-Châtel (1255); Livri en Lanois (1472); Livry en Launois (1540); Livry en l’Aulnay (1777). En juillet 1912, un décret ministériel accole le patronyme du premier industriel de la ville, Louis-Xavier Gargan, à celui de Livry pour former « Livry-Gargan »; désignant les nouveaux quartiers créés à partir de sa propriété.
Ce choix ne fait pas l’unanimité dans les gazettes locales, le nom de « Livry-Sévigné » aurait été préféré.
Aucun objet antique n’a été découvert dans la région de Livry. Il est donc difficile de savoir si le territoire fut occupé avant la conquête de la Gaule. Mais l’origine du peuplement de la ville est certaine: elle remonte au défrichement de la forêt de Bondy. Le village se serait développé le long d’une route ancienne, construite par les Gaulois et aménagée par les Romains, qui traversait Livry: l’actuelle route nationale 3. Cette route passait devant une clairière de la forêt de Bondy, où une exploitation agricole était installée: la villa gallo-romaine de Liberius. L’historien Camille Jullian, du Collège de France, a fait des travaux de recherche sur les villas romaines de la forêt et notamment sur cette villa et sur son vaste domaine gallo-romain qui se nommait *Liberiacum, du nom de son propriétaire Liberius, suivi du suffixe d’origine gauloise -acum qui marque la propriété, y construit un manoir. Quelques habitations de serfs se regroupent alors autour du château. Le seigneur était très apprécié du peuple, grâce aux donations qu’il fait en 1111 au monastère de Saint-Martin-des-Champs.
Guillaume de Garlande a quatre fils, dont Étienne de Garlande, qui prend part à un des événements les plus marquants de Livry: l’abbé Lebeuf, au indique en effet qu’Étienne de Garlande, alors Sénéchal et chancelier de France, est l’une des personnalités les plus importantes à la Cour de Louis VI le Gros. Tombé en disgrâce en 1127, il quitte la Cour à la demande de la reine Adélaïde de Savoie et trans. Au La terre de Livry appartenait en 1464 pour moitié à Simon Charles, Président des comptes et pour l’autre moitié à Colette du Val
En 1652 les incessants mouvements de troupes durant la Fronde des princes et les dévastations et pillages qui en découlent, laissent les chemins et les terres de Livry dans un état désolant et la population, dont une partie est anéantie par les privations, dans une profonde misère. De nombreuses habitations sont abandonnées De 1624 à 1686, Christophe de Coulanges (v. 1607-1687) fut titulaire de l’abbaye. Il était l’oncle et tuteur de Marie de Rabutin-Chantal (1626-1696), devenue en 1644 la marquise de Sévigné. Madame de Sévigné, passe sa jeunesse à l’abbaye et y revient souvent après la mort de son mari, survenu en 1651. Elle y écrit de nombreuses lettres (voir Lettres de la Marquise de Sévigné), dans lesquelles elle ne tarit pas d’éloges sur Livry. Sa situation élevée, offrait alors aux visiteurs quelques beaux panoramas.
Louis, marquis de Mailly et de Nesles, alors propriétaire de Livry, établit en 1663 le plan terrier de son domaine. Les indications contenues dans ce plan sont précieuses pour l’étude de la situation et de l’état de la seigneurie, de la châtellenie et de la paroisse de Livry, dans la seconde moitié. En 1789, Louis XVI promet la réunion des États Généraux. Le 16 avril, l’assemblée paroissiale rédige son Cahier de doléances, sur lequel vingt-six signataires apposèrent leur nom. Ce cahier réclamait l’abolition des capitaineries de chasse, revendiquait la propriété des arbres le long des chemins, les droits des habitants sur la forêt, la destruction du gibier, le droit du colombier, la nécessité d’avoir un vicaire, et un marché qui satisfasse le public. Quelques mois plus tard, la Révolution éclate. Le 19 novembre de la même année, un décret ordonne la vente des biens du clergé comme biens nationaux, qui intervient un an plus tard. Le 7 janvier 1790, un décret crée le canton de Livry au sein du département de Seine-et-Oise.
Cette même année, la ville connait son premier maire, Joseph Dufaut. À cette époque, le village se présente comme une petite agglomération de âmes située à l’orée de la forêt et entourée de quatre grandes propriétés: l’abbaye, le domaine seigneurial, l’Écu de France et le Grand Berceau. La paroisse de Livry dépend alors du doyenné de Chelles et de la généralité de Paris. Ses habitants vivent pour l’essentiel de l’agriculture sur de petites parcelles, de petits labours, de l’élevage laitier et notamment de la viticulture. Une plâtrière apporte également un complément d’activité non négligeable. Le 25 juin 1791, le cortège ramenant Louis XVI de Varennes-en-Argonne traverse Livry par la grande route de Meaux à Paris. Les Livryens, curieux, se massent sur le parcours, et regardèrent le cortège passer, « le chapeau sur la tête, tout en gardant un lugubre silence, conformément à cet ordre affiché et répété sur tout le passage du roi » (Mémoires du général Paul Thiébault). En 1792, Blaquière succéda au premier maire de la commune.
Quelques mois plus tard s’installe la Convention nationale. Le 26 août 1792, neuf citoyens (dont trois Livryens) sont élus à l’assemblée cantonale de Livry. En 1793, de nouvelles élections ont lieu. Mais les municipalités virent leurs existences abrégées, sans doute, par la chute de Robespierre. De nouvelles élections eurent lieu, et certains membres des assemblées précédentes y participèrent. Parallèlement, la disette fit de nombreux dégâts dans les campagnes. Le 9 septembre 1795 (22 fructidor an III), de nouvelles élections cantonales amènent le Directoire. Peltier, alors maire de la commune, en désaccord avec les idées prônées, démissionne et est remplacé par Blondel, procureur de Livry et réélu aux élections de 1797.
Le Coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) entraîne des élections, qui sont annulées successivement. En 1798, Grivellé est élu et stabilise la situation tant politique qu’économique du village. À cette période, la nouvelle assemblée oblige les membres du clergé à prêter serment à la Constitution. Puis la Convention nationale tente de remplacer le culte catholique par celui de la Déesse de la Raison, puis par le culte de l’Être Suprême. Parallèlement, les bâtiments conventuels de l’abbaye sont détruits et les biens nationaux vendus (les meubles, les cloches, les livres, l’horloge, etc.); seule la maison abbatiale est épargnée et achetée par l’amiral Jacob, ministre de la Marine, où il se retire en 1842 et y meurt en 1854. La maison est démolie en 1924 et les derniers restes de l’abbaye disparaissent en 1962. En 1800, la vie politique de Livry change radicalement. Le 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), la loi divise le département en arrondissements, créant ainsi l’arrondissement de Pontoise.
Le canton de Livry en fait partie mais ses communes (Livry, Tremblay, Villepinte, Sevran, Vaujours, Clichy-sous-Bois, Coubron, Montfermeil, Gagny, Neuilly-sur-Marne, Gournay-sur-Marne, Noisy-le-Grand) sont réunies au canton de Gonesse. En 1802, débute le creusement du canal de l’Ourcq afin d’alimenter en eaux salubres Paris. L’idée de ce canal remonterait au, sous le règne de, puis est reprise sous le règne de Louis XIV, en 1673. Bonaparte, alors premier Consul, confie les travaux à Pierre-Simon Girard, ingénieur en chef des Ponts-et-chaussées. Les travaux débutent le 23 septembre 1802. Le 2 décembre 1808, les eaux arrivent à Paris. En 1805, le comte Robert Guillaume Dillon, futur maréchal de camp, est élu maire de Livry et réside au château. Le comte d’Artois, futur Charles X, y arrive le 11 avril 1814, et s’arrête au château du comte Damas.
En 1860, un industriel, Louis-Xavier Gargan, achète un terrain boisé le long de la route de Meaux où il fait construire une scierie mécanique, à l’angle des actuels boulevards de la République et Marx-Dormoy. Autour, se forme rapidement un nouveau quartier. En juillet 1944, Maurice Carité, ancien rédacteur à L’Aube et chef de la résistance de Livry, organise plusieurs réunions du Conseil national de la Résistance (CNR), à Livry, au bureau de la Maison de Famille (à l’angle du boulevard Jean-Jaurès et de l’avenue Vauban). Les résistants de la compagnie Robespierre mènent assez tardivement, en juin 1944, des actions de sabotage à Sevran et Livry-Gargan notamment. Ces jeunes francs-tireurs et partisans (FTP) commandés par Louis Hême, animateur de la résistance locale, poursuivent à la suite de ces actions un combat armé contre les troupes allemandes qui facilite l’arrivée des premiers Américains. Les combats de la libération des 27, 28 et 29 août 1944 sur le site de l’actuel hypermarché Cora à la sortie Est de la ville font plusieurs victimes. Livry-Gargan est ainsi libérée par les Américains le 27 août 1944. Le comité local de libération présidé par Gabriel Beillon et à laquelle participe le champion cycliste Antonin Magne, assure la gestion municipale de 1945 à 1947.
Mais l’alliance de la SFIO avec la droite (MRP) redonne alors le pouvoir à la SFIO. Entre 1947 et 1954, l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide héberge des enfants de victimes de la Shoah en la maison située au de l’avenue du Colonel-Fabien; une plaque commémorative y est inaugurée le 30 avril 2017. Après la Seconde Guerre mondiale, la commune poursuit fortement son urbanisation par le lotissement de ses grandes propriétés en particulier celle de l’Abbaye. En 1954, le quartier de l’Abbaye est encore un hameau. Néanmoins, la ville conserve un caractère vert par la présence de nombreux parcs et jardins, et son urbanisation, essentiellement pavillonnaire, n’ayant pas été bouleversée par l’édification de « grands ensembles » comme dans de nombreuses communes voisines. En pleine guerre d’Algérie, la ville est marquée par les attentats. Le 17 novembre 1957 une fusillade menée par des indépendantistes algériens éclate dans un marché de la ville. Le 4 un nouvel attentat est à déplorer faisant deux morts et lors duquel le chef du Mouvement national algérien (MNA) du secteur de Livry-Gargan, Mohamed Sefiane, est blessé.
Le 7 avril, le même commando FLN attaque l’hôpital de Montfermeil dans un second attentat faisant un mort et treize blessés dans le but de retrouver Mohamed Sefiane. En 1971 la droite locale rompt son alliance avec la SFIO et mène sous le sigle « UCMPT » une violente campagne infructueuse contre la gestion municipale du maire socialiste Alfred-Marcel Vincent. La ville est alors gérée jusqu’en 2014 par l’union de la gauche sous majorité socialiste. Lors des émeutes de novembre 2005 les trois jeunes poursuivis par la police ont été signalés par un habitant de la ville rôdant autour d’un chantier, à proximité du stade Alfred-Marcel Vincent dont ils revenaient à pied vers leurs domiciles de Clichy-sous-Bois, la commune voisine. Durant ces émeutes urbaines, ont subi quelques dégâts restés relativement « mineurs » (de l’ordre de quelques dizaines de milliers d’euros ), en particulier en comparaison avec la plupart des villes voisines (Sevran, Aulnay-sous-Bois ou Clichy-sous-Bois) qui ont comptabilisé de nombreuses destructions de biens publics ou privés. La création d’une ligne de tramway destinée à desservir Clichy-sous-Bois et Montfermeil en passant par les voies principales de la ville, dont la route départementale 116, ainsi que la route nationale 403, rencontre résolue de la municipalité dirigée par Alain Calmat, semble-t-il soucieux de ne pas se mettre à dos des riverains farouchement opposés à cette extension à proximité des prochaines échéances municipales. Cette ligne est mise en service après de longs débats en 2019 et constitue désormais une des branches de la ligne 4 du tramway d’Île-de-France.
Patrimoine religieux
L’église Notre-Dame-de-Livry fut bâtie en 1820 à l’emplacement d’un édifice antérieur datant de 1697. Le bâtiment, d’une architecture très sobre et aux murs peints en blanc, abrite un tableau du, représentant la Cène. L’église Saint-Michel-de-Gargan, dans le quartier de Gargan, fut édifiée en 1965 par Robert Danis. Elle possède des parois en polyester décoré de François Chapuis. L’édifice est classé Patrimoine.