Locmaria-Plouzané

Histoire de Locmaria-Plouzané

Locmaria-Plouzané est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 5 138 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Locmaria de Lanmeanec en 1477, Locmaria Lanvenec en 1610 et Loc-Maria Plouzané en 1790. Locmaria-Plouzané vient du breton Loc Maria (« lieu consacré à Marie »), Plou (« paroisse ») de saint Sané. En 2011, des réflexions ont été envisagées afin de modifier le nom officiel de la commune pour le transformer en Locmaria-Lanvénec, afin d’une part d’éviter le quiproquo fréquent qui consiste à croire que Locmaria n’est qu’un quartier ou un hameau de la commune voisine de Plouzané, et de rendre le nom de la commune cohérent avec le gentilé.

Un référendum à ce sujet devait se tenir fin 2012. Mais finalement le nom n’a pas changé et est resté Locmaria-Plouzané.

Paul du Chatellier a exploré en 1892 près du village de Brendégué un tumulus de l’âge du bronze à Locmaria-Plouzané, d’un diamètre de et d’une hauteur d’ mètre; « la chambre était construite en pierres, disposées en encorbellement, et contenait des restes incinérés sur une épaisseur de 4 à. Au centre était une grosse pierre sur laquelle avait été placée une tête de grand cerf (.) ». Tout auprès on a trouvé deux petits poignards de bronze et un long poinçon en os. Avec ses compagnons, ils firent de ces temples des sanctuaires chrétiens, dont la première église de Locmaria-Plouzané. Albert Le Grand, qui a écrit sa biographie dans la Vie de saint Sané, écrit: « Par la commune tradition, que la Tour de l’Eglise Trevialle de Nostre Dame de Lou-Maria [Locmaria-Plouzané], distant de Guic-Sané Plouzané d’un quart de lieue, estoit, jadis un Oratoire dedié à leurs fausses & prophanes Deïtez, situé lors au milieu d’une épaisse forest qu’ils nommoient Lucos; & void-t-on, devant ladite Eglise, de part & d’autre du grand chemin, deux grandes Croix de pierre, lesquelles on tient que S. Sané y avoit fait planter, dés qu’il eust converty ce peuple à la Foy; en reconnaissance de quoy, ces Croix ont esté depuis tenuës en grande révérence, & servoient d’Azile & franchise pour les malfaicteurs; que, s’ils pouvoient une fois se rendre au grand chemin entre ces deux Croix, ils n’estoient point appréhendez de la Justice & l’appelloient Menehy Sant Sané » [ minihy ]. Le bois prit alors le nom de Coat-ar-C’hras (« le Bois de la Grâce »). Ces faits sont repris par Jean-Baptiste Ogée qui écrit: « L’église de Plouzané était autrefois un temple consacré aux idoles.

Au, Locmaria-Plouzané faisait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan. La chapelle Saint-Sébastien fut d’abord un simple oratoire dédié à saint Sébastien construit dans le cimetière ouvert lors de l’épidémie de peste qui désola le Léon entre 1639 et 1652 et fit à Locmaria en 1640; dès 1645 un pardon y fut organisé chaque année. Sous la Révolution, février 1790 voit la séparation entre Plouzané et Locmaria qui devient alors une commune. La paroisse de Plouzané et sa trève de Locmaria résistèrent à la Constitution civile du clergé. En 1792, la messe était toujours célébrée par des prêtres insermentés, sous la protection de 40 ou armés. « Tous s’accordaient à dire que les paysans se rassemblaient en armes dans ces deux communes; que des vedettes [guetteurs] étaient placées dans les clochers, afin de sonner, à la première alerte, le tocsin auquel on savait que les communes voisines étaient prêtes à répondre; que les voyageurs, surtout ceux qui venaient de Brest, étaient arrêtés et retenus sous les prétextes les plus frivoles; que les patriotes, en minorité, n’étaient pas plus en sécurité que le curé constitutionnel de Plouzané contre lequel on excitait les femmes et les enfants qui, non contents de l’insulter quand il exerçait son ministère, le poursuivaient à coup de pierres, à la sortie de l’église et jusque chez lui ». Le 14 avril, le district de Brest dut envoyer un détachement de pour venir à bout de la population récalcitrante. En juin 1792, quatre officiers municipaux de Locmaria (Cosléou, Inisan, Ollivier, Lessar) adressent une supplique au Roi: « Rendez, Sire, à vos fidèles sujets la liberté du culte, rendez-leur les anciens ecclésiastiques que des ennemis acharnés de l’autel et du trône s’efforcent d’éloigner de nous, malgré l’amnistie que votre paternelle bonté a prononcée pour tout le royaume ».

En 1802, Locmaria obtient de devenir une paroisse totalement indépendante de Plouzané. Varin, continuateurs d’Ogée décrivent ainsi Locmaria en 1843 Pourtant, la croix actuelle ne porte ni écusson ni. Elle est en granite de Trégana et a été érigée là en 1801 en remplacement d’une croix ancienne détruite pendant la Révolution. Cette croix provenait de Pont-Rohel et était surnommée Croix des Anglais sans doute en souvenir de l’expédition anglaise de 1558 qui ravagea Le Conquet, l’abbaye de Saint-Mathieu et Plougonvelin. Locmaria-Plouzané possédait trois moulins à vent dont un seul subsiste, en ruines, sur la colline de Ru Vraz, laquelle abritait aussi une « maison des douaniers » qui fut précédemment un poste de garde-côtes. La commune obtint à plusieurs reprises dans les décennies 1860 et 1870 l’autorisation de percevoir une surtaxe sur l’alcool et l’absinthe à l’octroi de la commune de Locmaria-Plouzané. Le maire de Locmaria-Plouzané, Charles de Kerguiziau de Kervasdoué, fut suspendu de ses fonctions en avril 1879 par le préfet du Finistère pour avoir refusé d’afficher un ordre du jour de flétrissure voté par les députés à l’encontre des anciens ministres de l’Ordre moral.

Benjamin Girard décrit ainsi Locmaria-Plouzané en 1889 A la pointe du grand Minou, existait une tour-modèle, type 1811 qui a été détruite et remplacée par le fort de Toulbroc’h situé à l’entrée du Goulet de Brest, construit à la fin du pour assurer la défense du port de Brest. En 1879, un câble télégraphique sous-marin transatlantique part de la grève de Déolen à destination de Cap Cod (USA) via Saint-Pierre-et-Miquelon, assurant sans relais intermédiaire une communication directe entre l’Europe et l’Amérique du Nord, est mis en service par la Compagnie française des Câbles télégraphiques. Long de km ( milles nautiques), ce fut le câble télégraphique le plus long et le plus lourd jamais réalisé. La crique de Déolen fut choisie pour la tranquillité des lieux « éloignés de toutes influences de parasites industriels nuisibles aux récepteurs ». De nouveaux câbles aboutirent à Déolen et la station continua de fonctionner jusqu’en 1962, elle est remplacée par la station de Penmarc’h opérationnelle depuis 1959 avec des câbles coaxiaux, marin à bord du sous-marin Farfadet, coulé accidentellement dans la lagune de Bizerte le 6 juillet 1905 est décrit longuement par l’abbé Gayraud, qui en profite pour décrire le bourg de Locmaria-Plouzané dans le journal L’Univers à Locmaria-Plouzané (journal L’Ouest-Éclair du 20 mars 1906). Le journal L’Ouest-Éclair décrit ainsi la querelle des inventaires à Locmaria en 1906

Le journal L’Humanité raconte les mêmes faits en ces termes Un bureau téléphonique fut mis en service à Locmaria le 1 janvier 1914. Le monument aux morts de Locmaria-Plouzané porte les noms de et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux, par exemple, François Gélébart, matelot mécanicien à bord de l’ Édouard-Corbière, tué à l’ennemi en mer le 19 juin 1917 et décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre; Jean Jegou, mort le 12 avril 1918 alors qu’il était prisonnier en Allemagne; Yves Jézéquel, chasseur au 47e bataillon de chasseurs alpins, tué à l’ennemi le 2 juin 1918 à Ypres (Belgique); la plupart des autres sont morts sur le sol français. Né en 1895, Georges De Kerros, est mort de la grippe espagnole le 11 février 1919 à Beaumont-du-Gâtinais (Seine-et-Marne) avant sa démobilisation. Maréchal des logis au régiment d’artillerie de campagne il est blessé en 1915 et en 1916. Il est cité à l’ordre de son régiment en janvier 1919 et de ce fait titulaire de la croix de guerre avec une étoile en bronze. Le 15 aout 1919 est inauguré le monument aux morts. Ce monument a été érigé par la paroisse de Locmaria à l’initiative du Père Quinquis, missionnaire des Oblats de Marie-Immaculée et originaire de la commune.

Après avoir servi comme infirmier et aumônier militaire, avant de regagner sa mission africaine du Natal, il sollicite les paroissiens mais aussi le conseil municipal pour lever les fonds en l’honneur des Lanvénécois mort à la guerre. En 1951, lors de sa dernière visite à l’occasion de son jubilé d’or (50 ans de vie religieuse), l’abbé Quinquis prononce le sermon suivant (en langue bretonne) Texte original:

La troménie commune aux paroisses de Plouzané et Locmaria-Plouzané, qui existait depuis un temps immémorial en l’honneur de saint Sané et qui se rendait notamment à la fontaine Saint-Sané (dite aussi fontaine du Cloître), a été organisée pour la dernière fois en 1959; les paroissiens de Plouzané ont toutefois continué à l’organiser seuls jusqu’en 1970. Yoann Rouat, maréchal des logis au régiment de dragons parachutistes, est mort le 18 janvier 2009 au large des côtes gabonaises.

Informations Clés

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Population

5.138 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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